
Après 50 ans de règne, cet art qui s’était auto-qualifié de « contemporain » perd de sa superbe, de son arrogance de classe, de sa crédibilité et part en eau de boudin.
Les politiques en ont assez de dispenser l’art public pour des structures fortement idéologisées, qui ignorent 95% le la création véritable actuelle.
Vous trouverez ici le lien vers l’ouvrage collectif avec les textes de trente auteurs qui font le bilan de ces 50 ans de délire ravageur et en analysent les déraisons et les mécanismes :
L’ARTICLE DU JOURNAL DES ARTS
Arts visuels : un syndicat patronal en quête de représentativité
Créé en mars 2026, le Syndicat employeur des arts visuels lance sa première campagne d’adhésion pour peser dans les négociations collectives du secteur.
Il était en gestation depuis 3 ans. A la suite des réunions du « GT Syndicat », le groupe de travail constitué au sein du CIPAC (Fédération des professionnels de l’art contemporain) en vue de la création d’une organisation patronale pour les arts visuels en 2023, puis de l’adoption du projet à l’unanimité lors d’une assemblée générale de la fédération en octobre 2024, le Syndicat Employeur des Arts Visuels (SEDAV) a été déclaré officiellement en mars 2026. Le tempo accélère en cette mi-octobre : le syndicat lance sa première campagne d’adhésion à destination des structures employeuses du champ des arts visuels (centres d’art, Frac, galeries, lieux de résidence, associations gérées par des artistes, tiers lieux, agences de production, etc.).
« Nous avons 2 ans pour essayer de glaner l’adhésion d’un maximum de structures », précise Ludovic Julié, le président du SEDAV et secrétaire général du CIPAC. Le syndicat espère en effet faire reconnaître sa représentativité pour le cycle 2025-2028 de la mesure de l’audience syndicale réalisée par le ministère du Travail, et doit pour cela avoir 2 années d’existence effective au moment de l’évaluation. Le choix du calendrier ne reposerait donc sur aucun arrière-plan politique d’après Ludovic Julié.
La perspective d’une convention collective adaptée aux arts visuels
La création de l’organisation patronale vise prioritairement à construire un cadre conventionnel adapté aux spécificités des arts visuels afin d’ « améliorer les conditions de travail des salariés et uniformiser les statuts et politiques de ressources humaines du secteur », explique le président du syndicat. « Le dialogue paritaire étant impossible sans syndicat employeur, nous ne pouvions pas essayer de négocier de convention collective avant la création du SEDAV », précise-t-il. Le CIPAC, qui a pour vocation de fédérer des réseaux professionnels et non des structures employeuses, était dans l’incapacité d’assurer cette mission.
Comme le soutenait déjà le CIPAC dans une note d’intention en 2025, le syndicat n’a pas pour objectif de créer une nouvelle convention collective au vu du contexte politique défavorable (l’Etat tente de réduire le nombre de conventions depuis plusieurs années en procédant au rapprochement des branches). Il envisage plutôt de procéder au rattachement à une ou plusieurs conventions collectives existantes. « Nous n’avons pas encore identifié celles qui pourraient être les plus avantageuses car nous voulons mener cette réflexion avec nos membres », poursuit Ludovic Julié. Parmi les pistes qui seront certainement explorées figurent la Convention collective nationale pour les entreprises artistiques et culturelles (CCNEAC), qui est aujourd’hui la convention de référence des centres d’art labellisés et des Frac, et la Convention Collective Nationale Éclat, à laquelle adhèrent la plupart des petites associations du secteur et structures dédiées à la médiation culturelle.
Les galeries occupent une place un peu particulière dans ce paysage car elles disposent déjà d’un syndicat employeur, le Comité professionnel des Galeries d’Art (CPGA). « Elles relèvent pour le moment de la convention collective du commerce non alimentaire mais elles ne s’y reconnaissent pas du tout », commente le secrétaire général du CIPAC. Reste à savoir si ces structures seront au rendez-vous, sachant que l’adhésion au SEDAV ne les obligera pas nécessairement à choisir entre les conventions collectives. Pour Ludovic Julié, il n’existe en outre aucune concurrence entre les deux syndicats employeurs : « le CPGA a même participé à la création du SEDAV ».
Cette 1ère campagne d’adhésion revêt une importance capitale pour le SEDAV puisque le syndicat doit obligatoirement être représentatif pour pouvoir rejoindre les négociations d’une branche professionnelle existante afin d’y faire reconnaître les spécificités des métiers des arts visuels – or, pour être reconnu représentatif dans une branche professionnelle, le SEDAV devra notamment réunir des entreprises représentant au moins 8 % des adhérents aux organisations patronales candidates, ou employant au moins 8 % des salariés de ces entreprises. A noter que tant que le syndicat employeur n’aura pas choisi la convention à laquelle il souhaite que les structures soient rattachées, il ne sera pas possible de savoir précisément combien d’entreprises il devra fédérer pour pouvoir être représentatif.
