
… Avec l’inattendue complicité de l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales) (wokisée jusqu’au trognon)
Elle menace de Couper sa subvention à la Halle Saint Pierre, malgré un taux d’autofinancement de celle -ci de près de 80 %, et malgré l’ indéniable succès populaire de ses expos (comme «L’Etoffe des rêves» :70000 entrées en 2026)
On aimerait savoir quel type d’idéologie travaille les méninges de l’actuel adjoint aux Affaires Culturelles Florian Sitbon…Peut-être estime-t-il que ce lieu d’art n’est pas assez progressiste, ni assez « contemporain » …à suivre

Ayons une pensée pour notre ami Laurent Danchin , co-crétateur de ce lieu inspiré , dans les années 80 …
Lire ici l’article de Roxana Aximi Dans le monde du 22 oct 26 :
Adorée de ses habitués, la Halle Saint-Pierre, bastion de l’art brut, centre d’art singulier et outsider niché au pied de la butte Montmartre, est depuis vingt ans le théâtre d’un conflit ouvert avec la Ville de Paris.
Au printemps, la crise a atteint son paroxysme lorsque la Mairie a coupé net sa subvention de 350000 euros, soit 20% de son budget de fonctionnement. Un arbitrage qui, s’il venait à être confirmé en 2027, signerait la fin de l’établissement.
Comment en est-on arrive la?
Propriété de la municipalité, cette halle de style Baltard est gérée depuis 1985 par une association loi 1901. Mais, au fil des ans, le soutien municipal s’est effrité.
Fixée à 650000 euros voila une quinzaine d’années, la subvention n’a cessé de fondre, tandis que les travaux promis par la Ville sont restés au stade de bricolage – le montant d’une rénovation totale frôlerait les 5 millions d’euros.
Le feu éclate en 2007, exposant les relations tendues entre l’Hotel de ville et la directrice du lieu, Martine Lusardy, aux manettes depuis
1994. Un rapport accablant de l’inspection générale des services de la Ville dénonce alors le «trop grand laxisme dans la gestion ». notamment l’attribution de marchés sans mise en concurrence des fournisseurs, « Le climat social ne cesse de se dégrader en raison d’une absence de dialogue et de gestion participative ainsi que d’une absence de procédures rigoureuses et rassurantes », poursuit ce document, que Le Monde a pu consulter, concluant déja a un point de rupture avec la direction des affaires culturelles de la Ville et la mairie du 18° arrondissement.
Une deuxième enquête, menée en 2011, dresse un bilan comptable bien plus encourageant, tout en déplorant la persistance d’un dialogue de sourds avec la Ville.
Fonctionnement en roue libre

«Je ne dis pas que la gouvemance était parfaite, mais la mutinerie de quelques salariés a été instrumentalisée par certains élus », evacue Martine Lusardy, préférant faire valoir ses expositions marquantes comme «L’Etoffe des rêves» (70000 entrées en 2026) et un taux d’autofinancement de près de 80 %. Mais cet indéniable succès populaire est allé de pair avec un fonctionnement en roue libre. «Martine [Lusardy) a toujours été tres possessive vis-à-vis de la Halle Saint-Pierre, c’était son bébé et elle avait du mal à rendre des comptes, a faire un projet d’établissement» relève Emile Meunier, élu écologiste qui a siégé de 2020 à 2026 dans son conseil d’administration.
En 2025, pourtant, un nouveau chapitre semble s’ouvrir avec l’arrivée au conseil d’administration de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS)( qu’est-ce que cette haute école a ç faire ici ?) et du collectionneur Antoine Frérot, ancien PDG de Veolia. « Ce qui m’intéresse, confie ce dernier. c’est la dimension de recherche propre à l’EHESS. Je ne veux pas que la Halle soit seulement un lieu de monstration, mais aussi un lieu de recherche, qu’on y explore l’aventure humaine par l’art brut, ce qu’il provoque en nous et ce qui le rend si fort.- La même année, la convention d’occupation du site est reconduite par l’Hötel de ville.
