
Ce serait évidemment une folie que de vouloir demander à des gens qui n’existent pas , le pourquoi de leur inexistence.
Le Néant n’a , par nature, aucune conscience de sa vacuité consubstantielle.
Le Rient ne se pose pas de questions d’ordre ontologique.
Le débat sur ce non-sujet que j’ai ouvert par inadvertance et sans penser à la dimension colossalement métaphysique de son absurdité, s’est tout de même ouvert…
Il est donc, comme il se doit, plutôt hirsute et désordonné, voire désopilant…Mais c’est ce qui en fait sans doute le charme et l’intérêt (et peut-être l’utilité) …au-delà de la qualité intrinsèque des 9 débateurs.teuses qui sont : Nathalie Heinich, Yves Michaud, Marc Vérat, Marie Sallantin, Jean-Philippe Domecq, Jérome Serri, Aude De Keros, Pierre Lamalattie, et votre ci-devant serviteuse (autant d’intervenants. tes dont vous trouverez , pour chacun.e , tout à la fin, la présentation soigneusement rédigée par copilot.(équivalent de Chat GPT)
Notons que Nathalie Heinich, figure majeure et obturante de la non-sociologie de l’art en France, nous a fait l’honneur de bien vouloir y participer… et même de l’amorcer , sans que je lui aie rien demandé.
VOICI L’ENSEMBLE DU « DÉBAT » SUITE À MON TEXTE « Y A- T-IL UN SOCIOLOGUE DANS L’AVION ? »
Tout cela a commencé avec la publication sur facebook de mon texte sur les vitraux de Mlle Tabouret que vous retrouverez ici
Ce post a obtenu en une semaine 1100 likes, 140 000 vues, et un millier de commentaires rassemblé ici :
On y voyait la « variété » des opinions, leur caractère souvent inattendu, leur créativité époustouflante, leur imbécilité parfois toute autant ébouriffante
Je pensais que cet ensemble pouvait constituer un riche matériau étude et d’analyse pour les sociologues de l’art ,
Je publiais donc un appel aux sociologues de l’art pour se saisir de ce matériau.
Un appel un peu provocateur à leur égard, où j’écrivais que je savais que
leur espèce était quasiment éradiquée, après le passage dévastateur et l’omniprésence asphyxiante des Bourdieu, Heinich et autres Quemin. (J’en connais quelques-uns encore vivants, mais qui évitent de se manifester pour échapper à la cancélisation automatique, et ne pas perdre leur poste)
La première réaction fut donc celle de Nathalie Heinich, qui ouvrit magistralement le « débat ».
LE GRAND DÉBAT
Nathalie Heinich
Présentement les sociologues de l’art ne sont pas dans l’avion, mais devant leurs ordinateurs, en train de travailler.
Et comme ils sont sociologues et pas idéologues, ils savent qu’un échantillon ainsi constitué n’a aucune représentativité, et ne peut donc servir à documenter que les arguments des opposants à l’art contemporain, qui sont déjà assez bien connus – notamment grâce aux travaux « dévastateurs » et « asphyxiants » de la signataire de ces lignes.
Quoi qu’il en soit, s’emparer de ce corpus pour tenter de dégager, mettons, les nouvelles tendances en la matière nécessiterait de longues heures de travail, des outils et compétences informatiques dont ils ne disposent pas forcément, et si possible un assistant, qu’ils ne pourraient obtenir qu’en demandant un financement à un organisme académique ou ministériel – financement qu’ils ne seraient absolument pas certains d’obtenir et qui, de toute façon, n’interviendrait qu’après plusieurs mois.
Enfin, ils ont peut-être d’autres dossiers en cours et un emploi très chargé – pour ceux du moins qui continuent à travailler.
Les donneurs de leçons sociologiques feraient parfois mieux de s’abstenir s’ils veulent éviter de se ridiculiser.
Nathalie Heinich.
Marc Vérat
La frontière entre idéologue et sociologue n’est pas toujours nette, surtout dans les débats publics. Si promouvoir des idées ne peut pas être totalement neutre, la soi-disant objectivité desdits sociologues laisse également à désirer.
Par ailleurs, il est toujours commode et confortable d’être fonctionnaire d’un établissement public.
« Présentement les sociologues de l’art ne sont pas dans l’avion, mais devant leurs ordinateurs, en train de travailler », mais à quelle fin, dans quel but ? Se sont-ils déjà posés la question ?
« Les donneurs de leçons sociologiques feraient parfois mieux de s’abstenir s’ils veulent éviter de se ridiculiser », n’est-ce pas Madame Heinich !
Nathalie Heinich
Dans quel but travaillons-nous? Pour produire du savoir.
Et si ça ne vous suffit pas, je ne peux rien pour vous…
Nicole Esterolle
NH ne peut pas grand chose en effet…Elle produit du « savoir », c’est une « savante », une « scientifique » sans poésie, sans états d’âme, axiologiquement « neutre », artistiquement neutre, elle n’a pas à aimer. (elle est fan d’ l’art asiatique me dit-on…comme Catherine Millet est accroc à l’art africain )
Bourdieu n’avait pas non plus de sensibilité particulière pour l’art. Il aimait au moins intellectuellement Hans Haacke. Quemin, lui, sociologie bodybuilé est un fan de la body artiste Orlan…
Rappelons que le jeune Bourdieu fut le sécrétaire du très droitier Raymond Aron…
Marie Sallantin
Il semble plus difficile en 2026 de convenir que ce savoir, celui de l’étude de l’art contemporain, nous suffirait. Et d’ailleurs à quel titre ?
En effet une période triomphante comme celle d’une mondialisation heureuse se referme sur une impasse voire un échec de plus en plus visible .
Et donc si l’Art contemporain « suffisait » dans les années 80, années de divertissement et provocations tous azimuts, la question qui se pose aujourd’hui est celle de l’Art comme discipline majeure ( car propre à l’Humanité ) avec ses limites et contours propres, ses savoirs et ses manifestations universelles de civilisations qui toujours interpellent? Cette question est tournée vers l’avenir tandis que l’art contemporain en bout de course est dépassé car il ne répond plus aux attentes.
Et si cette attente qui vient comme une vague ne suffit pas à certains, j’ai envie de dire moi aussi que je ne peux rien pour vous.
Pierre Lamalattie
La recherche de neutralité « axiologique » est toujours difficile et mal assurée dans les sciences humaines. Cependant, c’est une bonne chose de la rechercher et je crois que c’est ce que Nathalie Heinich s’est sincèrement efforcée de faire. Elle n’a évidemment pas besoin que je prenne sa défense, mais qu’il me soit permis de dire que je lui suis reconnaissant d’avoir produit un ensemble d’ouvrages qui nourrissent ma (notre ?) réflexion.
Je pense aussi que son engagement pour défendre à l’université le travail scientifique contre les empiétements décomplexés du militantisme est utile et courageux.
Ceci n’empêche nullement de critiquer ses thèses. Au contraire ! La recherche scientifique est le contraire de l’argument d’autorité. Toutefois, il faut bien distinguer critique scientifique (sur les méthodes mises en œuvre) et critique sur le plan des opinions et des engagements artistiques.
Marc Vérat
En somme, après l’art sans art, le savoir sans savoir.
Après 50 ans, la boucle semble ainsi bouclée pour l’art contemporain mais aussi pour la sociologie de l’art contemporain.
Yves Michaud
Il n’y a aucun « savoir » sur le prétendu « art contemporain » – encore moins celui des prétendus sociologues. Heinich travaille sur son ordinateur sans rien regarder et Quemin arpente les cocktails sans rien regarder non plus.
1) toute réflexion dépend du corpus sur lequel on réfléchit et personne n’est d’accord sur le corpus.
2) Chacun voit l’heure à son clocher.
3) D’autant plus que 90% de ce qui se passe dans l’art contemporain est caché (ventes et spéculation obligent). Les merdes de Pinault sont esthétiquement des merdes mais ce sont en réalité des paris boursiers avec délits d’initiés et de ce point de vue, c’est réussi. Tabouret, c’est nul mais Tabouret ça se vend. (C’était pareil pour Meissonnier ou Carolus Duran – je préfère pour ma part Carolus et Cabanel à Meissonnier qui était vraiment nul).
Donc vous ne pouvez qu’exprimer vos passions et intérêts.
