
Avec les participations de Nathalie Heinich, Yves Michaud, Jérôme Seri, Pierre Lamalattie, Marc Vérat, Marie Sallantin, Jean-Philippe Domecq
Une discipline anésthésiée
La sociologie de l’art est une discipline universitaire que le célèbre sociologue engagé Pierre Bourdieu a anesthésié dès sa naissance.
« La sociologie est un sport de combat », disait-il…et celle de l’ art en particulier , qui ne pouvait être pour lui ,que « signe de distinction » et d’appartenance de classe » ,et qu’il fallait donc soustraire à la domination bourgeoise et du grand méchant capital … Résultat : ses ardeurs déconstructives et pré-wokistes l’amenèrent à s’acoquiner avec l’artiste allemand Hans Maacke, le plus redoutablement idéologisé de l’époque , et qui, pour représenter son pays , en avait défoncé le Pavillon à la Biennale de Venise en 1993, et ceci pour y dénoncer la malfaisance du Mark complice du nazisme… La cote de cet artiste s’en trouva décuplée, pour le plus grand bonheur du grand capitalisme financier spéculateur …ET sans que Bourdieu ne s’aperçoive un seul instant qu’il s’était fait pigé et devenait ainsi un social traitre et l’idiot utile du système qu’il dénonçait.
Cette anesthésie de la sociologie de l’art fut entretenue ensuite et jusqu’à aujourd’hui par Nathalie Heinich ,certes non idéologisée , mais pure scientifique, qui ne prétend produire que du « savoir » en défonçant,, elle, des portes ouvertes..
Comme Bourdieu , son travail de devant d’être axiologiquement « neutre », est sans poésie, sans états d’âme, artistiquement aseptisé, san amour particulier de l’art..
Bourdieu n’avait pas non plus de sensibilité particulière pour l’art, mais il aimait au moins intellectuellement Hans Haacke. Alain Quemin, lui, le sociologue bodybuildé , qui fait de l’ « observation participative » dans les grands vernissages parisiens, aime à la folie la body artiste Orlan…
Un brusque réveil ? Vers une levée de l’omerta ?
Serait-il possible que la sociologie de l’art soit déverrouillée, s’émancipe du joug de la bien-pensance et ne soit plus un domaine tabou ?
C’est l’espoir que j’ai aujourd’hui en lisant les solides commentaires des personnes citées plus haut , après la publication de mon texte « Y a-t-il un sociologue de l’art dans l’avion ».( voir plus loin)
*************
ALIMENTONS LE DÉBAT !
Le dossier est-il en train de s’ouvrir pour l’occasion ?
Espérons-le ! Et c’est dans cette heureuse perspective que je tenais à vous fournir des éléments utiles pour alimenter le débat.
Voici donc mon texte, suivi de la « discussion qu’il a déclenchée
***************
MON TEXTE : « Y A-T-IL UN SOCIOLOGUE DE L’ART DANS L’AVION ? »
J‘ai dispersé l’ensemble des 992 commentaires, que j’avais récoltés suite à la publication su mes réseaux, du texte que j’avais écrit au sujet des vitraux de Mademoiselle Tabouret… Texte qui avait obtenu plu de 150 000 vues sur mon facebook.
Je pensais que cet ensemble pouvait constituer un riche matériau d’étude et d’analyse pour les sociologues de l’art, et j’espérais avoir quelques retours de ceux-ci.
Mais j’oubliais que cette espèce de chercheurs est quasiment éradiquée, après le passage dévastateur et l’omniprésence asphyxiante des Bourdieu, Heinich et autres Quemin. (J’en connais quelques-uns encore vivants, mais qui évitent de se manifester pour échapper à la cancélisation automatique, et ne pas perdre leur poste).
Voici donc les 992 commentaires :
Voici le post Tabouret-vitraux :
***********
LES COMMENTAIRES À MON TEXTE POUR UNE DISCUSSION POUR LE MOINS « ANIMÉE »
Nathalie Heinich
Présentement les sociologues de l’art ne sont pas dans l’avion, mais devant leurs ordinateurs, en train de travailler.
Et comme ils sont sociologues et pas idéologues, ils savent qu’un échantillon ainsi constitué n’a aucune représentativité, et ne peut donc servir à documenter que les arguments des opposants à l’art contemporain, qui sont déjà assez bien connus – notamment grâce aux travaux « dévastateurs » et « asphyxiants » de la signataire de ces lignes.