Mais l’accalmie sera de courte durée. Le bras de fer est relancé lors du processus de sélection du successeur de Martine Lusardy, lin
2025. Le jury réuni par l’associa-ton souhaitait nommer le critique d’art Emmanuel Dayde, par ailleurs chargé de mission à la Ville de Paris, un profil rejeté par la municipalité. Aurélie Filippetti, directrice des affaires culturelles, a aussitôt dénoncé, dans un courrier adressé à l’association, une suite d’irrégularités, pointant « la participation active de la directrice sortante aux auditions des candidats, en violation manifeste du principe de neutralité, l’absence de traçabilité des documents transmis aux candidats certains nayant pas disposé des éléments nécessal-res pour élaborer leur projet ».
Dans la foulée, l’ancienne ministre de la culture somme Jean Lebrun, alors président de la Halle, de relancer la procédure de recrutement «dans des condi- tions garantissant la pleine impar tialité des délibérations». «S’il y avait eu des irrégularités, il y aurait eu des plaintes, réplique Martine Lusardy. La vraie histoire, c’est qu’un candidat se détachait, Emmanuel Daydé, mais qu’il avait le tort d’être l’ancien directeur adjoint des affaires culturelles sous Jean Tiberi (1935-20251 placardisé quand la gauche est passée.»
Au printemps, le conflit franchit un seuil critique avec la suppression de la subvention. Et l’affaire prend un tour politique.
Le g octobre, l’opposition municipale alerte sur l’impossibilité de verser les salaires des employés de la Halle en novembre et décembre, si la subvention n’est pas rétablie. «Si les salariés ne sont plus payés, la Halle met la clé sous la porte», prévient Thierry Guerrier, élu du 18 arrondissement et membre du conseil d’ad-ministration. Un constat partagé par Aurélien Veron, élu Les Répu-blicains, proche de Rachida Dati, qui accuse la mairie de « lâcher ce petit bijou parisien».
Face à la bronca de la droite, Florian Sitbon, nouvel adjoint à la culture assure, auprès du Monde, qu’«il faut réinstaurer un dialo-que » et que « l’intention n’est pas de se désengager de ce lieu ». Pour justifier la coupe cette année, Feld invoque la pression budgé taire à laquelle est soumise la capitale – la dette de la ville atteint 10 milliards d’euros. Contestant toute volonté de punir l’indocile direction, Florian Sitbon assure que « la trésorerie dont dis. pose la Halle Saint-Pierre rendait la coupe absorbable».
« Recoller les morceaux »
Une analyse contestée par Martine Lusardy, * En 2025, on a fait un bénéfice de 100000 euros, ça ne couvre absolument pas une telle baisse, argumente-t-elle.
Quant à la trésorerie d’environ 300000 euros, I Sagit d’une dette envers les salariés pour payer leurs indemnités de retraite, pas d’un actif » Et d’ajouter, pour couper court aux fantasmes concernant sa propre indemnité de départ: «Elle est de moins de 100 000 euros.
Le nœud du problème demeure politique. «Sans comprendre les objectifs et le projet à venir, il ne pouvait pas y avoir de soutien de la Ville », concède Florian Sitbon, qui promet toutefois un rétablissement de la subvention en 2027. des qu’un nouveau cadre sera fixé. Pour éteindre l’incendie, Christophe Caresche a pris la présidence de la Halle Saint-Pierre en juin. Membre de longue date du conseil d’administration, cet ancien député socialiste du 18° arrondissement, rompu a la gestion de crise, a immédiatement relancé le processus de sélection.
«Mon idée, c’est de recoller les morceaux avec la Ville », indique-bil,
confiant dans le retablissementde la subvention en fin d’année.
C’est dans ce climat incertain que s’est réuni, le 16 octobre, le nouveau jury chargé de désigner la future direction parmi huit candidats déjà auditionnés lors de la première tentative avortée. Désavoué par la Ville, Emmanuel Dayde a préféré jeter l’éponge. D’après les informations du Monde, non confirmées par l’association, deux types de profil se dégagent: d’un côté, des spécialistes de l’art brut, comme les historiennes d’art Roberta Trapani ou Barbara Safa-rova, dont le compagnon, Bruno Decharme, a donné une partie de sa collection d’art brut au Centre Pompidou: de l’autre, des personnalités issues de l’art contempo rain, comme le curateur Pascal Pique ou Véronique Rieffel, qui a dirigé l’Institut des cultures d’Is-lam. un autre lieu municipal du 18 arrondissement. Le verdict est attendu d’ici à la fin de l’année