Nathalie Heinich
Je reconnais là la magnanimité bien connue de notre cher Yves Michaud, qui s’entête à ne pas entendre ce que je lui ai déjà expliqué sur mon corpus (je ne l’ai pas « choisi »: je me suis contentée d’analyser ce qui est qualifié d' »art contemporain »), et qui continue à croire que je travaille sur les oeuvres alors que mon objet est le rapport à l’art et le fonctionnement du monde de l’art – ce pourquoi, oui, mes données sont pour l’essentiel dans mon ordinateur. Sociologie oblige… Mais ceux que la sociologie n’intéresse pas ne sont pas obligés d’en lire, n’est-ce pas? A moins que ce soit pour le plaisir de médire – hypothèse qui n’est pas à exclure, hélas…
N.H.
Marc Vérat
« Heinich travaille sur son ordinateur sans rien regarder », et la sociologue se couche tard pour tanter de vaines explications concernant « le rapport à l’art et le fonctionnement du monde de l’art ».
« Les merdes de Pinault sont esthétiquement des merdes mais ce sont en réalité des paris boursiers » – Effectivement, et certains ont bien trop d’argent.
« Tabouret, c’est nul mais Tabouret ça se vend. C’était pareil pour Meissonnier ou Carolus Duran » – Mais ces derniers possédaient au moins une incontestable technique et figurent aujourd’hui de nouveau sur les cimaises à la place qu’ils méritent, entre impressionnistes et symbolistes. Qu’en sera-t-il demain pour la jeune Tabouret ? ou les merdes de Pinault ?
M.V.
Marie Sallantin
C’est rigolo la naissance de Vénus de Cabanel.
Cabanel 1863 et on comprend que les modernes aient détesté !
Nathalie Heinich
Vous semblez ignorer que dans les années 1990 j’ai mené une enquête sur la relation à l’art contemporain aux Etats-Unis, dont j’ai tiré notamment un petit livre chez Hermann, Guerres culturelles et art contemporain. Une comparaison franco-américaine. Et dans mon Paradigme je consacre un chapitre à l’internationalisation de l’AC. Mais, comme on dit, quand on ne sait pas ce qu’on ne sait pas, on ne sait pas qu’on ne le sait pas… (d’où l’intérêt, parfois, de se taire plutôt que de se laisser aller aux médisances – mais tout le monde n’est pas Wittgenstein, n’est-ce pas…).
.
Yves Michaud
Désolé, chère Nathalie Heinich, mais même sur ce que vous considérez comme un corpus défini, il n’y a aucun consensus. Que faites-vous des situations nationales? Et de l’impérialisme américain? Votre corpus est franco-français et qui plus est « l’art contemporain » français n’a quasiment aucune existence internationale ni en termes ni de marché ni de reconnaissance intellectuelle ou esthétique. De ce point de vue Quemin est plus malin: il sait très bien que l’art contemporain français n’existe que dans les cocktails documentés par Saywho. Il a, si je ne m’abuse, lancé sa brillante carrière en disant ce que je viens d’écrire (je le sais d’autant mieux que j’ai publié son « rapport disparu ») et en a tiré les conséquences. A nous Ruinart puisque l’art contemporain français est ruiné…
à propos des tulipes, j’ai écrit un livre paru le jour du confinement 2020 sur l’opération Tulipes de Koons: « Ceci n’est pas une tulipe, Art, luxe et enlaidissement des villes » chez Fayard avant Bolloré (je le signale à l’adresse des débiles qui rédigent les notices wikipedia et m’accuseraient d’être de droite). En dépit d’un silence normal, il s’est plutôt bien vendu. C’est une enquête sur la manière de faire remonter une cote chancelante, de promouvoir l’immobilier de luxe sous l’empire du socialisme de cocktails et d’enlaidir une ville pas assez enlaidie par la politique Hidalgo-Grégoire-Girard.
Jérôme Serri
« Savoir tout ce qu’il y a à savoir, et en dépit de ce savoir encyclopédique ne rien savoir, voilà bien la dérision de la méconnaissance ! »– Jankélévitch
« L’érudition consiste surtout à connaître une foule de choses inutiles, c’est à dire de choses qui en soi n’ont ni valeur, ni intérêt, si ce n’est d’en avoir connaissance.« Hegel
« Il est difficile, en art, de dire quelque chose d’aussi bon que…ne rien dire.«
Wittgenstein
» Le seul moyen de comprendre quelque chose à la peinture, et il est bien simple, c’est d’en regarder beaucoup de bonne.« – Sachs
Jean-Philippe Domecq
Depuis le début des interrogations sur ce que j’avais labellisé, pour plus de clarté conceptuelle et périodique, « l’art du Contemporain », l’analyse sociologique doit aussi, et surtout, faire ressortir le rapport entre les oeuvres mises en avant par les professionnels et le système d’interprétations qui a mis en avant pareilles oeuvres. Car la spécificité historique de cette période close aura été: comment de telles intelligences ont-elles pu se satisfaire d’euvres qui auront été aussi simplistes (que Koons, Buren, Toroni, i tutti). Il ne s’agit donc et certes pas de demander à la sociologie des jugements esthétiques, mais qu’elle analyse le va-et-vient entre les commentaires et les oeuvres: pourquoi une telle surévaluation? Les attitudes et les oeuvres, donc. Le reste (le fonctionnement, la reconduction, les transactions) ne fait qu’en découler, l’essentiel n’était pas là.
Aude de Kerros J’ai lu avec beaucoup d’intérêt toute cette disputatio qui donne un paysage des questions que l’on se pose encore sur l’Art contemporain en 2026.
Ce terme qui a été l’arme la plus efficace de la guerre froide culturelle puis hégémonique, a semé la confusion en cachant sous le qualificatif de « contemporain », l’unique courant conceptuel, qui est ainsi devenue avant garde unique et perpétuelle.
Ainsi a été imposée une définition de l’art, exactement inverse de celle du sens commun. Cela n’aurait pas été possible sans son instrumentalisation institutionnelle, politique, médiatique puis financière.
L’imposition de cette définition et d’un art sans public, n’a pas éyé une évolution naturelle, une mode, un conformisme. Il a concerné les élites, les intellectuels, les artistes qui ont été la cible de cette stratégie de confusion cognitive. Les « masses » ne sont pas visées, ni concernées.
Chacun dans sa spécialité a réagi différemment à ce changement de contenu du mot « art »:
-Les journalistes ont vu l’aspect politique et accusé tous ceux qui ne pliaient pas le genou de « fascistes », ce qui a terrifié les artistes et intellectuels
-Les économistes, quand l’AC est devenu financier, se sont intéressés aux cotes et mécanismes spéculatifs.
-Les théologiens apophatiques y ont trouvé avec joie une manifestation de l’art sacré.
-Les philosophes ont fourni avec la French théory une théorie à l’AC et discours indispensables aux artistes pour forger des concepts dits « pertinents’.
-Les sociologues ont fourni par ailleurs le discours « scientifique » le plus proche du Duchampisme possible : Duchamp disait – l’art c’est ce que l’artiste dit être de l’art’. En 1963, à New York, Arthur Danto, plus réaliste, complète la définition : ‘est de l’art ce que la société ( il précise, le milieu de l’art institutionnel, médiatique, commercial, etc,) dit être de l’art’. Le discours de Bourdieu a aussi beaucoup contribué de fournir le corpus d’idées, en le politisant.
Les artistes contemporains ont utilisé toute cette matière en la simplifiant pour créer leurs concepts, qui sont, ne l’oublions pas, l’œuvre elle même.
Nathalie Heinich a combattu Bourdieu, en s’attachant à une démarche rigoureuse. Il faut aussi la saluer pour ce petit livre qu’elle a écrit, le seul publié en France qui relate l’histoire et le processus des Cultural Wars en Amérique entre 1989 et 1997. ( Guerres culturelles et Art Contemporain une comparaison franco américaine – Hermann, 2010 ) Entre ces deux dates aucun article n’est paru dans les médias français sur ces faits très spectaculaires ( excepté, un, dans une revue savante confidentielle)
Un jour ou l’autre il faudra qu’un historien fasse le récit de la guerre civile culturelle que nous avons connu en France : une guerre culturelle civile doublée d’une guerre internationale. Il faudra plus de temps qu’en Amérique pour avoir accès aux archives de l’administration : 50 ans contre 10 en Amérique !
Merci chère Nicole de susciter ces disputatios mais aussi de les documenter et partager. Elles seront importantes pour les historiens qui verront la réelle diversité de la façon dont cela a été vécu et compris par ceux qui ont participé à cette histoire.
Yves Michaud
je ne souhaite pas poursuivre le débat car le sujet est trop complexe pour être abordé dans ces échanges.
Se mêlent en effet au moins quatre problématiques:
1) qu’est-ce que l’art contemporain? Question elle-même complexe recevant des réponses très différentes en fonction des aires culturelles et des pays
2) quel est l’impact spécifiquement français de l’étatisation et de la bureaucratisation de la culture et pas seulement depuis 1981?
3) quel rôle joue en France le milieu médiatico-étatico-mondain dans la confusion des idées et des goûts? (aller voir sur Saywho ce petit monde qui doit compter au plus 100 personnes)
3) quelles sont la place et la signification des arts visuels dans la culture de loisir, de consommation et de divertissement depuis les années 1970-80? Je vois rarement évoqué le livre de Postman, Enjoying ourselves to Death (se distraire à en mourir) qui est pourtant un bon point de départ, bien plus intéressant que McLuhan.
Ce ne sont pas des échanges rapides qui permettent d’y voir plus clair.
Salut cordial.
Jérome Serri
J’ai posé et reposé quelques questions et notamment une question fondamentale. La prendre simplement en compte serait-il une menace pour ceux qui ne se la sont jamais posée ?
Marie Sallantin
Il n’est pas surprenant que nos attentes diffèrent et rendent difficile voire impossible un débat entre nous. Permettez que je revienne sur la pointe des pieds.
Etant peintre et non sociologue , m’intéresse surtout » notre rapport à l’art » qui effectivement a changé considérablement avec les modernes. « Notre art n’est pas seulement celui de notre temps », Jérôme Serri insiste sur ce point – et je l’en remercie – car cette singularité nous permet d’aborder l’art contemporain comme tout le contraire . Malgré ses prétentions d’ouverture , il est fermé sur notre temps . C’est lui que est poussiéreux, étriqué et non l’art des peintres. Sans filiations l’art contemporain programme sa propre mort . En s’effaçant , un espace s’ouvrira à l’imprévu, aussi se précipite-t-il dans les musées où il n’a pas sa place pour retarder l’heure de son éviction .
Voici la citation de Jérôme SERRI« … c’est fondamental, notre civilisation est la première à réunir sous le même terme « art » les créations de toutes les civilisations précédentes et à les admirer (les aimer) à côté de celles par exemple d’un Van Gogh, d’un Braque ou d’un Picasso. Autrement dit, et c’est un point capital, notre art n’est pas seulement celui de notre temps.
Est-ce qu’invisibiliser une question fondamentale relative à ce dont on parle est une bonne façon de critiquer l’invisibilisation de très bons artistes que l’on reproche au Ministère ?
Ne pas prendre en compte cette singularité (ce mystère) de notre civilisation dite moderne, c’est s’empêcher d’aborder sérieusement la question de l’art ou ce qui est même chose, celle de la création (à surtout ne pas confondre avec la production ou la créativité). »
Jérôme Serri :
J’ai posé et reposé quelques questions et notamment une question fondamentale. La prendre simplement en compte serait-il une menace pour ceux qui ne se la sont jamais posée ?
Est-ce qu’invisibiliser une question fondamentale relative à ce dont on parle est une bonne façon de critiquer l’invisibilisation de très bons artistes que l’on reproche au Ministère ?
Je la remets à tout hasard en discussion :
Invisibiliser : On peut effectivement le reprocher au Ministère et à son armée de fonctionnaires, mais reste à définir ce que peuvent être de très bons artistes ? On peut toujours prendre la question en compte sans en tenir compte !
Jean-Philippe Domecq
Chère Nathalie
J’avais évidemment lu chacun de tes ouvrages, qui ont toujours été inclus dans les miens, dont tu n’as jamais inclus sérieusement les propositions d’analyses. Ce fut un choix constant pendant trente ans, autrement dit une « opinion ».
Ceci juste pour confirmer ma distance par rapport aux débats tronqués.
Bon travail, et mes amitiés,
Nathalie Heinich
Cher Jean-Philippe, Merci pour ce rappel. Je me permets de rappeler à mon tour que j’ai analysé les discours des spécialistes de l’art contemporain il y a bientôt trente ans dans un chapitre du Triple jeu de l’art contemporain, en mettant notamment en évidence les trois formes d' »herméneutique », positive, critique, et interrogative. Et j’ai explicité plus généralement le rôle fondamental des discours dans le monde de l’AC dans Le Paradigme de l’art contemporain, paru il y a une douzaine d’années. J’invite donc les amateurs de « débats » à commencer par se documenter avant d’exprimer leurs passionnantes opinions. Amitiés à toi,
Jean-Philippe Domecq
Votre sens du dialogue, Jérôme Serri, a toujours été productif et je ne l’ai jamais refusé. De même Nicole Esterolle a eu le mérite de relancer la discussion sur les apories volontaires dans la sociologie de l’art. Yves Michaud par ses ouvrages récents – scandaleusement passés sous silence – n’a pas cessé de poser les problèmes en pleine connaissance de cause, et ses interventions comme ses ouvrages sont une constante ouverture internationale sur les recherches en ce domaine.
Mais j’ai cessé de participer à la présente discussion lorsqu’on a trouvé « pas clair » mon refus de l’amalgame politique hors-sujet d’un mail qui mélangeait toutes les poitiques (sauf le… mélenchon à la rigueur). Je vous simplement écrivais ceci pour qu’on ne s’égare pas dans la rdicalité années 30 : « absolument pas d’accord avec cet apolitisme, d’une immaturité frappante par les temps actuels. Sans compter que le débat n’est pas là. » Il ne s’agissait pas là d’engagement politique, mais de garder la capacité du discernement. On m’a pourtant demandé: m_verat@live.fr > « immaturité frappante par les temps actuels » de qui ? Des politiques ? »
– j’ai répondu : « Mes mots sont clairs: désaccord total avec le fourre-tout amalgamant toutes les politiques. C’est d’une immaturité consternante. »
– à quoi il fut répondu: « Pas si clair que ça ! « absolument pas d’accord avec cet apolitisme, d’une immaturité frappante par les temps actuels », ? A chacun sa part de naïveté, à chacun sa part d’illusion, sans parler « d’une immaturité frappante par les temps actuels », sans aucun doute au sujet de nos soi-disant représentants.
On comprend qu’il y a de quoi arrêter là. On ne peut dire que l’échange fut refusé, mais plutôt que celui-ci est vain.
Maintenant, concernant le débat lancé par Nicole Esterolle, je vous ai répondu, résumant ce qui est détaillé dans mes livres et ce n’est pas ma faute si on n’en tient pas compte y compris chez certaines et certains participant à la discussion: voici ce que je vous synthétisais là-dessus et sur la précision à préférer: « Art du Contemporain », pour sortir du fourre-tout « Art contemporain », dans le mail du 7 janvier: « Depuis le début des interrogations sur ce que j’avais labellisé, pour plus de clarté conceptuelle et périodique, « l’art du Contemporain », l’analyse sociologique doit aussi, et surtout, faire ressortir le rapport entre les oeuvres mises en avant par les professionnels et le système d’interprétations qui a mis en avant pareilles oeuvres. Car la spécificité historique de cette période close aura été: comment de telles intelligences ont-elles pu se satisfaire d’euvres qui auront été aussi simplistes (que Koons, Buren, Toroni, i tutti). Il ne s’agit donc et certes pas de demander à la sociologie des jugements esthétiques, mais qu’elle analyse le va-et-vient entre les commentaires et les oeuvres: pourquoi une telle surévaluation? Les attitudes et les oeuvres, donc. Le reste (le fonctionnement, la reconduction, les transactions) ne fait qu’en découler, l’essentiel n’était pas là. «
Depuis toujours j’ai écrit que la sociologie de l’Art du Contemporain n’aurait jamais dû éviter le sujet central des attitudes intellectuelles sans lesquelles n’auraient pas été mises en avant les oeuvres les plus schématiques de l’histoire de l’art et qui marquent une rétroaction historique de l’intelligence. La régression de l’intelligence existe en politique, pourquoi pas ailleurs? L’oppression culturelle cela existe et la sociologie avait tout à voir là-dedans, sans se mêler d’esthétique en effet. Il y a tout à fait moyen d’être « axiologique » sur les niveaux de pensée. « On repère communément la bêtise à ce qu’elle tient des propos simplistes sur des sujets complexes; on oublie qu’à l’inverse elle peut à consister à tenir des propos sophisitiqués sur des objets simplistes. » (préface à Comédie de la critique). Il est vrai que cela impliquerait quelques risques de « penser nouveaux », alors que le temps des « Provinciales » qui passionnaient pourtant l’opinon est loin sans l’être. Le débat de Pascal sur la grâce efficace et/ou/ni suffisante avec pouvoir « prochain » ou sans, n’est pas si loin du pinaillage extrêmement sophistiqué qu’il a fallu de la part d’auteurs incontestablement connaisseurs, pour imposer que Koons c’était efficace et suffisant et que Buren devait être beaucoup mieux compris et n’était pas plus répétitif que Soulages disant modestement sans que personne ne pouffe, qu' »avant chacune de ses oeuvres il ne sait pas où il va ».
