Les FRAC et les MAC comme propulseurs de désir culturel…

la 11e édition de Think Culture, événement d’’intelligence collective no-artificielle créé par News Tank Culture aura lieu à la Cité des Sciences et de l’Industrie
Ce news tank para -ministériel est un comité théodule indépendant de plus, destiné à mener de réflexion de fond pour « décider en toute connaissance » des politiques culturelles diverses . Il a son siège rue de la bienfaisance (comme par hasard)
IL est dirigé par Isabelle Chardonnier, DGDCER (Directrice générale de la démocratie culturelle, des enseignements et de la recherche ), qui a déclaré tout de go « Le désir qui se lève chez les jeunes ne se soutient pas tout seul, il faut une politique publique …Comment une politique publique peut-elle créer le désir ? »
Je vous livre ici la totalité du comminiqué de presse du Ministère
En 2025, avec la création de la Direction générale de la démocratie culturelle, des enseignements et de la recherche, le ministère de la Culture affirme que nous sommes passés à une autre étape, celle de garantir la participation de l’accès de tous les habitants à la vie culturelle dans le respect de leurs droits. […] Nous sommes donc passés, en 50 ans, d’une culture qu’on apporte, à une culture qu’on garantit et à une culture aujourd’hui qu’on co-construit. Les habitants ne sont plus des destinataires de nos politiques publiques, ils en sont les acteurs », déclare Isabelle Chardonnier, directrice générale de la DGDCER au sein du ministère de la Culture, lors de sa keynote en ouverture de la 11e édition de Think Culture le 08/09/2026 à la Cité des Sciences et de l’Industrie (Paris 19e).
« Même si un certain nombre de désengagements se font de façon tonitruante, que d’autres se font à bas bruit pour des raisons de crispations budgétaires, dans l’ensemble, on peut dire que plus des trois quarts des collectivités publiques tiennent bon, continuent de se battre pour maintenir leurs dépenses culturelles et continuer de soutenir leurs équipements. Il est essentiel de se le dire et de travailler avec ces collectivités publiques pour que nos politiques continuent de se déployer. Parmi ces politiques publiques, celle qui fait consensus, c’est celle de l’éducation artistique et culturelle, c’est cette politique qui permet de créer du désir chez les jeunes », poursuit-elle.
« Cette année, en septembre, comme chaque année, plus de 12 millions de visiteurs pousseront les portes des monuments historiques pour les Journées européennes du patrimoine et évidemment, on ne les y oblige pas. Chaque année, les festivals remplissent leurs jauges de spectateurs avides de concerts et s’appuient sur des centaines de milliers de bénévoles qui continuent, année après année, de faire vivre ces événements culturels. Eux non plus, on ne les y oblige pas », ajoute Isabelle Chardonnier.
News Tank rend compte de sa prise de parole.
« Le désir qui se lève chez les jeunes ne se soutient pas tout seul, il faut une politique publique »
- « Quand on m’a invitée, j’ai commencé par trouver cette question [sur la désirabilité de la culture] un peu étonnante. Je me rappelle qu’en 2020, la question était de savoir si la culture faisait partie des services essentiels. Six ans plus tard, nous avons rouvert les théâtres, les festivals, les musées. La question que l’on se pose aujourd’hui dénote un glissement qui me paraît assez révélateur, car nous ne demandons pas au secteur de l’agriculture, de la justice ou de l’éducation s’ils sont désirables. Nous n’avons jamais entendu parler de journée d’étude sur ce thème.
- Alors pourquoi nous pose-t-on cette question ? Peut-être parce que la culture ne se contente pas de répondre à des besoins, ni de rendre des services, mais parce qu’elle donne envie de quelque chose d’inconnu. Et c’est précisément là que se loge, à mes yeux, le paradoxe de nos politiques culturelles. Nous pouvons renforcer les politiques, en inventer de nouvelles, créer des dispositifs, mais nous ne pouvons pas décréter, par un décret en Conseil d’État, le désir des spectateurs ou des professionnels.
- Alors la vraie question est plutôt celle-ci, comment une politique publique peut-elle créer le désir et comment peut-on le maintenir ? C’est plutôt cette question que j’ai envie d’explorer. Faisons un rapide historique : en 1959, quand le ministère de la Culture est créé par André Malraux, la mission qui est assignée à ce tout jeune ministère est de rendre accessibles au plus grand nombre les œuvres capitales de l’humanité. À ce moment-là, nous parlons de démocratisation culturelle, d’apporter la culture à ceux qui en sont privés, pense-t-on à ce moment-là.