Quoi qu’il en soit, s’emparer de ce corpus pour tenter de dégager, mettons, les nouvelles tendances en la matière nécessiterait de longues heures de travail, des outils et compétences informatiques dont ils ne disposent pas forcément, et si possible un assistant, qu’ils ne pourraient obtenir qu’en demandant un financement à un organisme académique ou ministériel – financement qu’ils ne seraient absolument pas certains d’obtenir et qui, de toute façon, n’interviendrait qu’après plusieurs mois.
Enfin, ils ont peut-être d’autres dossiers en cours et un emploi très chargé – pour ceux du moins qui continuent à travailler.
Les donneurs de leçons sociologiques feraient parfois mieux de s’abstenir s’ils veulent éviter de se ridiculiser.
Nathalie Heinich.
Marc Vérat
La frontière entre idéologue et sociologue n’est pas toujours nette, surtout dans les débats publics. Si promouvoir des idées ne peut pas être totalement neutre, la soi-disant objectivité desdits sociologues laisse également à désirer.
Par ailleurs, il est toujours commode et confortable d’être fonctionnaire d’un établissement public.
« Présentement les sociologues de l’art ne sont pas dans l’avion, mais devant leurs ordinateurs, en train de travailler », mais à quelle fin, dans quel but ? Se sont-ils déjà posés la question ?
« Les donneurs de leçons sociologiques feraient parfois mieux de s’abstenir s’ils veulent éviter de se ridiculiser », n’est-ce pas Madame Heinich !
Nathalie Heinich
Dans quel but travaillons-nous? Pour produire du savoir.
Et si ça ne vous suffit pas, je ne peux rien pour vous…
Nicole Esterolle
NH ne peut pas grand chose en effet…Elle produit du « savoir », c’est une « savante », une « scientifique » sans poésie, sans états d’âme, axiologiquement « neutre », artistiquement neutre, elle n’a pas à aimer.
Bourdieu n’avait pas non plus de sensibilité particulière pour l’art. Il aimait au moins intellectuellement Hans Haacke. Quemin, lui, sociologie bodybuilé est un fan de la body artiste Orlan…
Rappelons que le jeune Bourdieu fut le sécrétaire du très droitier Raymond Aron…
Marie Sallantin
Il semble plus difficile en 2026 de convenir que ce savoir, celui de l’étude de l’art contemporain, nous suffirait. Et d’ailleurs à quel titre ?
En effet une période triomphante comme celle d’une mondialisation heureuse se referme sur une impasse voire un échec de plus en plus visible .
Et donc si l’Art contemporain « suffisait » dans les années 80, années de divertissement et provocations tous azimuts, la question qui se pose aujourd’hui est celle de l’Art comme discipline majeure ( car propre à l’Humanité ) avec ses limites et contours propres, ses savoirs et ses manifestations universelles de civilisations qui toujours interpellent? Cette question est tournée vers l’avenir tandis que l’art contemporain en bout de course est dépassé car il ne répond plus aux attentes.
Et si cette attente qui vient comme une vague ne suffit pas à certains, j’ai envie de dire moi aussi que je ne peux rien pour vous.
Pierre Lamalattie
La recherche de neutralité « axiologique » est toujours difficile et mal assurée dans les sciences humaines. Cependant, c’est une bonne chose de la rechercher et je crois que c’est ce que Nathalie Heinich s’est sincèrement efforcée de faire. Elle n’a évidemment pas besoin que je prenne sa défense, mais qu’il me soit permis de dire que je lui suis reconnaissant d’avoir produit un ensemble d’ouvrages qui nourrissent ma (notre ?) réflexion.
Je pense aussi que son engagement pour défendre à l’université le travail scientifique contre les empiétements décomplexés du militantisme est utile et courageux.
Ceci n’empêche nullement de critiquer ses thèses. Au contraire ! La recherche scientifique est le contraire de l’argument d’autorité. Toutefois, il faut bien distinguer critique scientifique (sur les méthodes mises en œuvre) et critique sur le plan des opinions et des engagements artistiques.
Marc Vérat
En somme, après l’art sans art, le savoir sans savoir.
Après 50 ans, la boucle semble ainsi bouclée pour l’art contemporain mais aussi pour la sociologie de l’art contemporain.
Yves Michaud
Il n’y a aucun « savoir » sur le prétendu « art contemporain » – encore moins celui des prétendus sociologues. Heinich travaille sur son ordinateur sans rien regarder et Quemin arpente les cocktails sans rien regarder non plus.
1) toute réflexion dépend du corpus sur lequel on réfléchit et personne n’est d’accord sur le corpus.
