QUEL AVENIR POUR LES CACIN ?

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Quel avenir pour les CACUN – Centres  d’Art d’Intérêt National – ( et aussi pour ceux qui sont de moindre  intérêt ?)

De moins en moins de public et de moins en moins d’argent public…Les FRAC, CAC, MAC, CRAC et autres GNIAC, s’inquiètent de  plus en plus pour leur avenir, et pour ce que vont devenir leur grand et menu personnel et leurs abondantes collections d’œuvres conceptualo-bidulaires à 95 %.

Des solutions de secours  avant naufrage sont déjà expérimentées pour les extraire de leur élitisme désuet et de leur entre-soi ravageur. Il s’agit d’ y insuffler un peu plus d’ouverture sur le monde extérieur , comme on peut le lire dans l’article du Journal des Arts : Adjoinde par exemple   au centre d’art contemporain,  une  école d’art, un  théâtre, un  cinéma d’essai, une  médiathèque, un  Café, de restaurant solidaire , une  librairie, un espaces de rencontre, un atelier de poésie,  des cours  bien-être, un institut de sophrologie,  de méditation transcendantale ou de massage plantaire, etc .

Voici un article de Jean-Christophe Castelain , directeur du Journal des Arts, revue d’art, qui ne contente donc pas de nous parler des grosses ventes à Sothebie’s ou du jeu des chaises musicales entre grands commis de l’appareil culturel d’Etat, mais qui peut parfois aborder des sujets  de fond…

https://www.lejournaldesarts.fr/actualites/quel-avenir-pour-les-centres-dart-1Il

 « Il n’est pas simple d’imaginer l’avenir des centres d’art tant cette appellation recouvre des réalités différentes.

Entre le Palais de Tokyo, la Collection Lambert, le CAPC à Bordeaux d’un côté et le CEEAC à Strasbourg ou Le Lait à Albi, les échelles, les moyens et les missions sont trop différents pour qu’un même diagnostic s’impose. À force de désigner par défaut tout ce qui n’est ni musée, ni Frac, ni centre culturel, la catégorie a perdu de son identité.

Le malheureux label « Centre d’art contemporain d’intérêt national » (Cacin) n’a pas vraiment dissipé ce flou. En voulant rassembler sous une même bannière des structures très diverses, il entretient la confusion. Un label n’a de sens que s’il correspond à une offre bien identifiable.

Dans le milieu de l’art, toutefois, le centre d’art conserve un sens plus précis. Il désigne un lieu sans collection, consacré à l’exposition d’artistes émergents, à l’expérimentation et, parfois, à la production d’œuvres. C’est cette définition, plus resserrée, que l’on retient ici. Mais c’est aussi ce modèle qui apparaît aujourd’hui le plus fragile. Dépendants quasi exclusivement des collectivités locales, ces lieux sans ressources propres peinent à justifier leur utilité auprès d’élus soumis à d’autres priorités.

Le BBB à Toulouse et le château d’Aubenas sont deux exemples récents. Leur positionnement est, en outre, contesté par les Frac, dont les moyens sont plus consistants. Eux aussi exposent de l’art ultra contemporain, produisent des œuvres et surpassent largement les centres d’art dans la mission de démocratisation culturelle.

Trois pistes d’évolution se dessinent :  

La première consiste à adosser davantage les centres d’art à d’autres institutions : école d’art, théâtre, cinéma, médiathèque. Une telle intégration permet de mutualiser les moyens, de croiser les publics et de sortir d’une singularité devenue vaine. C’est la voie dans laquelle se sont engagés plusieurs centres.

La seconde est d’assumer plus franchement une dimension de sociabilité. Café, restaurant, librairie, espaces de rencontre : faire du centre d’art un lieu de vie et de distraction ne contredit pas l’exigence artistique. C’est peut-être, au contraire, une condition de sa fréquentation.

La troisième, plus structurelle, serait de renouer avec le modèle des Kunstvereins allemands. Une communauté de membres, contribuant au financement du lieu et associée à sa gouvernance et à sa programmation, offrirait une assise plus stable et sortirait les centres d’art d’un élitisme désuet.
 » Jean-Christophe Castelain

Plus d’infos sur deux CACIN emblématiques autant que  problèmatiques :

Le CAC Passages à TRoyes

 La malédiction du  magasin des Horizons à Grenoble

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