- Ce paradigme a structuré l’action publique pendant extrêmement longtemps, mais à partir des années 2010 s’impose une autre logique, celle des droits culturels. C’est une logique plus exigeante. Il ne s’agit plus d’apporter seulement de l’offre, mais de garantir à chacun la liberté de choisir et de pratiquer, de faire vivre ses propres référents culturels, y compris ceux que les institutions n’avaient pas consacrés au moment où ces droits naturels ont commencé à être déployés.
« Les habitants sont les acteurs de nos politiques publiques »
- Puis en 2025, avec la création de la Direction générale de la démocratie culturelle, des enseignements et de la recherche, le ministère de la Culture affirme que nous sommes passés à une autre étape, celle de garantir la participation de l’accès de tous les habitants à la vie culturelle dans le respect de leurs droits. On parle cette fois de participation, et c’est un glissement sémantique qui n’est pas juste cosmétique. Nous sommes donc passés, en 50 ans, d’une culture qu’on apporte, à une culture qu’on garantit et à une culture aujourd’hui qu’on co-construit. Les habitants ne sont plus des destinataires de nos politiques publiques, ils en sont les acteurs.
- Dans le même temps, le ministère a élargi les champs et les esthétiques qu’il sait prendre en compte en 2025 et en 2026. Avec par exemple le déploiement du plan de soutien aux cabarets, le renforcement des logiques de soutien au patrimoine immatériel ou encore des politiques de soutien à la création numérique. Donc si les habitants sont acteurs, c’est peut-être d’abord de leur côté qu’il faut chercher à répondre à la question de la désirabilité.
- Dans ce grand ensemble de publics, il y a à la fois les spectateurs, les habitants qui participent à nos propositions culturelles, mais aussi les professionnels, et notamment les jeunes professionnels, qui se situent dans le périmètre de la DGDCER. À ceux qui formulent aujourd’hui le discours du déclin, de l’absence de vocation, des salles vides, du désintérêt de la jeunesse, et d’une culture de l’entre-soi, il faut opposer résolument les chiffres qui racontent une tout autre histoire.
- En 2023, on comptait en France 780 000 professionnels de la culture, soit une hausse de 70 % depuis 1995. Il s’agit d’une augmentation quatre fois plus élevée que celle de l’ensemble des autres professions. Nos écoles d’art et nos écoles d’architecture, soit 98 établissements dans le périmètre de cette direction générale, accueillent aujourd’hui, et la source ne se tarit pas, 36 000 étudiants qui s’engagent durablement dans des parcours artistiques et culturels. Évidemment, on ne s’inscrit pas par obligation dans une école d’art.
« 80 % des jeunes bénéficiaires du Pass Culture en profitent pour découvrir d’autres activités »
- Je ne veux pas minorer évidemment les difficultés que rencontrent certains professionnels à recruter. Nous savons que certains métiers sont très difficilement attractifs. Je ne sais pas si c’est lié au contexte, à un manque de désirabilité ou au fait que ces métiers ont longtemps été extrêmement difficiles et que cela a été peu pris en considération. Nous avons quelques petits points d’alerte aussi sur le caractère attractif de nos établissements d’enseignement supérieur, car le taux de candidatures pour nos écoles sur Parcours sup se tarit légèrement, il faut être vigilant.
- Avant de consacrer sa carrière à la culture, on construit d’abord son parcours de découverte. Je vais citer l’exemple du Pass Culture qui, aujourd’hui, touche 90 % des jeunes de cette tranche d’âge. Là aussi, on ne s’inscrit pas au Pass Culture pour sa part individuelle de façon obligatoire, on s’y inscrit volontairement. 80 % de ces jeunes en profitent pour découvrir d’autres activités, d’autres propositions artistiques et culturelles. Donc les publics et les professionnels sont encore soucieux, engagés, avides de culture, mais ce désir qui se lève chez les jeunes et chez les publics ne se soutient pas tout seul, et pour cela, il faut une politique publique.
- Je n’ignore pas les contraintes budgétaires très fortes qui s’imposent à tous et que nous essayons collectivement – État et collectivités territoriales – de gérer le mieux possible, ni d’ailleurs les crispations politiques ; les tentatives de censure ou les censures qui font des œuvres, des artistes et des propositions culturelles, des instruments de lutte qui nous dépassent très largement.
« Plus de trois quarts des collectivités publiques continuent de se battre pour maintenir leurs dépenses culturelles »
- Évidemment je ne vais pas minimiser ces difficultés devant vous, qui les vivez au jour le jour, mais je persiste, comme je l’ai fait tout à l’heure, à regarder le temps long. Et je pense que c’est important de dépasser le moment actuel que nous traversons. Et si nous regardons ce temps long, il faut reconnaître qu’aujourd’hui les interventions publiques sont au niveau en matière de dépenses culturelles. Même si un certain nombre de désengagements se font de façon tonitruante, que d’autres se font à bas bruit pour des raisons de crispations budgétaires, dans l’ensemble, on peut dire que plus des trois quarts des collectivités publiques tiennent bon, continuent de se battre pour maintenir leurs dépenses culturelles et continuer de soutenir leurs équipements.