2) Chacun voit l’heure à son clocher.
3) D’autant plus que 90% de ce qui se passe dans l’art contemporain est caché (ventes et spéculation obligent). Les merdes de Pinault sont esthétiquement des merdes mais ce sont en réalité des paris boursiers avec délits d’initiés et de ce point de vue, c’est réussi. Tabouret, c’est nul mais Tabouret ça se vend. (C’était pareil pour Meissonnier ou Carolus Duran – je préfère pour ma part Carolus et Cabanel à Meissonnier qui était vraiment nul).
Donc vous ne pouvez qu’exprimer vos passions et intérêts.
Nathalie Heinich
Je reconnais là la magnanimité bien connue de notre cher Yves Michaud, qui s’entête à ne pas entendre ce que je lui ai déjà expliqué sur mon corpus (je ne l’ai pas « choisi »: je me suis contentée d’analyser ce qui est qualifié d' »art contemporain »), et qui continue à croire que je travaille sur les oeuvres alors que mon objet est le rapport à l’art et le fonctionnement du monde de l’art – ce pourquoi, oui, mes données sont pour l’essentiel dans mon ordinateur. Sociologie oblige… Mais ceux que la sociologie n’intéresse pas ne sont pas obligés d’en lire, n’est-ce pas? A moins que ce soit pour le plaisir de médire – hypothèse qui n’est pas à exclure, hélas…
N.H.
Marc Vérat
« Heinich travaille sur son ordinateur sans rien regarder », et la sociologue se couche tard pour tanter de vaines explications concernant « le rapport à l’art et le fonctionnement du monde de l’art ».
« Les merdes de Pinault sont esthétiquement des merdes mais ce sont en réalité des paris boursiers » – Effectivement, et certains ont bien trop d’argent.
« Tabouret, c’est nul mais Tabouret ça se vend. C’était pareil pour Meissonnier ou Carolus Duran » – Mais ces derniers possédaient au moins une incontestable technique et figurent aujourd’hui de nouveau sur les cimaises à la place qu’ils méritent, entre impressionnistes et symbolistes. Qu’en sera-t-il demain pour la jeune Tabouret ? ou les merdes de Pinault ?
M.V.
Marie Sallantin
C’est rigolo la naissance de Vénus de Cabanel.
Cabanel 1863 et on comprend que les modernes aient détesté !
Nathalie Heinich
Vous semblez ignorer que dans les années 1990 j’ai mené une enquête sur la relation à l’art contemporain aux Etats-Unis, dont j’ai tiré notamment un petit livre chez Hermann, Guerres culturelles et art contemporain. Une comparaison franco-américaine. Et dans mon Paradigme je consacre un chapitre à l’internationalisation de l’AC. Mais, comme on dit, quand on ne sait pas ce qu’on ne sait pas, on ne sait pas qu’on ne le sait pas… (d’où l’intérêt, parfois, de se taire plutôt que de se laisser aller aux médisances – mais tout le monde n’est pas Wittgenstein, n’est-ce pas…).
.
Yves Michaud
Désolé, chère Nathalie Heinich, mais même sur ce que vous considérez comme un corpus défini, il n’y a aucun consensus. Que faites-vous des situations nationales? Et de l’impérialisme américain? Votre corpus est franco-français et qui plus est « l’art contemporain » français n’a quasiment aucune existence internationale ni en termes ni de marché ni de reconnaissance intellectuelle ou esthétique. De ce point de vue Quemin est plus malin: il sait très bien que l’art contemporain français n’existe que dans les cocktails documentés par Saywho. Il a, si je ne m’abuse, lancé sa brillante carrière en disant ce que je viens d’écrire (je le sais d’autant mieux que j’ai publié son « rapport disparu ») et en a tiré les conséquences. A nous Ruinart puisque l’art contemporain français est ruiné…
à propos des tulipes, j’ai écrit un livre paru le jour du confinement 2020 sur l’opération Tulipes de Koons: « Ceci n’est pas une tulipe, Art, luxe et enlaidissement des villes » chez Fayard avant Bolloré (je le signale à l’adresse des débiles qui rédigent les notices wikipedia et m’accuseraient d’être de droite). En dépit d’un silence normal, il s’est plutôt bien vendu. C’est une enquête sur la manière de faire remonter une cote chancelante, de promouvoir l’immobilier de luxe sous l’empire du socialisme de cocktails et d’enlaidir une ville pas assez enlaidie par la politique Hidalgo-Grégoire-Girard.