Le SEDAV va lancer une campagne de communication prochainement pour tenter de convaincre un maximum de structures de rejoindre ses rangs. Le syndicat mise sur la nouvelle nomenclature de l’INSEE dédiée aux structures œuvrant spécifiquement dans ce secteur, et qui sera lancée au 1er janvier 2027, pour ajuster sa prospection. « Toutes les entreprises enregistrées avec le nouveau code NAF sont les adhérentes potentielles du SEDAV », explique Ludovic Julié.
Fermetures de lieux d’art contemporain :
un démantèlement silencieux du maillage culturel des territoires
Le communiqué de presse du CIPAC :
Fermetures de lieux d’art contemporain : un démantèlement silencieux du maillage culturel des territoires
De nombreuses structures dédiées à l’art contemporain sont aujourd’hui fragilisées, amputées ou tout simplement condamnées par des décisions politiques
Alors que la France revendique à l’international l’excellence de son modèle culturel et entend exporter son ingénierie culturelle, de nombreuses structures dédiées à l’art contemporain sont aujourd’hui fragilisées, amputées ou tout simplement condamnées par des décisions politiques, le plus souvent locales, prises sans concertation et sans considération pour leurs conséquences.
L’annonce de la fermeture forcée du Grand Café à Saint-Nazaire comme la menace qui pèse sur le site de Dunkerque de l’École Supérieure d’Art Dunkerque-Tourcoing viennent s’ajouter à une liste déjà préoccupante de situations qui témoignent d’un recul inquiétant des politiques publiques en faveur des arts visuels.
Ces décisions font écho à d’autres affaiblissements majeurs observés ces derniers mois : l’absence prolongée de direction au Musée d’art contemporain de la Haute-Vienne – Château de Rochechouart, le licenciement économique de la direction du centre d’art Le Carré à Château-Gontier, l’arrêt des activités de l’Espace multimédia Gantner, la fermeture du site nantais du FRAC Pays de Loire, ainsi que d’autres structures qui préfèrent aujourd’hui garder l’anonymat par crainte de représailles politiques ou institutionnelles.
Au-delà de chaque cas particulier, c’est une tendance de fond qui se dessine : celle d’un détricotage progressif du maillage territorial des arts visuels et du travail mené depuis des décennies par les professionnels au services des publics, des artistes et des territoires.
Cette évolution est particulièrement préoccupante car elle touche en priorité des territoires où l’accès aux arts visuels demeure essentiel. Fer de lance de la décentralisation, ces structures jouent un rôle irremplaçable dans la diffusion de la création, l’éducation artistique, l’accompagnement des artistes, la recherche, la transmission des savoirs et le développement de la vie culturelle locale, en lien direct avec les droits culturels.
Chaque fermeture représente une perte considérable. Snif ! Snif !
Une perte pour les habitantes et habitants, privés d’espaces de découverte, de réflexion et de débat.
Une perte pour les artistes, les commissaires, les chercheuses et chercheurs, les médiatrices et médiateurs qui trouvent dans ces lieux des espaces d’expérimentation de production et de dialogue.
Une perte enfin pour les femmes et les hommes qui y travaillent quotidiennement et dont l’engagement professionnel est brutalement remis en cause par des décisions souvent prises sans étude d’impact, ni vision à long terme.
Ces choix politiques ignorent également les investissements considérables qui ont été consentis pendant des années par l’État, les collectivités territoriales et l’ensemble des partenaires publics et privés. Ils effacent non seulement des financements importants, mais aussi un patrimoine immatériel précieux : des réseaux, des compétences, des savoir-faire, des relations avec les publics, une mémoire collective et une production intellectuelle qui constituent une richesse commune.
Cette richesse commune fonde une part essentielle de l’exception culturelle française et nourrit aujourd’hui l’ingénierie culturelle qui nous est enviée. Se séparer de cet héritage et le relayer au titre d’archives, c’est compromettre durablement les conditions mêmes de la création, de sa transmission et de son partage. Ces constats et conséquences délétères se ressentent dans tous les secteurs professionnels de la création contemporaine.
Nous appelons les responsables politiques, les collectivités territoriales et l’ensemble des pouvoirs publics à mesurer la gravité de ces décisions et à engager sans délai avec nous, Fédération des professionnels de l’art contemporain, une réflexion sur l’avenir du réseau des arts visuels en France. Aucune fermeture ne devrait être décidée sans étude d’impact, sans dialogue avec les équipes concernées, sans prise en compte des artistes, des publics et des territoires.
Il n’est plus possible de considérer de façon décomplexée la fermeture d’un lieu comme un simple changement administratif. Toute fermeture constitue un recul durable de l’accès à la culture, de la liberté de création, de l’ambition culturelle des territoires et des droits culturels.
Parce qu’un lieu fermé aujourd’hui est une génération de publics perdue demain, nous appelons à une prise de conscience des élus afin de préserver ce commun indispensable que constitue le réseau des lieux d’art contemporain en France. Le CIPAC restera solidaire des actrices et acteurs de la culture et soutiendra toute action en faveur du maintien du maillage culturel présent sur nos territoires.
Paris, 09 juin 2026
J’avis déjà publié cela sur le sujet :