LA PLASTICIENNE INTERNATIONALE FAIT SES BARBOUILLAGES SANS VOIR CE QU’ELLE FAIT, DANS LA NUIT NOIE DE  LA JUNGLE GUATÉMALTÈQUE

Madame Vivian Suter  vient d’exposer récemment au Palais responsable et durable de Tokyo . Elle est représentée par les financial galleries  Karma International (Zurich), Gladstone Gallery (New York et Bruxelles), Proyectos Ultravioleta (Guatemala City) et Gaga (Mexico City et Guadalajara).

«  Vivian Suter est artiste majeure , qui élabore solitairement l’une des plus importantes contributions actuelles au champ de la peinture » nous déclare François Piron, deuxième plus éminent critique d’art sur la place de Paris (après Philippe Dagen) ,  curateur au Palais de Tokyo depuis 2020, éditeur, enseignant er  créateur  de plusieurs lieux pour l’art contemporain.

Voici le texte de Mr Piron :

« À 75 ans  , Madame Suter peint dans le noir, dehors exclusivement. Presque quotidiennement, elle quitte sa maison nichée sur un terrain verdoyant de Panajachel, au Guatemala, en fin d’après-midi. Portail verrouillé, bâton de marche récupéré dans les broussailles locales en main, elle traverse les manguiers et les caféiers de son jardin avant de gravir cent vingt marches de pierre abruptes jusqu’au porche de son atelier d’une pièce, taillé au sommet de la colline.

Pigments disposés, elle s’y colle, badigeonnant la toile de larges quantités de couleur par gestes amples et spontanés, jusqu’après le coucher du soleil. Pas d’électricité, pas de lampe. La plupart du temps, impossible de distinguer ce qu’elle vient de créer.

« Le matin, je monte voir les toiles », raconte l’artiste à Art Basel. Elle travaille sur deux ou trois œuvres simultanément, alternant pour laisser sécher une couche avant d’en appliquer une autre. « J’ignore totalement à quoi elles ressemblent tant que je ne les vois pas en plein jour. »

Entre-temps, les œuvres prennent leur autonomie. Vivian Suter mélange systématiquement de la colle de poisson à ses peintures et les toiles, encore poisseuses et abandonnées dehors, récoltent souvent poussière, débris, voire insectes de passage nocturne.Voilà son quotidien depuis quarante ans, quasi sans variation. À 75 ans aujourd’hui, elle s’accorde quelques aménagements. Elle peut demander à ses assistant·es de disposer les toiles tendues et vierges sur la partie plane de son terrain, pas trop loin du figuier majestueux qui l’avait convaincue d’acheter la propriété en 1983. Là, l’artiste travaille directement au sol, parmi les feuilles mortes et brindilles, au milieu de dizaines de pots de peinture vides éparpillés qu’elle garde comme source d’inspiration. »

Plus d’infos ici :

https://www.artbasel.com/stories/vivian-suter-painting-palais-de-tokyo-guatemala?lang=fr

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