- Il est essentiel de se le dire et de travailler avec ces collectivités publiques pour que nos politiques continuent de se déployer. Parmi ces politiques publiques, celle qui fait consensus, c’est celle de l’éducation artistique et culturelle ; c’est cette politique qui permet de créer du désir chez les jeunes. On prend soin de chaque enfant et on s’engage à ce que chaque enfant dans le cadre scolaire ou en dehors de ce cadre puisse peu à peu construire son autonomie et s’approprier, développer, mettre en œuvre ses propres droits culturels.
- Donc à la question “la culture est-elle encore désirable ?”, je crois que la réponse ne tient pas dans une formule toute simple, mais qu’elle tient dans des preuves concrètes, celles que vous croisez tous les jours sur le terrain, celles que j’ai croisées tous les jours, tout au long de ma carrière et qui nourrisent mon parcours professionnel.
- Cette année, en septembre, comme chaque année, plus de 12 millions de visiteurs pousseront les portes des monuments historiques pour les Journées européennes du patrimoine et évidemment, on ne les y oblige pas. Chaque année, les festivals remplissent leurs jauges de spectateurs avides de concerts et s’appuient sur des centaines de milliers de bénévoles qui continuent, année après année, de faire vivre ces événements culturels. Eux non plus, on ne les oblige pas. Les médiathèques accueillent de plus en plus de lecteurs dès lors qu’elles font des efforts de tarifs et que leurs bâtiments sont emblématiques. Tout cela, ce ne sont pas que des indicateurs de politique publique, ce sont des preuves de désir répétées chaque année dans des lieux que vous connaissez tout autant que moi. Et elles nous ramènent, je crois, à la question de départ. Nous ne pouvons pas décréter au sens administratif, nous ne pouvons pas administrer ce désir, mais nous pouvons patiemment et résolument continuer d’en créer les conditions dans une salle de classe, une bibliothèque ou une salle de spectacle. »
Les quatre grandes thématiques de la journée
- La culture est-elle encore désirable pour la société ?
- La culture est-elle encore désirable pour les pouvoirs publics ?
- La culture est-elle encore désirable pour les acteurs économiques ?
- La culture est-elle encore désirable pour les professionnels du secteur ?
Les thèmes abordés depuis la 1re édition de Think Culture
• 1re édition en 2016 : Édition inaugurale autour de la thématique générale de l’innovation dans le pilotage de la culture
• 2e édition en 2017 : Les rapports entre acteurs publics et acteurs privés de la culture, quelle évolution de leurs modèles de développement ?
• 3e édition en 2018 : Les publics : quels nouveaux défis pour les acteurs de la vie culturelle ?
• 4e édition en 2019 : Le financement de la culture : vers de nouveaux modèles ?
• 5e édition en 2020 : Culture, villes, territoires : quelles mutations ? Comment relancer et rebondir après la crise sanitaire ?
• 6e édition en 2021 : Le rôle de l’État dans la culture : quel devenir ?
• 7e édition en 2022 : Culture et écologie : vers la grande mutation ?
• 8e édition en 2023 : Culture et numérique : la révolution permanente ?
• 9e édition en 2024 : Qui a le pouvoir dans la culture ?
• 10e édition en 2025 : Mondialisation : pour une nouvelle donne ?
• 11e édition en 2026 : La culture est-elle encore désirable ?
News Tank Culture (NTC)
• Média d’information indépendant et innovant, spécialisé dans l’actualité de la musique, du spectacle vivant, des musées, monuments et du patrimoine et, depuis 2023, des nouvelles images.
• Création : septembre 2012
• Proposant à la fois un fil d’actualités, des dossiers de fonds, des interviews et de grands entretiens, des data et un annuaire des professionnels et des organisations, News Tank Culture s’adresse aux dirigeants et acteurs de la culture. Il organise également chaque année Think Culture, une journée d’échange et de débat autour de l’innovation dans le pilotage de la culture, avec la volonté de décloisonner les secteurs culturels.
• Direction :
– Bertrand Dicale, directeur général
– Anne-Florence Duliscouët, directrice de la rédaction
– Jacques Renard, directeur délégué Think Culture
– Angèle Boutin, directrice du développement
• News Tank Culture est une filiale de News Tank Network, créée par Marc Guiraud et Frédéric Commandeur, qui a également développé :
– News Tank Sport,
– News Tank Éducation et Recherche,
– News Tank RH Management,
– News Tank Cities,
– News Tank Mobilités,
– News Tank Énergies,
– News Tank Agro.
Le groupe emploie une centaine de collaborateurs.
Adresse du siège
48 rue de la Bienfaisance
75008 Paris France