
J’ai du mal à ne pas faire un parallèle, une corrélation ou un raccourci abusif , entre les ravages commis par la mondialisation sur la production agricole française et ceux commis sur la création artistique par sa contemporainisaton internationalisée.
Car ce que l’on pourrait appeler « agriculture contemporaine », formatée à l’international, délocalisée, déracinée, hors-sol, sans goût ni odeur, aseptisée, uniformisée,, déshumanisée, perfusée aux subventions, aux engrais chimiques et aux pesticides divers, soumise à des normes strictes, etc. , est, à mon avis, l’exact pendant de ce qu’on appelle « l’art contemporain » victime du même type de « progressisme » dévastateur, éradiqueur du sens et du contenu, nettoyeur des herbes folles de la de mal – pensance, dévoreur d’argent public, casseur du lien social, décerveleur ubuesque, destructeur du patrimoine…et j’en passe.
Sauf que, si les « jeunes paysans contemporain internationaux » sont très, très rares, les « les jeunes créateurs émergents sur la scène internationale » sont pléthore, bourrent les FRAC, le MAC el le GNIAC, et qu’on ne sait plus quoi en faire.
Sauf que si la production agricole mondialisée parvenait au même niveau de toxicité digestive que celle , cérébrale, de la création artistique mondialo-contemporainisée , c’est la survie de l’espèce humaine qui serait en danger.
Les « bouseux artistes » seront toujours aussi indispensabales que les « bouseux agriculteurs »…n’en déplaise à l’élite mondialisé.
Voici le texte que j’avais écrit l’an dernier sur le sujet :
Quand on me signale une exposition de « Jeune création internationale » en quelque FRAC, MAC ou galerie municipale subventionnée, je crains toujours le pire…et je ne suis jamais déçu. ( voir les images jointes)
Oeuvre de Jimmy Beauquesne, jeune créateur internationalautre « jeune créateur international »
Elle se distingue de la jeune création locale, municipale ou régionale, voire nationale, en ce qu’elle implique nécessairement cette dimension de contemporainité et/ou d’internationalité, que ne peuvent revendiquer les trois autres.
Ses caractéristiques sont maintenant assez rigoureusement définies par les experts, critiques, philosophes , chercheurs, scientifiques, professeurs et historiens d’art.
Outre que cette création est «jeune et belle », elle est aussi rebelle, casseuse de codes, exploratrice des interstices et des limites, questionneuse sociétale, porteuse d’un message de progrès, et conceptualo-bidulaire à souhait..
Les jeunes créateurs internationaux n’ont rien à voir avec les jeunes créateurs « locaux » ou enracinés quelque part, dans un lieu, dans une culture régionale ou nationale, ou dans les profondeurs d’un « soi-même ».
Il s’agit donc d’une catégorie à part et affranchie des règles et des critères en usage dans le domaine de la création « courante », profane ou familière.
Ces jeunes gens, sont pour la plupart récemment diplômés d’Ecoles des Beaux-Arts, avec félicitations d’un jury qui se félicite lui-même de son choix, et que les diplômés félicitent en retour , dans ce joyeux entre-soi congratulatif et dégénratif qui caraactérise les Ecoles des Beaux-Arts françaises.
Ces jeunes talibans décérébrés et picturalement analphabètes, sont dispersés dans l’hexagone après leur diplôme, passant d’une résidence à une autre, d’une expo en lieu subventionné à un autre…avant de rentrer dans la vie réelle par un emploi de caissier.ère de supermarché ou de livreur Deliveroo.
Je vous joins, pour info visuelle et pour que vous compreniez mieux de quoi il en retourne, quelques images des œuvres de la dizaine de « jeunes artistes internationaux, » sélectionnés par des curators ad hoc… eux aussi , jeunes, beaux, contemporains et internationaux….pour une exposition en région … mais à vocation internationale bien évidemment.