GROS ACCÈES DE FIÈVRE ANTI-ESCLAVAGISTE ET DÉCOLNIALISTE DANS L’ART « CONTEMPORAIN » BORDELAIS

En effet , l’opération « Blackground » ( Notez ici le jeu sémantnique, d’une colossale subtilité, avec background)  , se propose comme « un nouveau regard sur l’esclavage colonial et comme …Un vaste programme curatorial amené à faire date. »

Cette manifestation , sous-titrée  « Le murmure des mornes » (ben voyons, Ginette ! ) s’est  éclatée sur  5 lieux dans la ville : le CAPC-Musée d’art contemporain , le  Frac Méca (Fonds régional d’art contemporain Nouvelle-Aquitaine), la bibliothèque Mériadeck, le Musée d’Aquitaine et les Archives Bordeaux Métropole,
La bordelaiserie culturelle a donc mis le paquet sur cette  opération très chargées idéologiquement à défaut d’avoir un véritable contenu artistique, dans une ville qui longtemps vécu sous terrifiante emprise municipale écolo- woko-progressiste, mobilité douce et toilettes sèches au fond du couloir…à gauche

L’un.e des deux curators . teuses  , est Salma Mochtari  ,  redoutable chercheuse et curatrice d’art contemporain. Sa démarche, dit-on «  fait le lien entre l’art contemporain et la philosophie (notamment à travers l’archive, les Black Studies, les études décoloniales et queer, inspirée par des penseurs comme Michel Foucault ou Jacques Derrida »…Gniark  et  re-gniark ! !  


Il y sera en effet lourdement évoqué les survivances actuelles du colonialisme et « continuités par lesquelles l’esclavage colonial continue d’organiser les conditions matérielles, politiques et symboliques du présent, bien au-delà de son abolition » de telle sorte que la population bordelaise, amateuse d’art ou non, communie dans une même repentance pour les crimes contre l’humanité commis par leurs lointains aïeux… Lart contemporain devenant pour l’occasion un outil de culpabilisation des masses laborieuses avec leur propre argent sur un sujet qui ne les concerne pas…Bravo, la culture de classe !

Je vous laisse lire à tête reposée  cet article paru dans le Journal des Arts du 18 sept 26 :

https://www.lejournaldesarts.fr/expositions/blackground-un-nouveau-regard-sur-lesclavage-colonial-185390

« Le CAPC prend l’histoire coloniale et la question de son continuum à bras-le-corps, assumant une rupture judicieuse avec l’iconographie classique de l’esclavage marquée par la représentation crue de la souffrance.

Bordeaux (Gironde). Une exposition sur plusieurs sites, qui déploie ses multiples ramifications de part et d’autre de la Garonne. Du CAPC-Musée d’art contemporain au Frac Méca (Fonds régional d’art contemporain Nouvelle-Aquitaine), en passant par la bibliothèque Mériadeck, le Musée d’Aquitaine et les Archives Bordeaux Métropole, les espaces culturels bordelais sont actuellement le théâtre d’un vaste programme curatorial amené à faire date.

Nul doute en effet que « Blackground » représente une étape majeure du travail de mémoire entamé par les institutions bordelaises depuis près d’une décennie au sujet du rôle joué par le port girondin et ses infrastructures dans le développement, à partir du XVIIIe siècle, du commerce de biens produits dans les colonies par des populations réduites en esclavage. Après avoir commandé une importante recherche sur l’histoire de son bâtiment, qui servit au XIXe siècle d’entrepôt pour les denrées coloniales, le CAPC se confronte aujourd’hui au système esclavagiste et à ses « survivances » , selon le concept forgé par l’historienne noire américaine Saidiya Hartman. Le terme renvoie aux « continuités par lesquelles l’esclavage colonial continue d’organiser les conditions matérielles, politiques et symboliques du présent, bien au-delà de son abolition », apprend-on à la lecture du lexique critique mis à la disposition des visiteurs à l’entrée de l’exposition.

Regroupant les œuvres d’une cinquantaine d’artistes originaires, pour la plupart, des territoires ultramarins français des Antilles, de l’océan Indien et du Pacifique, le projet sonde les conséquences de l’esclavage sur les corps et les esprits, ses empreintes dans les modèles politiques et économiques actuels, tout en mettant en exergue les lignes de résistance qui se perpétuent en arrière-plan – le titre de l’exposition, mot-valise hérité du penseur noir américain Fred Moten, y fait directement référence.

Tissant un dialogue entre le temps des colonies et le présent, les deux commissaires, Cédric Fauq et S. Mochtari, portent un regard sans concession sur les problématiques sociales et écologiques qui traversent les départements, régions et collectivités d’outre-mer (la vie chère aux Antilles, le traitement des ravages du cyclone Chido en 2024 à Mayotte), et ce dans un paysage institutionnel ayant tendance à euphémiser des sujets considérés comme sensibles.

