
Apres une quinzaine d’années passées à fabriquer mes sculptures avec des objets du quotidien mis au placard et à les exposer pour le passant, je commence à avoir ma petite idée sur les tenants et les aboutissants de ma petite affaire.
Tout d’abord un seul coup d’œil ne suffit pas pour arrêter le chaland qui passe la plupart du temps le nez au vent. Tout est pareil. C’est l’éternel sempiternel. Il vient de là bas et il va là. C’est en passant sa vie durant .
Il trébuchera si une surprise au coin de la rue lui saute aux yeux.
Ma petite sculpture de briques et de broques est ainsi faite qu’elle représente étrangement le monde vivant. Rien de banal dans les volumes qui font ma une. Rien de ressemblant qui le soit braiement. Rien de pareil à nos merveilles en marbre à l’eau et les sculptures du même tonneau.
Je dis des hauts avec des bas, avec des trucs ramenés de l’au de là.
S’il trouve ça moche parce que c’est fait avec des riens
Il passe son chemin avec dédain.
Mais s’il aperçoit ses petites fourchettes, sa poile à frire, ses moules à gâteaux, son porte manteau et la scelle de son vélo, faire des oiseaux ou des bestiaux, il s’arrêtera dans son élan vers le néant comme un enfant avant le tournant.
Il détaillera l’etc. Il me lira. Il comprendra que l’air de rien j’ai fais le boulot du ciboulot.
Qu’expressives sont mes bestioles, qu’elles nous causent et vous sourient.
Il restera planté là, étonné qu’un plaisantin détourne des riens du quotidien passés cent fois entre ses mains sans qu’il y voit malice.
Faute d’imagination pensera-t-il.
On ne joue pas avec sa fourchette. On ne plie pas les moules à gateaux .
On les jette aux oubliettes et on en rachète.
Il s’imagine dans sa cuisine faire un bonhomme tout en casseroles, avec des yeux tout en capsules.
Il n’en fera rien. J’en suis certain. Mais il rêvera d’un monde meilleur ou rien ne se jette, où rien ne s’achète.
La sculpture donc est familière dans ses moindres détails grâce aux objets dont elle est composée.
Objets touchés, objets sucés, objets palpés, objets rangés chaque jour dans le tiroir de notre histoire.
Et qui plus est…
La couleur primaire les mets en joie pour qu’elles se voient.
Qui plus est.
Chaque objet me plait.
Qui plus est,
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Son site :
Félicitations, un beau texte pour de la bel ouvrages