
Philippe Aïni fait tout lui- même. Il vient de réaliser tout seul un magnifique ouvrage papier, 300 pages, mille illustrations, de plus de trois kilos, qu’il a fait imprimer chez un imprimeur qu’il a déniché lui-même en Tchéquie et qui retrace 51 ans de création plastique, et environ 13000 oeuvres réalisées (autant que Picasso)

Philippe Aïni est un artiste de la démesure multidirectionnelle , foisonnante, extravagante, mais strictement contrôlée par lui.
Il a fait lui-même les travaux de restaurauration et d’aménagement de la gigantsque coopératve Viticole qu’il a achétée à Sevies en Val dans l’Aude, pour en faire sa maison d’habitation, son atelier et une immense salle d’exposition pour ses oeuvres et pour celles de ses amis artistes.
Il n’a jamais eu de galerie attitrée, ni d’attaché de presse pour sa communication. Il fait tout lui-même et n’a non plus d’assistant pour la réalisation de ses œuvres. IL fait aussi son jardin potager.

Il travaille 12 heurs par jours depuis 50 ans, mais il est le seul artiste français de cette envergure à aller passer un mois en Thailande pour faire de la pêche sous-marine depuis 50 ans…. Il est aussi le seul artiste français de cette envergure à ne pas avoir été acheté par un quelconque FRAC ou Mac. ..Il est le seul à s’en féliciter, car il a vendu presque tout ce qu’il produit à un réseau de collectionneurs, dont certains addicts possèdent plus de cent œuvres de lui.

Une œuvre plus hétérodoxe que brute ou singulière
L’œuvre et la parcours de Philippe Aïni ne sont pas encore un cas d’école pour cette partie des Sciences dites humaines qu’est la sociologie de l’art, mais le seront dès que cette discipline renaîtra des ravages du bourdieusisme, du wokisme et de 50 ans de pensée artistique ministérielle de type soviéto-ubuesque.
Cinquante ans aussi vont bientôt séparer cette époque où Philippe Aïni, alors ouvrier pâtissier sur la lande de Fronsac près de Bordeaux, et quelque peu voleur de poules pour alimenter sa petite famille, découvrait la peinture, de celle d’aujourd’hui où l’une de ses sculptures vient de se vendre 16 000 euros chez Drouot, et où l’ Abbaye de Fontfroide met à sa disposition sa somptuosité architecturale pour une vaste exposition de plus d’une centaines de peintures et sculptures récentes, intitulée « Humilité- humanité ».
Certes, tous les artistes sont , par nature et définition, des anomalies, des exceptions, des cas particuliers, des dérogations au coutumier, des figures singulières , mais reconnaissons que Philippe Aïn va très loin dans la singularité…La vraie singularité…Pas celle , bidon et surjouée des subversifs subventionnés conformes à l’idéologie déconstructiviste mondaine et mondialiste d’Etat.

