
L’article paru dans le Jounal des Arts :
Le centre d’art va s’installer sur le port du Havre, devenir une régie municipale et se doter d’un nouveau nom.
Le Havre (Seine-Maritime). Nouveau nom, nouveau lieu, nouveau statut : le centre d’art contemporain Le Portique est à l’aube d’une profonde mutation. En septembre prochain, l’association fondée en 2007 quittera son bâtiment actuel, une ancienne école du quartier Danton mise à disposition par la Ville à titre gracieux depuis 2017, pour s’établir sur les quais du port maritime, à quelques centaines de mètres du Musée d’art moderne André Malraux (MuMa). Ce nouveau chapitre s’accompagne d’un changement de dénomination : Édouard Philippe, le maire du Havre, a en effet décidé que le futur lieu culturel de l’espace Graillot serait baptisé « Centre d’exposition Antoine-Rufenacht » en hommage à celui qui fut maire de la commune de 1995 à 2010.

Une surface d’exposition multipliée par trois
Le changement de nom du Portique s’explique par l’implication de la municipalité dans le projet de réimplantation du centre d’art au sein de l’ancien terminal maritime. « J’ai proposé à la Ville d’installer Le Portique dans ce bâtiment à l’occasion de l’appel à projets ‘’Réinventer Le Havre’’ en 2019 », indique Patrick Lebret, le directeur-fondateur du centre d’art. L’espace Graillot (1 600 m2) faisait partie de la dizaine de sites inoccupés ou sous-exploités que la municipalité veut ouvrir dans le cadre de ce projet de transformation urbaine. En 2020, Édouard Philippe, fraîchement élu maire du Havre, accepte la proposition de Patrick Lebret – la Ville engage 5,8 millions d’euros pour la réhabilitation et l’extension du terminal, confiées à l’architecte Heleen Hart de l’agence Hart Berteloot.
Le programme architectural s’étend sur quatre travées de part et d’autre d’un axe central pensé comme une rue intérieure. Le bâtiment réhabilité sera entièrement consacré aux activités du centre d’art : il comprendra trois salles d’exposition, des salles d’ateliers d’arts plastiques, une brasserie, une boutique et les bureaux de l’équipe. Le centre d’art, qui dispose pour l’heure de salles d’exposition d’une superficie totale de 200 m2, bénéficiera de trois espaces de monstration distincts disséminés sur trois niveaux : une salle de 90 m2 au rez-de-chaussée, consacrée aux petits formats, un grand espace modulable de 300 m2 à l’étage, au-dessus de la toiture actuelle, et une salle de 200 m2 qui se prolongera par une passerelle offrant un accès à une terrasse d’exposition en plein air.
Bien que le pilotage du centre d’exposition Antoine-Rufenacht ne soit pas assuré par l’association Le Portique – l’institution sera une régie municipale –, les quatre salariés actuels du centre d’art seront bien membres de la future équipe (deux d’entre eux, aujourd’hui à temps partiel, passeront à temps plein). L’équipe sera aussi renforcée par une dizaine d’agents d’accueil et de médiateurs.
À la question de savoir si la municipalisation entraînera un changement de cap pour le centre d’art, Patrick Lebret se veut catégorique : « Le futur centre d’art aura la même ligne artistique que celle que je programme depuis vingt ans. La Ville me laisse cette liberté. » L’établissement continuera à organiser trois expositions par an, pour la plupart monographiques, le tout avec un budget revu à la hausse. Rendez-vous à la mi-décembre pour découvrir l’exposition inaugurale du centre d’exposition Antoine Rufenacht, consacrée au sculpteur Jean-Marie Appriou.