TOUT FOUT LE CAMP DANS LA CULTURE FRANÇAISE

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On nous annonce que  le Ministère laisse tomber le label « capitale française de la culture » qu’il décernait  aux villes méritantes et qui le demandaient… parce que plus aucune ville ne  fait plus la demande de ce label qui s’avère des plus bidon

Tout part en eau de boudin, ma pauv’dame !

Plus d’infos ici :

https://www.lejournaldesarts.fr/actualites/le-label-capitale-francaise-de-la-culture-au-placard-181452?utm_source=JdAfr&utm_medium=email&utm_campaign=260127

L’article du Journal des Arts :

Après Villeurbanne (Rhône) en 2022 et Montbéliard (Doubs) en 2024, une troisième ville aurait dû bénéficier du label « Capitale française de la culture » pour cette année 2026. Mais comme aucun appel à candidature n’a été lancé en 2025, il n’y aura pas de « Capitale » en 2026… et sans doute pas dans les années futures. Le décret instituant le label a été modifié tout récemment, supprimant la périodicité biennale. S’il existe toujours, le label est désormais dans les limbes.

Officiellement, selon l’avis du gouvernement dans sa présentation de la modification du décret en juillet 2025 devant le Conseil national d’évaluation des normes, le rythme biennal ne permet pas de tirer un bilan de la Capitale en cours ou précédente ; d’autre part, l’année 2028 risquait de se retrouver avec deux capitales culturelles : la Capitale « française » et la Capitale européenne (Bourges).

Des critères contradictoires

Or ces écueils étaient déjà connus lors de l’annonce en 2018 du projet par Françoise Nyssen, alors ministre de la Culture, et la publication du décret en 2020 par sa successeure Roselyne Bachelot. Il faut donc plutôt aller chercher dans l’échec ou l’insuccès de Villeurbanne et Montbéliard les vraies raisons de cette mise au placard. Au fond, ce label poursuit deux objectifs contradictoires. D’un côté, il vise à « distinguer le projet culturel d’une commune ou d’un groupement de communes qui présente un intérêt remarquable à la fois du point de vue du soutien à la création artistique, de la valorisation du patrimoine et de la participation des habitants à la vie culturelle ». C’est l’une des premières fois que l’État introduit la notion de participation des habitants à la vie culturelle dans ses critères. Ici il faut comprendre la « participation » comme dépassant la condition de simple spectateur, puisque l’habitant doit être acteur de la programmation. C’est ce qu’a bien compris Villeurbanne qui a fait de la participation des jeunes un moteur de son « année ».

Mais de l’autre côté, et c’est là le problème, parmi les critères d’attribution figure le « rayonnement culturel national et international ». Le mot/label « Capitale » renvoie précisément à cela : les manifestations doivent être suffisamment attractives pour que les touristes français et étrangers se déplacent. Sans vouloir déprécier la contribution des habitants, on imagine difficilement des touristes venir de l’autre bout de la France ou de l’Europe pour assister à une représentation de théâtre dans un cadre scolaire ou contempler des œuvres d’art d’amateurs alors que les festivals de théâtre professionnels (Avignon) ou les manifestations d’arts visuels d’ampleur (Un été au Havre, Le Voyage à Nantes, Biennale de Lyon) sont déjà en forte concurrence.

Villeurbanne et plus encore Montbéliard ont privilégié l’empilement de petits événements à des projets phares, sans lisibilité du récit de l’offre. D’autant que la contribution de l’État (1 million d’euros) est évidemment trop faible pour soutenir des projets phares tout au long de l’année. Voilà comment une bonne idée à la base se transforme en échec par l’accumulation de critères, parfois contradictoires, sans réels moyens attribués en contrepartie.

1 thought on “TOUT FOUT LE CAMP DANS LA CULTURE FRANÇAISE”

  1. Avec le départ programmé de Rachida Dati, le moment se présente pour l’Etat de faire de sérieuses économies, devrait-il saisir cette opportunité pour transformer un ministère de plein exercice en un simple Secrétariat ?
    Repenser ses missions, son périmètre et sa manière d’agir demeure un débat semble-t-il plus que jamais légitime ; le remplacer par un secrétariat, ou par une fusion comme par le passé avec le ministère de l’éducation, ou encore le transformer en agence nationale de la culture, restent des pistes à ne pas ignorer.
    Changer le ministère de la Culture en simple secrétariat, accompagné d’une reconfiguration profonde de l’écosystème culturel, ne serait pas un geste anodin mais bien un signal politique fort…

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