Quant à incriminer les politiques dans les choix artistiques en art, c’est leur demander d’intervenir et on sait ce que cela donne historiquement.
En tout respect de la discussion ouverte donc, à condition qu’on ne refuse pas de comprendre. Se taire c’est admettre le refus de comprendre.
Bien à tous, Jean-Philippe Domecq
Nathalie Heinich
Cher Jean-Philippe, Je te redis ce que j’ai souvent tenté d’expliquer: tes analyses relèvent d’une posture critique qui est l’objet de mon travail (« les rejets de l’art contemporain ») mais ne peut pas être son aliment, puisque la spécificité de mon approche est précisément d’analyser sans prendre parti. Et je m’intéresse prioritairement aux réactions de sens commun, alors que tes analyses critiques relèvent du monde savant. Double raison donc pour ne pas m’y intéresser – et désolée si cela te froisse, mais cela n’enlève rien à ma grande estime pour ton intelligence et pour ton courage (courage dont, soit dit en passant, beaucoup me créditent pour continuer à résister aux récurrentes injonctions culpabilisantes à « prendre position »). Amitiés,
Jérome Serri 15 01 13 h
Un serviteur voulant un jour épater son roi, l’emmena voir un pauvre bougre qui s’était entraîné durant des années à faire entrer, en les lançant à bonne distance, des grains de blé dans une boite, et ce par un petit trou de la taille d’un grain.
Pour le féliciter, le roi lui fit porter par son serviteur… un sac de blé.
Avec cette visite d’une déchetterie, Marc Vérat à voulu, si je comprends bien, porter à l’infatigable sociologue de l’art contemporain… un « sac de blé ».
Marc Verat
Les pneus de Lèvèque : Un non-sujet sociologique…Sauf pour Jérôme Serri
Comment en est-on arrivé à exposer deux pneus de tracteur dorés à l’Opéra Garnier?
Jérôme Serri 16 01 13 h
Il se passe des choses étranges dans les coulisses de la Macronie
« Un non-sujet sociologique… Sauf pour Jérôme Serri ». Pourquoi cette manière ambiguë de présenter mon article? J’y demandais la création une commission d’enquête sur le circuit de la décision et sur l’ensemble des acteurs, pour ou contre, qui furent présents à chaque étape. Que vient faire ici la sociologie ? Et pourquoi parler des coulisses de la macronie quand il s’agit des coulisses d’une scène plus large et plus ancienne. C’est bien tendancieux !
Par ailleurs, j’avais envoyé un florilège de citations d’André Malraux, notamment sur les principes d’une politique culturelle, pour annoncer que l’année 2026 était celle du 50ème anniversaire de sa mort. Pourquoi les avoir laissées de côté ?
D’autre part, il n’est pas inutile de savoir que délégué adjoint, puis délégué général du Frac Ile de France dès sa mise en place en 1982, je fus le seul responsable de Frac à demander et à obtenir quelques années plus tard que le Président de Région IdF refuse les crédits de l’Etat. « Moins d’argent, plus de liberté », fut mon slogan auprès des élus. Position au demeurant soutenue par Nicole Bricq, présidente PS de la commission culture.
Enfin, pourquoi lit-on sous la plume de Nicole Esterolle ceci : « Rappelons que le jeune Bourdieu fut le sécrétaire du très droitier Raymond Aron… » Cette façon de disqualifier une pensée par l’étiquette politique est insupportable. Cela a joué un sale tour à Didi-Huberman qui, bien que spécialiste de l’image, a confondu, dans une célèbre photo, le Robert Poujade, député gaulliste de la Côte d’Or et futur maire de Dijon, avec le Pierre Poujade, syndicaliste fondateur du poujadisme. Entraîné par cet indéracinable a priori de militant que la vérité a nécessairement une étiquette, et que cette étiquette est tout aussi nécessairement de gauche, il ne put se retenir de commencer par discréditer celui dont il s’efforçait ensuite d’invalider la réflexion. Ces réflexes sont lassants !
Jean-Philippe Domecq 16 01 15 hLà en effet, pour le cas Claude Lévêque, la sociologie aurait eu un travail critique à faire; en vain on avait pointé l’aberration de la promotion d’un tel artiste, avant même qu’on sache qu’il était personnellement tordu. Or, Macron, grand tordu s’il en est, qui a infusé sa perversité d' »en même temps » à la politique (qu’il avait déclaré détester en général dès 2016), a largement commandité Lévêque pour tel salon de l’Elysée. La congruence Macron/Lévêque est parfaite, significative. Jérôme Serri a totalement raison d’en faire l’analyse critique, scientifiquement fondée.
Autre sujet: le choix indigent de Tabouret pour les vitraux de Notre Dame: l’artiste contemporain majeur et qui oeuvre sur verre, Antoine Leperlier, aurait élevé et renouvelé le regard en ce lieu. Il est bien connu des collectionneurs et régulièrement exposé par la galerie Capazza, mais le labyrinthe d’intrigues pour être sélectionné a de quoi décourager tout artiste non-arriviste. J’invite à voir ses oeuvres. Là encore, les processus de sélection étaient à pointer par une sociologie pas si policée.
Natahal Heinich 16 01 15 25
Désolée, cher Jean-Philippe, mais au cas où tu ne l’aurais pas remarqué j’ai arrêté de travailler sur l’art contemporain depuis une dizaine d’années, pour me consacrer à mes recherches sur les valeurs. Et donc, qu’on ne vienne pas me reprocher de ne pas sauter sur toutes les affaires qui se présentent, et qui sont nombreuses: je ne passe pas ma vie de chercheur à exploiter le même filon, comme le font certains. J’ai d’autres centres d’intérêt que l’art contemporain.
Le patrimoine, par exemple: d’un point de vue politique (et non pas sociologique, ne mélangeons pas tout) le vrai problème dans l’affaire des vitraux n’est pas tant le choix de l’artiste que la décision même d’aller à l’encontre de la charte de Venise en déposant les vitraux de Viollet-le-Duc, à l’encontre de toutes les règles patrimoniales et de l’avis de la commission supérieure des MH.
Et pour ceux que la sociologie intéresse vraiment (mais ce n’est bien sûr pas une obligation), j’ai analysé les conflits de valeur autour de la restauration de Notre-Dame dans Notre-Dame des valeurs (PUF 2024). Certains, dont la bienveillance et la magnanimité ne sont plus à démontrer, vont encore m’accuser de me faire de la publicité, mais j’essaie simplement de signaler aux vrais curieux des lectures qui devraient les intéresser – au cas où il y ait encore sur cette liste des curieux et pas seulement des peaux de vache…
Yves Michaud
Je ne voulais plus intervenir mais les considérations sur Lévêque me choquent.
Jeune (début des années 1990), Lévêque a été un artiste subtil et poétique. Il a par la suite beaucoup baissé pour diverses raisons allant de ses besoins d’argent (le sexe coûte cher) à ses addictions et pire encore au soutien des apparatchiks de la culture. Pour ce qui est de ses pneus, il faudrait aussi se poser des questions assez sordides sur le conseiller culture de monsieur et madame Macron qui a promu ce truc, le nommé Belaval, qui a subitement disparu des radars il y a un ou deux ans, sur lequel il y aurait pas mal à dire et pour des raisons qui m’intriguent…………..(beaucoup de points de suspension mais pas d’interrogation).