Je vais donc à vous dire ici quelques aspects de l’hétodoxie de la démarche, du parcours et de l’œuvre de Philippe Aïni.
- Il a coutume depuis 30 ans de passer les 3 mois d’hiver en Thailande dans sa petite maison au bord de la mer. Il y fait de la pêche sous-marine, du dessin sur des parchemins végétaux qui n’existent que là-bas et ramasse des bouts de bois flottés sur la plage, qu’il rapporte dans son atelier en France.
- Il a acheté, il y a une quinzaine d’années, les bâtiments désaffectés d’une énorme cave -coopérative viticole à Servières en Val, petit village des Cordières. Il a fait lui-même tous les travaux de plomberie, maçonnerie, électricité, etc. pour y aménager son logement, son atelier, ses réserves, et un immense espace d’exposition pour ses propres oeuvres et celles de ses amis artistes.
- Il a créé aux alentours de 12000 œuvres depuis ses débuts en 1975 (presqu’autant que Picasso)
- Il refuse d’être catégorisé parme les « bruts et singuliers »
- Il vend , comble de la singularité pour un artiste, toutes les oeuvres qu’il produit.
- Il n’a pas de marchands attitrés, mais expose volontiers dans des galeries qu’il trouve sympathiques et prospectives
- De la même façon qu’il a construit son lieu de travail et de vie, il a installé son propre réseau de reconnaissance et de diffusion qui fait ainsi partie intégrante de son oeuvre. Il ne demande ni ne doit ainsi rien à personne, et « se fout pas mal » que les revues spécialisées en art ignorent totalement son travail, et que les sbires de FRAC et des DRAC le trouvent de mauvais goût.
- Son parcours à tout de même été jalonné de solides amitiés et de belles connivences telles que celles qu’il a eues avec Laurent Danchin, Luis Porquet, Jean-Pierre Roche, avec le peintre Serge Labégorre, avec Gérard Sendrey , artiste fondateur du site de la Création Franche à Bègles, avec Céres Franco de la célèbre galerie l’œil de bœuf de la rue Quincampoix, avec Guy Lafargue le précurseur de l’ art-thérapie et créateur de l’Art Cru Museum, avec Pierre Souchaud, fondateur de la revue Artension, avec Jean Fraisseix, le maire d’Eymoutiers inventeur du FACLIM, préfiguration des FRAC, avec Jean-Claude Volot du centre d’art de l’Abbaye d’Auberive…
- Et avec Christian Noorbergen qui dit de lui : « Son art est lieu d’empoignade et de combat, de danse à poil et à cru, et de gai coït avec le réel… Dans cette peinture d’étreinte toujours en saillie, Aïni, inarrêtable boute-en-train, s’arrime aux racines archaïques du monde, mais la culture est vaine quand il s’agit d’atteindre par les corps étirés tous les bouts de l’univers….. Son art est plus vif que la détresse, et s’il crucifie la tendresse, sa formidable créativité éveille le chaos qu’il tient dans sa poigne….” …On est en effet bien loin de la doxa officielle.
Un art barbare, exultant de sauvage santé
Philippe Aïni est un camarade d’art de plus de quarante ans.
Je l’ai connu dans les années 80, grâce à mon ami Jean Fraissex, Maire d’Eymoutiers, lors de son exposition d’art singulier qu’il avait organisée dans les salons de son Hôtel de Ville …Un grand moment .
C’est Jean Fraisseix, qui avait inventé les FRAC avec son FACLIM
(Fonds d’Art Contemporain Limousin), une excellente idée dont il fut dépossédé par Jack Lang et ses sbires et dont on connaît la calamiteuse suite.
Un cas d’école d’autodidactie
Je rappelle tout cela, pour que l’on comprenne bien que Philippe Aïni s’inscrit d’emblée, voire congénitalement, hors des courants dominants qui agitent le PAF – Paysage Artistique Français -, depuis des lustres…
Il apparaît comme une anomalie, un cas d’école d’autodidactie, un incassable incasable, un inclassable, même pas dans la norme des «hors-normes», c’est dire. I …
Le désespoir des ordonnateurs culturels
et de la critique d’art assermentée…
- Un exemple: Quand Buren utilise bêtement la toile à matelas pour ses rayures, Aini, lui, utilise la bourre à matelas comme «éponge à rêves»
Une différence significative, non ?
- Un autre exemple: Quand Koons fait de l’esthétique pâtissière après avoir été riche trader dans la finance mondialisée, Aïni, lui, est parvenu à un art universellement partageable après avoir été initialement un humble ouvrier pâtissier très désargenté, dans un petit village perdu sur la lande de Fronsac…
L’ample et juste reconnaissance
dont bénéficie aujourd’hui Aïni, est donc de l’ordre de la nécessité souterraine, de la magie blanche, primale, ancrée dans une réalité locale, tripale et ancestrale, totalement étrangère aux systèmes de légitimation habituels, encore moins aux roseaux mafio-spéculatifs.
Elle a déjoué tous les savants pronostics, et c’est en cela qu’elle est à la fois actuelle, intemporelle et surtout porteuse d’espoir en l’humain.
Elle est née comme l’eau chargée de vérité sortant d’une sorte de source miraculeuse, et dont les vertus thérapeutiques échappent à toute analyse psycho-physico-chimique.
L’artiste devient alors messager, médium, visionnaire, chaman (mais absolument pas prophète, ni gourou… Merci Philippe!)… et ses oeuvres ont un mystérieux pouvoir de fascination, d’éclairage et de révélation, hors de toute référence «culturelle» et irréductible à quelque explication logique que ce soit.
Une oeuvre libre en quelque sorte
et positive par une fabuleuse inventivité formelle accrochée et nourrie «au magma sensuel de la matière, fouilleuse des entrailles de la chair et de l’animalité des corps… Un art barbare, exultant de sauvage santé» comme le dit mon ami Christian Noorbergen… Avec, en plus d’une énorme capacité de travail, un respect et une générosité gigantesques envers ses collègues artistes, compatriotes et contemporains, au point de leur aménager, au pays du poète Joseph Delteil, une coopérative viticole en Coop’art ou coopérative artistique où il expose ses amis artistes… Parce que cette attention à autrui alimente son imaginaire et ses «visions», autant que l’exploration des poissonneux fonds sous-marins en mer de Chine, que l’artiste pratique assidument depuis des années.
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LE MANIFESTE DE SERVIÈRES EN VAL
Par Philippe Aïni
Il suffit d’en réinventer le croire
Offrir, aujourd’hui est un vrai privilège.
Mais le véritable don est votre regard d’acceptation, ou de refus.
Au-delà de l’image, et du geste que cela peut représenter, sans arrière-pensée.
Travailler sur la perspective d’une utopie m’a été facile, essayer de réinventer le croire à ma façon, les rêves se transformant en signes d’émotion.
Mettre la mer au ciel, ça ne suffira pas pour s’approcher d’une espérance de paix.
Avec humilité, se déshabiller…
Il n’est pas question ici de récrire la foi, mais simplement de dire qu’il suffit d’un seul jour dans une vie pour savoir que l’on peut aimer la différence et surtout la supporter…
Nos âmes sont nos ombres, elles existent et se nourrissent aussi de nos travers.
Mélanger les couleurs pour en faire une encre indélébile, désir d’amour;
tant d’innocents condamnés pour les apparences…
Je l’ai fait dans cette espérance et pour vous remercier d’être là, sans avoir la prétention de vous convaincre à quelque idée que ce soit, juste en conscience.
Seuls vos yeux et pensées pour faire sa croyance.
Je suis reconnaissant à la vie de m’avoir appris, avec le temps, de n’avoir fait qu’essayer, sans certitude apprise.
L’Art, aujourd’hui comme hier, n’est-il pas le seul rempart à nos barbaries ?
Créer une œuvre pour ériger un mur de certitudes, c’est être conscient que les murs sont faits pour être détruits, et faire de la place à de nouvelles inspirations.
Notre liberté d’illusionniste est étroite.
Nous sommes là, seuls face à la liberté, elle a un prix: la solitude.
Partageons-la…
Aïni figure dans la Gazette de Nicole N°33 :
bravo,et merci philippe,j aime ton travail depuis longtemps( evreux) ,et surtout j aime ton energie debordante,et le fait que tu ne comptes que sur toi meme….depuis toujours…je t embrasse.didier champel