Un partis pris judicieux

Pendant plus de deux ans, les commissaires ont réalisé un travail de prospection exigeant. « Nous ne souhaitions pas exposer uniquement les artistes auxquels on s’attend sur ces questions, explique S. Mochtari. Nous voulions aussi mettre des regards neufs en avant. » Le premier intérêt de « Blackground » réside dans sa capacité à valoriser des jeunes plasticiens de talent qui n’avaient, jusqu’alors, jamais exposé en métropole.

Si l’exposition offre des positionnements esthétiques variés, avec des œuvres relevant d’une diversité de médiums, les commissaires ont longuement réfléchi au régime d’image qu’ils souhaitaient défendre à travers ce projet. Le corpus d’œuvres prend ainsi le contre-pied de la violence des représentations traditionnellement associées à l’histoire de l’esclavage. « Nous ne voulons pas refaire circuler des images violentes parce que nous pensons qu’il y a d’autres manières d’aborder cette histoire et de se mettre à l’écoute des victimes », justifie S. Mochtari. Au Musée d’Aquitaine, qui accueille une dizaine d’œuvres contemporaines dans ses salles permanentes consacrées au commerce triangulaire, les curateurs ont décidé de placer des « œuvres énigmatiques, qui sont dans une forme de retenue formelle ». Aux objets et témoignages historiques attestant de la violence de l’esclavage de manière frontale répondent des propositions artistiques symboliques et conceptuelles telles que A Semblance of the Barracoon (2023) de Boz Deseo Garden, qui transpose les traces de la traite transatlantique dans un schéma psychanalytique de Lacan. Un choix ingénieux qui permet de tenir l’exposition à distance des rives du sensationnalisme et du misérabilisme.

La section de l’exposition présentée au Grand Verre, au sommet de l’immeuble du Frac, illustre bien cette volonté de représenter la souffrance des corps noirs à travers une figuration fragmentaire ou métaphorique. Dans cet espace surplombant la Garonne, la corporéité des victimes de la traite est abordée par le biais d’une esthétique de l’absence. Dans sa superbe installation organique Chorus of Soil (2020), l’artiste italo-sénégalaise Binta Diaw esquisse l’ossature d’un navire négrier à l’aide de terre. Cimetière silencieux, ce squelette monumental porte en lui les germes du renouveau : des pousses de melon jaillissent de ses entrailles et grandissent. Avec Black Noise 4 (2021), la plasticienne suédoise Ina Nian déploie quant à elle un environnement immersif glaçant, ravivant la mémoire sonore des cales de bateaux négriers, entre grincement du bois et heurt de chaînes métalliques.

Le choix de la non-représentation du corps violenté trouve un écho particulièrement convaincant dans la scénographie des galeries du CAPC. Chuchotements, rires, cris, chants : les premières données sensorielles à parvenir au visiteur sont toujours de nature sonore. « Nous avons cherché à incarner le corps différemment, par la multiplicité et l’enchevêtrement des voix », raconte S. Mochtari. Ici et là, les voix se superposent, se répondent, se brouillent. Ce surinvestissement du matériau sonore contraste avec l’obstruction systématique de la vision : le visiteur est incapable d’embrasser l’ensemble de l’espace du regard en raison de l’occlusion partielle des ouvertures historiques du bâtiment par des cimaises. Des œuvres monumentales sont même encastrées dans les cloisons, à l’instar de Guéter Toubab Bou Noroul (2026, [voir ill.]) de Pap Souleye Fall, qui interroge les conséquences de la monoculture de la cacahuète en Afrique de l’Ouest. Pour appréhender l’énorme sculpture en carton dans sa totalité, pas d’autre choix que de poursuivre son chemin vers la salle suivante.

Avec sa forme labyrinthique et ses perspectives empêchées, le parcours effectue un clin d’œil aux chemins de traverse qu’arpentaient les esclaves marrons en fuite à travers les mornes, ces formations montagneuses emblématiques des îles tropicales. Cette mise en espace compose une exposition intimiste (les très nombreuses cimaises forment des salles aux dimensions modestes dans lesquelles cohabitent rarement plus de trois ou quatre œuvres), sensible aux puissants éclats de voix comme aux murmures les plus ténus.

Blackground, murmure des mornes,

jusqu’au 28 mars 2027 ; CAPC, 7, rue Ferrère ; Frac Nouvelle-Aquitaine La Méca, 5, parvis Corto-Maltese ; Musée d’Aquitaine, 20, cours Pasteur, 33000 Bordeaux.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *