CERTAINS FONCTIONNAIRES DE L’ART REFUSENT DE RECEVOIR MES TEXTES

Ils sont finalement assez peu nombreux , 2 à 3%, guère plus,

à me demander de les supprimer de mes listes de diffusion  où figurent environ 800 d’entre eux .

J’ai gardé les meilleurs commentaires qui accompagnent  la lettre qui suit, que je leur envoie pour confirmer cette suppression, tout en  regrettant leur refus de s’informer :

 OK , Nous vous supprimons volontiers de nos listes de diffusion.

Mais Je me permets  de vous préciser que ce mail ne vous était pas adressé à titre personnel, mais professionnel. …à vous, en tant qu’agent salarié de la fonction publique ou d’une structure subventionnée, et qui se devrait , déontologiquement, d’être  attentif .ve à tout ce qui concerne son domaine de compétence…Aussi ce refus d’être informé devrait-il   pouvoir être considéré , comme une faute professionnelle méritant un signalement à votre hiérarchie…

ET voici quelques réponses des plus croquignoles :

  • Votre persiflage est stérile

Chère Madame, Vos leçons de citoyenneté et de morale sont insupportables. Votre missive ne relève pas de l’information mais d’un persiflage stérile et nuisible. Je vous remercie de bien vouloir me supprimer définitivement de vos fichiers.

Isabelle Baragan –Consultante en relations presse Villa Médicis et Musée du Quai Branly

  • Gardez vos immondices

Bonjour, Je vous remercie de bien vouloir garder vos immondices pour vous : mon e-mail n’a rien à faire dans votre liste de diffusion.

Merci de me retirer tout de suite.

  • Vous outrepassez la réglementation RGPD

Je ne sais pas de quelle manière vous avez obtenu mon adresse professionnelle, ni ce qui vous autorise à m’envoyer vos mails, sans demande de ma part et encore moins mon consentement, en dehors de toute réglementation du RGPD, ni même pourquoi vous vous permettez cette menace ridicule : quoi qu’il en soit, en effet, je vous remercie de retirer immédiatement mon adresse professionnelle de votre liste de diffusion et de ne plus m’importuner dans le cadre de mon exercice professionnel, avec des mailings non souhaités.

Magali Anton . direction de la communication et du marketing territorial Ville de Saint-Etienne / Saint-Etienne Métropole .Responsable du service communication culturelle

  • À vomir cordialement

Merci de supprimer l’adresse naba@beauxartsparis.fr de votre liste de diffusion.

Pour reprendre vos propres mots À vomir .Bien cordialement

  • Je souhaitais une information plus nuancée

Bonjour et merci d’avoir pris en compte ma demande de suppression de vos listes de diffusions. Je tiens à vous préciser tout d’abord que je ne suis pas salarié de la fonction publique. De plus je ne pense pas que mes choix de sources d’informations remettent en question mes compétences de travail ainsi que mon intérêt pour l’art et le patrimoine culturel. Je ne refuse pas d’être informé, mais fait le choix d’une information plus nuancée et moins orientée. Je vous souhaite une belle journée, Cordialement,

Elie LEON- Chargé d’accueil et de communication  .Musée La ManufactureRoubaix  
  • Respectueusement votre

Madame, Je vous remercie de me retirer de votre liste de diffusion. À laquelle je ne me suis jamais inscrit. Bien respectueusement.

Hussein Bourgi , Sénateur de l’Hérault 

  • Vous générez du CO2

Nous recevons par ailleurs votre lettre sur d’autres boîtes mail. De plus, vous n’êtes pas sans savoir qu’un email génère du Co2. Nous n’avons pas besoin de ça en plus. Merci par avance, 

Cordialement

Raphéelle Levy- FRAC-Picardie

  • Je vous dénoncerai au CNIL

Madame, Conformément aux dispositions de l’article 21.2 du règlement général de protection des données (RGPD), je vous prierai de bien vouloir supprimer mon adresse professionnelle de vos fichiers d’envoi.  Je vous rappelle que vous disposez d’un délai maximal d’un mois suivant la réception de ce courriel pour répondre à ma demande, conformément à l’article 12.3 du RGPD.

Faute de réponse de votre part dans ce délai imparti, je saisirai la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). En vous remerciant par avance de bien vouloir me tenir informée, je vous prie de croire, Madame, à l’expression de mes sentiments distingués. Eugénie – L’artenplus

  • Ce serait une fautre professionnelle que de vous lire

Vu le ton de vos messages, j’estime que c’est une faute professionnelle de passer du temps à les lire. Bonne journée

Anne ZAÏRE – Direction Culture Sport Jeunesse – Cheffe de service Culture .Besançon

  • Pas le temps

Mais justement dans ma fonction, je n’ai pas le temps de lire des mails aussi long et si peu constructifs.

Sophie-Espace Paserelle

  • Je suis mieux informée que vous !

Je pense que je suis mieux informée que vous sur l’art et sur le droit du travail. Vos messages comportent des erreurs d’appréciation et reflètent une méconnaissance de l’actualité de l’art et de sa structuration professionnelle actuelle. Vous agitez le vieux drapeaux de l’élitisme de la gauche caviar dont nos politiques culturelles seraient le fondement et d’un art subventionné qui serait un art officiel. Je passe ma vie à défaire ces préjugés. Notre système politique et social crée des inégalités insupportables, je partage cela avec vous, mais je n’adhère pas à votre approche qui met tout dos à dos et beaucoup de choses dans le même sac. Il me semble périlleux de chercher à discerner l’art « véritable » ou « l’amour véritable de l’art ». C’est une vision essentialiste qui ne correspond ni au temps présent ni à mes idées. Le biais idéologique de vos messages montre clairement votre opposition aux structures qui composent mon réseau professionnel (dans lequel je travaille dur et dans la précarité) et leur véhémence, depuis de nombreuses années, ne me laissent pas imaginer de terrain de discussion. C’est pourquoi je ne souhaite plus recevoir vos messages. Je vous écris en tant que directrice, comme ma signature de mail l’indique, donc je prends la responsabilité seule mais j’en réfère au président de l’association, en copie de ce mail.

Julie Portier- La Salle de Bains

  • Bonne continuation !

Bonjour Madame, La faute professionnelle vous incombe à ne pas respecter le règlement général sur la protection des données, en adressant votre message sans le consentement du destinataire. Bonne continuation.NABA-ENSBA-Paris

(Je précise que les adresses mail de ces fonctionnaires, sont publiques et figurent sur le site des structures qui les emploient… )

2 thoughts on “CERTAINS FONCTIONNAIRES DE L’ART REFUSENT DE RECEVOIR MES TEXTES”

  1. Moi ,j’aime bien vos commentaires et vous encourage à les partager .Je suis artiste graveur . Je trouve qu’il y a beaucoup de monstruosité dans votre collection . L’Art est le reflet de notre société. Et de notre époque . Pourtant par internet je vois souvent de très belles œuvres qui mériteraient de figurer dans votre panthéon . Merci , bonne Année et bonne chance

  2. Pédagogie dans les écoles d’art : archives en partage

    La question des écoles d’arts en France revient dans le débat public, et la réponse porte sur une éventuelle suppression ou bien sur une nécessaire transformation ?
    Les écoles d’arts sont majoritairement financées par l’État et les villes, le coût demeure élevé pour les collectivités et le retour sur investissement reste faible en termes d’emplois stables, avec une insertion professionnelle très aléatoire pour les nombreux élèves diplômés qui peinent à vivre de leur pratique artistique. Le modèle économique du champ artistique reste précaire et, plus ou moins, tributaire des relations et connaissances du milieu.

    Réformer plutôt que supprimer ?

    Faut-il supprimer les écoles des Beaux-Arts ? Sans aucun doute, si celles-ci refusent de se transformer en profondeur.
    La disparition des écoles des Beaux-Arts peut paraître choquante tant elles bénéficient d’un capital symbolique et historique. Pourtant, dans leur forme actuelle, elles posent un problème démocratique, économique et culturel majeur. Maintenir ces institutions sans remise en question radicale revient à financer, avec de l’argent public, un système largement déconnecté des réalités sociales.

    Tout d’abord, les écoles d’arts produisent une précarité structurelle. Elles forment chaque année des centaines d’étudiants à des carrières dont elles savent pertinemment qu’elles sont extrêmement limitées. La majorité des diplômés ne vivra jamais de son art, tout en ayant été encouragée à croire à une réussite fondée sur la vocation plutôt que sur la réalité économique. Cette situation pose un problème éthique : peut-on légitimement former à plein temps à des métiers sans débouchés réels ?
    Ensuite, malgré leur image progressiste, les Beaux-Arts fonctionnent comme des espaces de reproduction sociale et culturelle. Le langage théorique, les codes esthétiques et les réseaux valorisés favorisent ceux qui disposent déjà d’une certaine liberté culturelle et économique. Loin de démocratiser l’art, ces écoles contribuent souvent à renforcer une forme d’élitisme déguisé, où la reconnaissance dépend davantage de l’adhésion à des normes implicites que de la créativité elle-même.