Jérôme Serri
« Savoir tout ce qu’il y a à savoir, et en dépit de ce savoir encyclopédique ne rien savoir, voilà bien la dérision de la méconnaissance ! »– Jankélévitch
« L’érudition consiste surtout à connaître une foule de choses inutiles, c’est à dire de choses qui en soi n’ont ni valeur, ni intérêt, si ce n’est d’en avoir connaissance.« Hegel
« Il est difficile, en art, de dire quelque chose d’aussi bon que…ne rien dire.«
Wittgenstein
» Le seul moyen de comprendre quelque chose à la peinture, et il est bien simple, c’est d’en regarder beaucoup de bonne.« – Sachs
Jean-Philippe Domecq
Depuis le début des interrogations sur ce que j’avais labellisé, pour plus de clarté conceptuelle et périodique, « l’art du Contemporain », l’analyse sociologique doit aussi, et surtout, faire ressortir le rapport entre les oeuvres mises en avant par les professionnels et le système d’interprétations qui a mis en avant pareilles oeuvres. Car la spécificité historique de cette période close aura été: comment de telles intelligences ont-elles pu se satisfaire d’euvres qui auront été aussi simplistes (que Koons, Buren, Toroni, i tutti). Il ne s’agit donc et certes pas de demander à la sociologie des jugements esthétiques, mais qu’elle analyse le va-et-vient entre les commentaires et les oeuvres: pourquoi une telle surévaluation? Les attitudes et les oeuvres, donc. Le reste (le fonctionnement, la reconduction, les transactions) ne fait qu’en découler, l’essentiel n’était pas là.
**************
DE LA CONSTERNANTE MISÉRE DE LA SOCIOLOGIE DE L’ART EN France
Exemple : le nouveau texte de Nathalie Heinich du CNRS, Centre de Recherche sur les Arts et le Langage, intitulé : « Art contemporain, dérision et sociologie »
*************
LA SOCIOLOGIE DE L’ART CONTEMPORAIN EN BANDE DESSINNÉE !..Préfacée par N. Heinich
C’est tout frais, c’est tout guilleret, ça vient de sortir de chez « la petite bibiothèque des savoirs » – un spécialiste et un dessinateur s’unissent pour vous faire comprendre le monde en bande dessinée…
La spécialiste est Nathalie Heinich sociologue de l’art de renommée interplanétaire. Le dessinateur est celui de Spirou, qui en a donc fait l’élégante couverture jointe.
Le projet de l’éditeur est de mettre les grandes questions sociétales à la portée des classes défavorisées, des enfants et de leurs grands neuneux de parents bobos qui vont s’arracher l’ouvrage pour en faire cadeau de Noel à la belle-mère insoumise qui adore les scupltures animalières de Koons et Hirst…
Là, il faut dire que notre sociologue nationale a fait fort …
Jamais Pierre Bourdieu n’aurait osé faire ça…et pourtant c’était un grand sportif en la matière.
************
DÉCEPTIVE-ART
« L’art contemporain est avant tout déceptif à l’égard des attendes communes quant à ce que devrait être une œuvre d’art »…Nathalie Heinich
… Je retrouve par hasard cette péremptoire affirmation de Nathalie Heinich, notre diva nationale de la sociologie de l’art, brillante enfonceuse de portes ouvertes, et qui, là, nous en enfonce une magistralement avec cette préciosité langagière universitairement ampoulée qui convient pour répéter ce que tout le monde sait déjà, mais n’ose pas dire faute d’avoir la bonne manière pour le verbaliser scientifiquement.
Image jointe de Nathalie Heinich avec sa copine Nathalie Obadia, financial-galeriste parisienne d’art contemporain déceptif international…. avec en arrière plan ce qui me semble être un tableau du très décéptif éco-plasticien Hyber, sylviculteur et éleveur de moutons bio dans sa ferme des Deux-Sèvres
*************
LES PNEUS DE CLAUDE LÉVÈQUE
Un non-sujet sociologique…Sauf pour Jérôme Serri
Comment en est-on arrivé à exposer deux pneus de tracteur dorés à l’Opéra Garnier?
Il se passe des choses étranges dans les coulisses de la Macronie
Par Jérôme Serri
Lire ici :
***************
BOURDIEU, GRAND PÈRE DE L’ART IDÉOLOGIQUE
**************
BOURDIEU, SOCIAL -TRAITRE
************
VOS COMMENTAIRES SONT LES BIENVENUS
Pour enrichir le débat