Lévêque est loin d’être le seul à avoir été meilleur au début qu’à la maturité et on peut se poser la question du rôle que joue dans ce déclin le soutien de l’appareil culturo-mondain… Ce me semble un phénomène typiquement français que ce développement à l’envers…
Enfin les arguments moralo-esthétiques me dégoûtent aussi bien dans le sens de la condamnation (affreux pédophile!) que dans celui de l’éloge (vertueux racisé!)
Nathalie Heinich 17 01 17h27
A l’attention de Nicole Esterolle,
Je me permets de vous signaler que la diffusion sur un site en ligne d’une correspondance privée sans autorisation des auteurs est illégale. Or le fil de discussion que vous avez initié pour douze destinataires, dont vous-même, relève bien de la correspondance privée et non pas d’un réseau social.
Il semble que votre recherche obsessionnelle de publicité vous fasse perdre les repères basiques de respect des personnes et des règles de droit.
Je n’en ferai pas une affaire judiciaire – l’enjeu n’en vaut pas la peine – mais je vous demande de mettre en ligne également la présente remarque. Cela ne devrait d’ailleurs pas vous contrarier puisque pour vous une critique vaut toujours mieux que le silence, n’est-ce pas? Bien à vous,
Nicole Esterolle
J’insére volontiers votre « sigfnalement », car il est apport savoureux et non négligeable pour l’enrich-issemnt de notre débat
Yves Michaud
Et en plus la dame est procédurière. Notre connaissance s’enrichit tous les jours.
Marc Verat 17 01 26 18H03
Ainsi qu’il est dit à l’article 1er de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication, la communication au public par voie électronique est libre.
L’exercice de cette liberté ne peut être limité que dans la mesure requise, d’une part, par le respect de la dignité de la personne humaine, de la liberté et de la propriété d’autrui, du caractère plurialiste de l’expression des courants de pensée et d’opinion et, d’autre part, par la sauvegarde de l’ordre public, par les besoins de la défense nationale, par les exigences de service public, par les contraintes techniques inhérentes aux moyens de communication, ainsi que par la nécessité, pour les services audiovisuels, de développer la production audiovisuelle.
On entend par communication au public par voie électronique toute mise à disposition du public ou de catégories de public, par un procédé de communication électronique, de signes, de signaux, d’écrits, d’images, de sons ou de messages de toute nature qui n’ont pas le caractère d’une correspondance privée.
La jurisprudence précise qu’une correspondance cesse d’être privée lorsqu’elle est envoyée « dans des conditions exclusives de tout caractère confidentiel ». Autrement dit : si l’envoi rend le message accessible à un public indéterminé, ou si le nombre de destinataires est tel qu’il n’existe plus de véritable confidentialité.
Pour ma part j’ajouterai : la dame en plus d’être procédurière, et pour elle c’est pas gagné, elle semble bien peu reconnaissance comme fonctionnaire, et de penser aux caissières par exemple.
Nathale Heinch 17 01 26 18h02
Et en plus Yves Michaud est menteur (je n’engage justement de procédure: je me contente de rappeler les règles de droit et de courtoisie) et sexiste (« la dame »: quelle condescendance!).
Menteur, sexiste et méchant: le dossier s’alourdit!
N.H.
Pierre Lamalattie 18- 01 -17h30
J’aime beaucoup les buffets Henri II que j’ai vus apparaître dans un précédent mail (j’assume). J’ai aussi un grand intérêt pour les ouvrages de Natalie Heinich. Je pense que ses efforts en vue de la neutralité de la recherche vont dans le bon sens, même si s’agissant des sciences humaines, c’est souvent plus un but qu’une certitude. De même, je le répète, je suis sensible à ses courageux engagements pour défendre la recherche des empiétements idéologiques dans l’air du temps.
Au-delà de cette remarque, j’ai lu, ces derniers temps vos échanges de mails alors que j’étais en voyage. Une des choses qui m’a intéressé est la notion de corpus soulevée par Yves Michaud. Selon l’art que l’on fréquente, on en tire des idées différentes. C’est très simple, mais c’est extrêmement important. Or je pense qu’il y a actuellement un énorme problème d’accès à l’histoire de l’art dans sa diversité.
Pour beaucoup, l’art moderne et contemporain constitue le tout du XXe siècle. Par exemple, le centre Beaubourg prétend être “une référence pour chacun des grands mouvements artistiques des xxe et xxie siècles”. Or, il ne présentait encore récemment que ceux s’inscrivant dans le grand récit moderne-contemporain qu’il a d’ailleurs contribué à forger.
J’ai une vision fort différente de cette période. De ce fait, le corpus sur lequel je réfléchis est tout autre de ce qu’on trouve dans tous ces livres et ces musées qui confondent histoire de l’art du XXe siècle et histoire de l’art moderne et contemporain. J’ai accumulé chez moi au fil du temps beaucoup de livres sur des peintres du xxe siècle. À eux, se sont ajoutées les immenses possibilités d’Internet. Je suis frappé qu’il n’y ait presque aucun nom en commun entre ma bibliothèque et les cimaises de Beaubourg. Ceci alimente ma conviction que l’histoire de l’art, notamment du xxe, doit être bien plus ouverte et plurielle qu’elle ne l’est.
Il en est de même, de beaucoup des nouveaux peintres figuratifs. Ce qui est dans le cœur de la plupart d’entre eux, c’est ce que l’on pourrait appeler leurs arts maternels, ceux qui leur ont donné du plaisir quand ils étaient jeunes. Ce sont les figurations sur papier (arts de fait les plus importants au XXe siècle), la BD, l’illustration, les pochettes de disques, l’univers visuel associé aux musiques populaires, etc. C’est dans ce substrat que puisent pour une bonne part les nouveaux peintres figuratifs. Il a aussi beaucoup d’autres courants artistiques dont je vous fais grâce.
Cette idée d’élargir le “corpus”, autrement dit d’être cultivé, s’impose à tous, même aux scientifiques : ils doivent éviter d’intégrer à leurs hypothèses implicites des biais ou des angles morts. Je reprends l’exemple de Nathalie Heinich. Elle distingue trois paradigmes : le contemporain, le moderne et le classique. Ce dernier désigne de façon dépréciative une catégorie faisant office de voiture-balai. Cependant, il comporte à mes yeux tout du moins, une bonne part de la diversité artistique du xxe siècle, de la période actuelle, et de la sociologie allant avec. Je comprends que les idées ont besoin de modèles simples pour être clairement énoncées. En outre, je trouve que cette idée de « paradigme » éclaire très efficacement la situation actuelle. Cependant, parler de « paradigme classique » n’est pas neutre.
En résumé, mieux appréhender l’histoire de l’art et la création actuelle dans leurs diversités est, à mes yeux, un enjeu majeur.
PS : merci et bravo à Marc Verat pour ces précisions biographiques qui, en ce qui me concerne, sont parfaitement documentées.
BIOGRAPHIES DES 9 INTERVENANTS DANS CE DÉBAT
1 – NATHALIE HEINICH
Nathalie Heinich est une sociologue française, née en 1955 à Marseille, reconnue pour ses travaux sur l’art contemporain, le statut d’artiste et les valeurs en société. Elle occupe une place centrale dans la sociologie de l’art en France et au CNRS, où elle est directrice de recherche émérite.
Parcours académique
Née en 1955 à Marseille.Formation initiale en philosophie (Aix-en-Provence).Doctorat en sociologie à l’EHESS sous la direction de Pierre Bourdieu (1981).Habilitation à diriger des recherches en 1994.
Carrière et institutions
Directrice de recherche au CNRS, membre du CRAL (Centre de recherche sur les arts et le langage, EHESS).A mené des enquêtes pour le Centre Pompidou et le ministère de la Culture -Co‑fondatrice de la revue Sociologie de l’art (1992).
Domaines de recherche
Nathalie Heinich est l’une des spécialistes françaises les plus influentes dans :
La sociologie de l’art contemporain
Le statut et l’identité de l’artiste (arts plastiques, littérature, cinéma)
Les publics des musées et la perception esthétique
Les valeurs et leurs usages sociaux (thèmes plus récents)
Publications et contributions
Elle a publié de nombreux ouvrages et articles (plus de 190 articles et 9 ouvrages recensés sur Cairn). Des textes autobiographiques et des analyses sur les crises de légitimité dans l’art contemporain.
Pourquoi est-elle importante ?
Nathalie Heinich occupe une position singulière : Elle défend une sociologie descriptive, attachée aux valeurs et aux normes, parfois en rupture avec les approches critiques.
Ses travaux ont profondément influencé la compréhension contemporaine de l’art, du statut d’auteur et des pratiques culturelles.
Si tu veux, je peux aussi te résumer un de ses livres, t’expliquer ses positions théoriques, ou comparer son approche à celle de Bourdieu.
2 – YVES MICHAUD
Yves Michaud est principalement connu comme un philosophe français spécialiste d’esthétique et de philosophie politique, né en 1944. C’est aussi un nom porté par d’autres personnalités, dont un homme politique québécois décédé en 2024.
Philosophe, théoricien et critique d’art, professeur des universités. Né le 11 juillet 1944 à Lyon. Spécialiste de David Hume et John Locke, héritier de l’empirisme et du scepticisme. A enseigné à Berkeley, Édimbourg, São Paulo, Rouen, Paris. Directeur de l’École nationale supérieure des beaux-arts de 1989 à 1997.
Auteur de nombreux ouvrages sur l’art contemporain, dont L’Art à l’état gazeux. Fondateur de l’Université de tous les savoirs.
Il est connu pour son style anti-cartésien, parfois polémique, et ses analyses sur l’esthétisation du monde contemporain.
C’est une figure singulière dans le paysage intellectuel : empiriste, sceptique, volontiers provocateur, et très attentif aux transformations culturelles contemporaines.
Ses idées principales
1. L’esthétisation du monde . C’est probablement son apport le plus connu. Dans L’Art à l’état gazeux, il soutient que :L’art n’est plus un objet rare ou sacré.Il s’est dilué dans l’expérience quotidienne, dans le design, la mode, l’architecture, les écrans. Nous vivons dans un monde où tout doit être “beau”, agréable, lisse, mais où l’art perd sa force critique. Il parle d’un art “gazeux”, omniprésent mais insaisissable.
2. Un empirisme assumé
Michaud se revendique héritier de Hume et Locke : Il se méfie des grands systèmes philosophiques. Il privilégie l’observation, l’expérience, le concret.
Il critique volontiers les abstractions métaphysiques ou les discours trop théoriques. C’est un philosophe anti-cartésien, au sens où il refuse les certitudes a priori.
3. La démocratie et la société libérale
Dans ses textes politiques, il défend : Une vision libérale au sens classique : droits individuels, pluralisme, scepticisme envers les idéologies. Une méfiance envers les discours moralisateurs ou identitaires. L’idée que la démocratie repose sur des individus capables de juger par eux-mêmes, pas sur des dogmes collectifs.
4. L’art contemporain : critique et lucidité
Michaud a dirigé l’École des Beaux-Arts et connaît intimement le milieu artistique. Il analyse : Les dérives du marché de l’art. Le rôle des institutions culturelles. La confusion entre art, communication et divertissement.
Il n’est pas réactionnaire, mais lucide : il décrit ce qu’il voit, même si cela dérange.
Ses ouvrages majeurs :
| Titre | Thème |
| L’Art à l’état gazeux | Esthétisation du monde, dilution de l’art |
| La crise de l’art contemporain | Institutions, marché, perte de repères |
| Humain, inhumain, trop humain | Condition humaine, modernité |
| La violence | Analyse philosophique de la violence |
| Qu’est-ce que le mérite ? | Critique de la méritocratie |
| Le nouveau luxe | Transformation du luxe dans la société contemporaine |
Pourquoi il compte encore aujourd’hui
Parce qu’il met le doigt sur quelque chose que tout le monde ressent : nous vivons dans un monde saturé d’images, de design, d’émotions “esthétiques”, mais où l’art véritable semble s’évaporer….Et parce qu’il incarne une philosophie sobre, empirique, sans illusions, qui tranche avec les grands discours abstraits.
3 – MARC VÉRAT
Marc Vérat est un artiste peintre français contemporain, originaire de Nevers, connu pour son attachement à la peinture figurative et pour ses œuvres centrées sur la représentation des femmes. Artiste peintre, enseignant, galeriste, blogueur.
Style :
Défenseur du figuratif, dans un contexte où l’art contemporain institutionnel privilégie souvent l’abstraction. Œuvres allant du surréalisme à la peinture académique. Thème récurrent : la femme, qu’il représente avec douceur, lumière et sensualité, sans vulgarité.
Reconnaissance et expositions
Une exposition virtuelle lui est consacrée, soulignant son positionnement en marge des tendances officielles de l’art contemporain.
Marc Vérat a un parcours d’artiste complet et singulier : formé dans plusieurs écoles d’art en France et en Argentine, il a mené de front une carrière de peintre, d’enseignant et de galeriste, tout en développant une œuvre figurative allant du surréalisme à l’académique.
Activités professionnelles
Production allant du surréalisme à la peinture académique, avec un travail de montage mêlant photographies, dessins et références à l’histoire de l’art.
Enseignant en arts plastiques à Nevers.
Galeriste et blogueur, engagé dans une réflexion critique sur l’art contemporain institutionnel.
Marc Vérat et la pédagogie dans les écoles d’art
La question des écoles d’arts en France revient dans le débat public, et la réponse porte sur une éventuelle suppression ou bien sur une nécessaire transformation ?
Les écoles d’arts sont majoritairement financées par l’État et les villes, le coût demeure élevé pour les collectivités et le retour sur investissement reste faible en termes d’emplois stables, avec une insertion professionnelle très aléatoire pour les nombreux élèves diplômés qui peinent à vivre de leur pratique artistique. Le modèle économique du champ artistique reste précaire et, plus ou moins, tributaire des relations et connaissances du milieu.
Réformer plutôt que supprimer ?
Faut-il supprimer les écoles des Beaux-Arts ? Sans aucun doute, si celles-ci refusent de se transformer en profondeur.
La disparition des écoles des Beaux-Arts peut paraître choquante tant elles bénéficient d’un capital symbolique et historique. Pourtant, dans leur forme actuelle, elles posent un problème démocratique, économique et culturel majeur. Maintenir ces institutions sans remise en question radicale revient à financer, avec de l’argent public, un système largement déconnecté des réalités sociales.
Tout d’abord, les écoles d’arts produisent une précarité structurelle. Elles forment chaque année des centaines d’étudiants à des carrières dont elles savent pertinemment qu’elles sont extrêmement limitées. La majorité des diplômés ne vivra jamais de son art, tout en ayant été encouragée à croire à une réussite fondée sur la vocation plutôt que sur la réalité économique. Cette situation pose un problème éthique : peut-on légitimement former à plein temps à des métiers sans débouchés réels ?
Ensuite, malgré leur image progressiste, les Beaux-Arts fonctionnent comme des espaces de reproduction sociale et culturelle. Le langage théorique, les codes esthétiques et les réseaux valorisés favorisent ceux qui disposent déjà d’une certaine liberté culturelle et économique. Loin de démocratiser l’art, ces écoles contribuent souvent à renforcer une forme d’élitisme déguisé, où la reconnaissance dépend davantage de l’adhésion à des normes implicites que de la créativité elle-même.
Par ailleurs, l’art qui y est promu est fréquemment coupé du public. En privilégiant des pratiques conceptuelles hermétiques, les Beaux-Arts participent à la rupture entre création contemporaine et société. L’argent public finance ainsi des œuvres et des discours qui ne s’adressent qu’à un cercle restreint de professionnels et d’institutions, alimentant la défiance envers l’art contemporain.
Dans un contexte de contraintes budgétaires, la question de la priorité des dépenses publiques ne peut être évacuée. Faut-il continuer à investir massivement dans des formations dont l’impact social reste très faible, alors que l’éducation, la santé, la sécurité avec, plus récemment, l’idée de réarmement, manquent de moyens ? La culture ne peut se soustraire indéfiniment à l’exigence de responsabilité collective.
Si les écoles d’arts demeurent incapables de se réformer en assumant une véritable transparence sur les débouchés, en s’ouvrant à des pratiques concrètes, socialement engagées, et en rompant avec leur entre-soi, leur suppression ne deviendrait plus improbable, mais sans doute politiquement incontournable. Défendre la création artistique ne signifie pas défendre toutes ses institutions sans esprit critique et envers et contre tous.
Les écoles des Beaux-Arts en France : un modèle isolé ?