    Par ailleurs, l’art qui y est promu est fréquemment coupé du public. En privilégiant des pratiques conceptuelles hermétiques, les Beaux-Arts participent à la rupture entre création contemporaine et société. L’argent public finance ainsi des œuvres et des discours qui ne s’adressent qu’à un cercle restreint de professionnels et d’institutions, alimentant la défiance envers l’art contemporain.
    Dans un contexte de contraintes budgétaires, la question de la priorité des dépenses publiques ne peut être évacuée. Faut-il continuer à investir massivement dans des formations dont l’impact social reste très faible, alors que l’éducation, la santé, la sécurité avec, plus récemment, l’idée de réarmement, manquent de moyens ? La culture ne peut se soustraire indéfiniment à l’exigence de responsabilité collective.
    Si les écoles d’arts demeurent incapables de se réformer en assumant une véritable transparence sur les débouchés, en s’ouvrant à des pratiques concrètes, socialement engagées, et en rompant avec leur entre-soi, leur suppression ne deviendrait plus improbable, mais sans doute politiquement incontournable. Défendre la création artistique ne signifie pas défendre toutes ses institutions sans esprit critique et envers et contre tous.

    Les écoles des Beaux-Arts en France : un modèle isolé ?

    Le débat sur l’avenir des écoles d’arts en France gagne à être éclairé en observant les modèles étrangers. On remarque que la France se distingue par un attachement à une formation artistique publique, gratuite ou peu coûteuse, mais également par une sérieuse difficulté à adapter ces formations aux réalités contemporaines.
    En France, les écoles des Beaux-Arts sont majoritairement publiques, financées par l’État et les collectivités territoriales. Leur mission repose sur la liberté artistique, l’expérimentation et la recherche plastique. L’insertion professionnelle n’est pas prise en compte, son aspect financier jamais évoqué, ce qui explique les critiques récurrentes sur la précarité des diplômés.

    Au Royaume-Uni et aux États-Unis, les écoles d’art sont souvent intégrées aux universités ou relèvent du secteur privé. Les frais d’inscription sont élevés, ce qui rend l’accès socialement plus sélectif. En contrepartie, ces formations mettent l’accent sur la professionnalisation, le développement de réseaux, la préparation au marché de l’art, du design ou de l’industrie connexe. Ce modèle favorise une insertion plus réaliste.
    En Allemagne, en Suisse ou dans les pays nordiques, les académies d’art sont également publiques, mais sélectives par le nombre d’étudiants limité, et l’accompagnement individualisé est renforcé. L’objectif est de ne pas former trop d’artistes tout en leur offrant de meilleures conditions de travail et de reconnaissance.
    Dans des pays comme la Corée du Sud ou le Japon, les écoles d’art sont souvent directement tournées vers l’industrie culturelle : design, animation, jeu vidéo. La création artistique est étroitement connectée aux débouchés économiques.

    La France maintient un modèle ambigu, dont les effets sociaux et économiques sont de plus en plus contestables. La formation, jugée déconnectée des réalités du quotidien et c’est de notoriété publique, manque de compétences pratiques et techniques et entretient un entre-soi jugé illusoire et préjudiciable.
    Dans les pays anglo-saxons, les écoles d’art fonctionnent selon une logique de marché. Le coût élevé des cours possède au moins le mérite de la clarté. Les institutions forment des professionnels destinés à intégrer des secteurs identifiés (marché de l’art, design, industries créatives). La France, à l’inverse, promet symboliquement une émancipation artistique sans fournir les moyens réels d’en vivre, transférant le risque de l’échec sur les individus plutôt que sur l’institution et ses nombreux fonctionnaires.
    Le modèle allemand et nord-européen, quant à lui, assume une certaine sélectivité. Peu d’étudiants sont admis, mais ils bénéficient généralement d’un accompagnement favorable à une insertion durable. Ce choix peut paraître élitiste, mais il limite la production massive de diplômés précaires. En France l’accès est plus large, mais la sortie se fait souvent dans l’isolement et l’instabilité.
    Les pays asiatiques, plus pragmatiques, conjuguent enseignements artistiques et industries culturelles, ils considèrent la création comme une compétence productive. Cette orientation réduit la liberté, mais elle garantit une utilité sociale identifiable. En France, au contraire, l’art enseigné demeure souvent déconnecté de toute demande économique, renforçant le sentiment d’un art subventionné pour lui-même.

    Les Beaux-Arts en France ne sont ni des centres de formation professionnelle, ni des laboratoires clairement assumés de recherche ou découverte artistique.
    Dès lors, deux options cohérentes se présentent.
    – Soit la France engage la refondation radicale de ses écoles d’art, déjà en réduisant leur nombre, ensuite en clarifiant leurs missions et en assumant des critères techniques et de savoir-faire exigeants.
    – Soit leur suppression progressive devient une hypothèse complétement légitime en ces temps de budget contraint.
    Continuer à financer un système qui produit structurellement de la précarité, tout en invoquant la liberté artistique comme justificatif moral, relève moins de la défense de la culture que d’un aveuglement institutionnel.

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