
La sur-intellectualité de l’art posturo-conpnceptualo-bidulaire de FRAC, va-t-elle être dépassée, absorbée, phagocytée, ringardisée, par celle de l’Intelligence Artificielle ? Va-t-on assister à ce changement de paradigme pour l’art contemporain, passant ainsi du contrôle opéré depuis 50 ans par la crétinerie naturelle des bureaucrates à celui quasi-surnaturel de l’IA ?
C’est la question que formule brillamment ici Marc Vérat et qu’il a déjà transmise aux autorités culturelles de notre pays :
Conséquences institutionnelles de l’IA pour les musées et les FRAC
Par Marc Vérat
Lorsqu’elle s’inscrit dans un système de démarche et d’intention, on peut considérer l’Intelligence Artificielle comme une mutation de l’art contemporain, elle en devient le miroir critique, l’accélérateur et, peut‑être, le point de bascule vers un autre paradigme. Elle prolonge et radicalise les logiques déjà présentes à savoir la dématérialisation, l’hybridation et l’expansion du champ artistique.
Le terrain a été préparé avec l’art conceptuel des années 1960, les hybridations technologiques, la vidéo et le numérique plus récemment. L’IA pousse ces tendances et l’acteur devient architecte de processus plutôt que producteur d’objets.
L’Intelligence Artificielle introduit quelque chose de nouveau, déjà par la production qui peut être illimitée, dont l’artiste ne contrôle pas entièrement le résultat, ce qui soulève la question de valeur. L’œuvre est produite en partie par un système non humain, elle peut évoluer, se transformer. Ce n’est plus seulement une extension du domaine de l’art, c’est une modification de son statut ce qui n’est jamais arrivé dans l’histoire de l’art.
Le musée fait l’oeuvre
Pour qu’il y ait art, il faut un système de légitimation. Or, maintenant les musées exposent des œuvres générées par IA, les biennales intègrent des artistes travaillant avec IA, les galeries vendent des œuvres IA et les critiques la reconnaissent. L’IA est donc déjà un fait institutionnel, ce qui signifie qu’elle est art, au sens sociologique.
L’Intelligence Artificielle est une nouvelle technologie comparable à la photographie en 1839 et elle devient art par l’usage qu’en font les artistes, et par la manière dont les institutions l’officialisent.
Conséquences institutionnelles pour les musées et les FRAC
L’Intelligence Artificielle ne participe pas seulement d’un nouveau médium, elle déstabilise les fondements mêmes de l’art contemporain. On observe que les missions, les légitimités, les récits dans les FRAC sont directement impactés par l’arrivée de l’IA, qui agit comme un révélateur et un accélérateur des fragilités structurelles. Elle ne s’ajoute pas, elle reconfigure et oblige les musées et les FRAC à redéfinir leurs missions, leurs rapports à la création, leurs économies, et surtout leurs ouvertures vis à vis du public.
Plus d’infos ici :
https://marc-verat.blogspot.com/2026/07/art-et-lintelligence-artificielle.html