Le débat sur l’avenir des écoles d’arts en France gagne à être éclairé en observant les modèles étrangers. On remarque que la France se distingue par un attachement à une formation artistique publique, gratuite ou peu coûteuse, mais également par une sérieuse difficulté à adapter ces formations aux réalités contemporaines.
En France, les écoles des Beaux-Arts sont majoritairement publiques, financées par l’État et les collectivités territoriales. Leur mission repose sur la liberté artistique, l’expérimentation et la recherche plastique. L’insertion professionnelle n’est pas prise en compte, son aspect financier jamais évoqué, ce qui explique les critiques récurrentes sur la précarité des diplômés.
Au Royaume-Uni et aux États-Unis, les écoles d’art sont souvent intégrées aux universités ou relèvent du secteur privé. Les frais d’inscription sont élevés, ce qui rend l’accès socialement plus sélectif. En contrepartie, ces formations mettent l’accent sur la professionnalisation, le développement de réseaux, la préparation au marché de l’art, du design ou de l’industrie connexe. Ce modèle favorise une insertion plus réaliste.
En Allemagne, en Suisse ou dans les pays nordiques, les académies d’art sont également publiques, mais sélectives par le nombre d’étudiants limité, et l’accompagnement individualisé est renforcé. L’objectif est de ne pas former trop d’artistes tout en leur offrant de meilleures conditions de travail et de reconnaissance.
Dans des pays comme la Corée du Sud ou le Japon, les écoles d’art sont souvent directement tournées vers l’industrie culturelle : design, animation, jeu vidéo. La création artistique est étroitement connectée aux débouchés économiques.
La France maintient un modèle ambigu, dont les effets sociaux et économiques sont de plus en plus contestables. La formation, jugée déconnectée des réalités du quotidien et c’est de notoriété publique, manque de compétences pratiques et techniques et entretient un entre-soi jugé illusoire et préjudiciable.
Dans les pays anglo-saxons, les écoles d’art fonctionnent selon une logique de marché. Le coût élevé des cours possède au moins le mérite de la clarté. Les institutions forment des professionnels destinés à intégrer des secteurs identifiés (marché de l’art, design, industries créatives). La France, à l’inverse, promet symboliquement une émancipation artistique sans fournir les moyens réels d’en vivre, transférant le risque de l’échec sur les individus plutôt que sur l’institution et ses nombreux fonctionnaires.
Le modèle allemand et nord-européen, quant à lui, assume une certaine sélectivité. Peu d’étudiants sont admis, mais ils bénéficient généralement d’un accompagnement favorable à une insertion durable. Ce choix peut paraître élitiste, mais il limite la production massive de diplômés précaires. En France l’accès est plus large, mais la sortie se fait souvent dans l’isolement et l’instabilité.
Les pays asiatiques, plus pragmatiques, conjuguent enseignements artistiques et industries culturelles, ils considèrent la création comme une compétence productive. Cette orientation réduit la liberté, mais elle garantit une utilité sociale identifiable. En France, au contraire, l’art enseigné demeure souvent déconnecté de toute demande économique, renforçant le sentiment d’un art subventionné pour lui-même.
Les Beaux-Arts en France ne sont ni des centres de formation professionnelle, ni des laboratoires clairement assumés de recherche ou découverte artistique.
Dès lors, deux options cohérentes se présentent.
– Soit la France engage la refondation radicale de ses écoles d’art, déjà en réduisant leur nombre, ensuite en clarifiant leurs missions et en assumant des critères techniques et de savoir-faire exigeants.
– Soit leur suppression progressive devient une hypothèse complétement légitime en ces temps de budget contraint.
Continuer à financer un système qui produit structurellement de la précarité, tout en invoquant la liberté artistique comme justificatif moral, relève moins de la défense de la culture que d’un aveuglement institutionnel.
… Sur les ravages de cinquante ans de progressisme culturel auxquels les réseaux de l’art institutionnel commencent à être attentifs.
Un document important pour les actuels et futurs historiens de l’art.
Une étude qui contribuera à la restauration du sens en art.
Une étude dont la circulation sur internet devient virale.
4 – MARIE SALLANTIN
Marie Sallantin est une peintre française née en 1946 à Paris, connue pour une œuvre figurative et poétique nourrie de mythologie, de nature et de grands thèmes classiques. Elle vit et travaille entre Paris et l’Yonne, ce qui la rapproche de votre région en Bourgogne-Franche-Comté.
Portrait rapide
Nom : Marie Sallantin Naissance : 9 octobre 1946, Paris Profession : Artiste peintre. Formation : École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, élève de Jean Bertholle et Louis Nallard. Lieux de vie et de travail : Paris et l’Yonne
Style et thèmes
Son travail explore des sujets récurrents dans l’histoire de l’art, revisités avec une sensibilité contemporaine : Mythologie : Aphrodite, Vénus, Danaé, Les Trois Grâces, Littérature : La Divine Comédie
Séries picturales : Anges musiciens, Grandes baigneuses, Étangs et reflets, Forêts, Masques et miroirs, etc. Une peinture où couleur, lumière et figuration poétique dominent.
Expositions et reconnaissance
Elle a exposé dans de nombreux lieux en France et à l’étranger, notamment :
Paris (Hôtel de Sauroy, Mairie du 3ᵉ, Église Saint-Denys-du-Saint-Sacrement) Athènes (Maison de Chypre, Galerie Image) Abbaye de Mondaye, Calvados Ses œuvres figurent dans des collections publiques comme : FNAC Musée de Toulon Ville de Paris
Publications
L’Art en questions, 30 réponses (1999), Les années noires de la peinture
5 – JEAN-PHILIPPE DOMECQ
Jean‑Philippe Domecq est un romancier et essayiste français né le 13 mai 1949 à Angers. Il est connu pour ses romans en cycles, ses essais souvent polémiques et son pseudonyme emprunté à un auteur imaginaire inventé par Borges.
Œuvre littéraire
Romans
Deux grands cycles : Le Cycle des ruses de la vie (1991–2001) , La Vis et le Sablier (2007–2017), où il explore la métaphysique‑fiction, un genre qu’il revendique.
Romans remarqués :
Cette rue (2007), Prix du roman de la SGDL, Le jour où le ciel s’en va (2010), Prix Tortoni
Essais
Robespierre, derniers temps (1984), son premier grand succès, mêlant littérature et histoire. Une trilogie critique sur l’Art du Contemporain, dont Une nouvelle introduction à l’art du XXe siècle (2011).
Essais souvent polémiques, notamment sur la critique d’art et la vie intellectuelle.
Activités récentes
Il publie régulièrement dans la Revue Esprit et tient un blog où il commente l’actualité politique et culturelle.
Style et positionnement
Écriture analytique, souvent contestataire. Volonté d’effacer l’auteur derrière l’œuvre, d’où le choix du pseudonyme. Regard critique sur les institutions culturelles et la pensée dominante.
6 – JÉRÔME SERRI
Jérôme Serri est un journaliste, essayiste et ancien collaborateur parlementaire français, connu pour ses tribunes culturelles et politiques dans plusieurs médias. Il publie régulièrement dans Causeur, Le Figaro, Valeurs Actuelles, Boulevard Voltaire et d’autres plateformes d’opinion.
Profil général
Journaliste littéraire et essayiste. Ancien collaborateur parlementaire. Intervient sur des sujets liés à La culture française : L’héritage littéraire (notamment autour de Roland Barthes et André Malraux), Les débats politiques et sociétaux contemporains
Membre du Groupe de recherches André Malraux (Sorbonne) et commissaire d’expositions.
Publications et travaux :
Les Couleurs de la France, avec Michel Pastoureau et Pascal Ory (Hoëbeke/Gallimard), Roland Barthes, le texte et l’image (Paris Musées), Participation au Dictionnaire André Malraux (CNRS)
Où le lire ?
Causeur : articles culturels, politiques, analyses de société – Le Figaro (Figarovox) : tribunes sur la langue, l’écriture inclusive, la République – Valeurs Actuelles : réflexions sur l’identité, la culture, l’islamisme – Boulevard Voltaire : chroniques et analyses politiques
Thèmes récurrents
Défense de la culture française et du patrimoine – Critique de l’écriture inclusive – Réflexions sur l’islamisme et la cohésion nationale – Analyses littéraires et historiques
7 – AUDE DE KERROS
Aude de Kerros est une figure majeure du débat sur l’art contemporain en France : peintre, graveur et essayiste, elle est connue pour ses analyses critiques du marché de l’art et des institutions culturelles.
Née en 1947 à Jakarta, dans une famille de diplomates.
Peintre et graveur formée notamment auprès de Henri Goetz, Friedlander et S.W. Hayter.
A réalisé plus de 80 expositions personnelles en France et en Europe.
Lauréate du Prix Paul-Louis Weiller de l’Institut de France (1988).
Son rôle dans le débat sur l’art contemporain
Aude de Kerros est surtout connue pour ses essais et articles où elle analyse : les mécanismes du marché de l’art, les stratégies d’influence culturelle, la distinction entre art officiel et art libre, les enjeux géopolitiques de l’art contemporain.
Elle défend une position critique face à ce qu’elle appelle la « machine de l’art contemporain », qu’elle voit comme un système institutionnel et financier globalisé, parfois déconnecté de la création artistique authentique.
Ouvrages et interventions récentes :
Art contemporain, manipulation et géopolitique (nouvelle édition 2024).
Nombreux articles dans la revue Conflits, où elle explore les liens entre art, pouvoir et géopolitique.
Interventions régulières dans les médias, conférences et émissions (notamment Radio Courtoisie).
Pourquoi est-elle importante ?
Parce qu’elle offre une lecture alternative du monde de l’art, souvent en décalage avec le discours dominant. Elle intéresse particulièrement ceux qui s’interrogent sur : la valeur réelle des œuvres, la place des artistes face aux institutions, les rapports entre art, politique et économie.
8 – PIERRE LAAMALATTIE
Pierre Lamalattie est un peintre, romancier et critique d’art français né en 1956, connu pour sa peinture figurative mordante, ses portraits‑CV ironiques et ses essais critiques sur l’art contemporain.
Artiste inclassable, né à Paris en 1956, dans une famille d’origine limousine. Initié très tôt à la peinture par sa grand‑mère et par l’artiste Léo Lotz. Suit pourtant une voie scientifique : major de promotion à l’Institut national agronomique Paris‑Grignon en 1975, aux côtés de Michel Houellebecq. Diplômé ingénieur‑agronome en économie politique et écologie.
Un peintre figuratif à contre‑courant
Se consacre pleinement à la peinture à partir de 1995.
Son style : figuration narrative, souvent ironique, centrée sur la vie contemporaine, le travail, les identités sociales. Il développe une réflexion critique sur l’histoire de l’art et sur l’appauvrissement de la figuration dans l’art contemporain. Expose régulièrement en France, seul ou avec d’autres artistes.
Sa série « Les Curriculum Vitae » : portraits accompagnés d’une phrase résumant une vie, entre humour, douleur et lucidité. Peintures mêlant narration, observation sociale et satire douce‑amère.
Romancier et essayiste
Auteur de romans et de textes critiques sur l’art, la société et la vie professionnelle. Défend une peinture qui raconte, qui observe, qui remet en question les récits dominants de l’art contemporain.
Anime un site riche en articles critiques, réflexions sur l’art et présentations de ses œuvres.
9 – NICOLE ESTEROLLE-
Nicole Esterolle est le pseudonyme d’un critique d’art français très virulent envers l’art contemporain institutionnel. Il s’agit d’une identité volontairement cachée, utilisée pour publier chroniques, pamphlets et analyses satiriques sur ce qu’il considère comme les dérives du « système de l’art contemporain ».
Profil et identité
- Pseudonyme : La véritable identité de la personne derrière « Nicole Esterolle » n’est pas connue. Cette discrétion est volontaire pour éviter que la notoriété personnelle n’influence la réception de ses textes.
- Activité : Critique d’art, chroniqueur, parfois présenté comme artiste ou galeriste selon certaines sources. Style : Ton satirique, pamphlétaire, souvent féroce envers les institutions culturelles françaises (FRAC, DRAC, etc.).
Travaux et publications
Blog très suivi : zeu blog , ( aux trois premières places sur google) où il publie des chroniques critiques sur l’art contemporain.
Livres :
-« La bouffonnerie de l’art contemporain ». (Éd. Jean-Cyrille Godefroy),
-L’ABC de l’Art dit Contemporain (Éd. Jean-Cyrille Godefroy), un ouvrage qui se veut un « remède » contre ce qu’il perçoit comme la déconstruction de l’art depuis 40 ans.
– « le Grand show des fellateurs du rien » Chomant Editions
– « L’art n’a jamais été aussi con- temporain qu’aujourd’hui » (Éd. Jean-Cyrille Godefroy),
Positionnement critique
Nicole Esterolle dénonce :
- La « théologie » de l’art contemporain conceptuel.
- Les réseaux institutionnels qui, selon lui, favorisent des œuvres « désartifiées ».
- La marginalisation de la peinture et des pratiques plus traditionnelles.
- Son discours est souvent décrit comme mi-anarchiste, mi-rabelaisien, mêlant humour, provocation et critique sociale.
Présence en ligne
- Blog : Une récapitulation florilège de plus de 200 textes de Nicole
- Le museum de nicole :
Éblouissement assuré devant la richesse, la variété, la liberté, la générosité, la gaité, l’inventivité, la somptuosité de la création vivante et indépendante d’aujourd’hui. .. conceptualolâres, ceci n’est pas pour vous ! Vous en avez l’accès direct et gratuit ici :
- le nicolemuseum : https://nicolemuseum.fr/
- le facebook de Nicole
En prise directe avec l’actualité – 5000 amis- 9000 abonnés , 368 000 vues ces derniers 28 jours
• https://www.facebook.com/nicole.esterolle
- La gazette de Nicole :
27000 abonnés Le plus beau, libre, chatoyant, émerveillant, pétulant, revigorant des magasines d’art en ligne en ligne au monde. Présente des artistes de la nécessité intérieure, de l’évidence immédiate, de la vérité mystérieuse, de l’inventivité , de la liberté, du plaisir partageable au-delà des barrières idéologiques
Résumé de la pensée de Nicole Esterolle
1. Une critique radicale du « système de l’art contemporain »
Esterolle considère que l’art contemporain institutionnel — celui promu par les FRAC, les DRAC, les grandes écoles d’art et les commissaires — fonctionne comme un système fermé, autoréférentiel, où la valeur d’une œuvre dépend davantage du discours théorique que de la qualité plastique.
Selon lui : La création est devenue conceptualisée à l’extrême, parfois jusqu’à l’absurde. Le marché et les institutions entretiennent une bulle spéculative autour d’œuvres pauvres en contenu sensible.Les artistes sont incités à produire des objets « intellectuellement justifiables » plutôt que des œuvres sensibles, techniques ou émotionnelles.
2- La défense de l’art « sensible »
Esterolle oppose à ce système une conception de l’art fondée sur :
La sensibilité, La technique, Le rapport au réel, La création authentique, non dépendante d’un discours théoriqueIl valorise les artistes qui travaillent la matière, la couleur, le geste, l’émotion — ce qu’il appelle parfois « l’art vivant ».
3. Une écriture pamphlétaire
Sa pensée est indissociable de son style : Satire, Humour, Exagération volontaire, Ton rabelaisien, parfois outrancier
Ce style vise à secouer, à provoquer un débat, et à rendre visible ce qu’il perçoit comme une dérive culturelle.
Analyse de ses critiques
1. Une critique qui touche juste… sur certains points
Beaucoup reconnaissent que ses attaques mettent le doigt sur :, La bureaucratisation de la culture, Le rôle parfois opaque des institutions, La difficulté pour les artistes non conceptuels d’obtenir une visibilité, La tendance de certains discours théoriques à devenir hermétiques, Il exprime un malaise réel partagé par de nombreux artistes, galeristes et amateurs d’art.
2. … mais une vision parfois caricaturale
Ses détracteurs lui reprochent :
Une généralisation excessive : il met souvent tout l’art contemporain dans le même sac. Une nostalgie implicite d’un âge d’or de l’art qui n’a jamais existé. Une absence de nuance : il oppose trop strictement « art sensible » et « art conceptuel ». Un manque d’analyse historique : l’art a toujours été traversé par des ruptures, des provocations, des expérimentations.
3. Une critique qui reflète un conflit plus large
Esterolle incarne un débat profond dans le monde de l’art :
Art conceptuel vs art sensible , Institution vs indépendants, Discours théorique vs expérience esthétique, Marché spéculatif vs création artisanale
Ce conflit existe depuis les années 1960, mais Esterolle le rend particulièrement visible et accessible au grand public.