L’ART « CONTEMPORAIN » AU CIMETIÈRE

L’art « conteporain », ça ose tout et c’est à ça qu’on reconnait sa contemporainéité subventionnable .

On a donc l’habitude de la voir s’incruster partout comme un ectoplasme  blobeux parasite : dans les châteaux, les  Chapelles, les musées, les lieux patrimoniaux de toutes  sortes,  à qui il pompe le sang….Mais on ne l’avait pas encore  vu envahir un cimetière…

Voilà qui est fait au cimetière de Pantin, avec la béndiction de Madame Pécressee, sur  une idée de l’association Poush,  laquelle a fonction d’ organiser des expositions et des événements, pour 270 artistes  d’essence strictement conceptualo-bidulaire , avec un ancrage local et une perspective internationale. ( la moindre des choses)

Plus d’info sur  poush ici :

https://poush.fr/fr

Selon Poush : « L’exposition Demeure interroge la possibilité d’habiter ce qui reste quand tout s’efface, faisant de la persistance un geste de résistance face à la vitesse du monde. Elle explore la discrétion, le soin et la réparation à travers des œuvres qui font corps avec la pierre, la terre et la lumière. Les artistes y retissent les liens sensibles entre les morts et les vivants en réveillant la fragilité du tangible » Ben voyons Ginette ! Pourquoi se gêner ?.

Plus d’info et d’ images sur cette manifestation « Demeure »

https://puyraimond.net/visites/visites.php?expo=2026_Cimeti%C3%A8reParisienPantin_Demeure&qualite=1&from=t-2026-cimeti-reparisienpantin-demeure

Listes des 21 artistes choisis :

Arnaud Adami, Ece Bal, Isabelle Boccon-Gibod, Bianca Bondi, Charbel-jo-seph H. Boutros, Garance Butler Oliva, Gaëlle Choisne, Didier Fiúza Faustino, Max Fouchy, Laurent Grasso, Morteza Khosravi, Tilhenn Klapper, Thibault Lucas, Saee- deh Mirshekar, Valentine Prissette, Luca Resta, Julien Salaud, Eric Stephany, Maya-Inès Touam…. Sans oublier Andy Warhol

Le « Grain de sel » de Christine Sourgins ,

 paru dans Artension de sept 26, sur le sujet

Beaubourg puis le palais de Tokyo fermés pour travaux?

Vite, un nouveau territoire à conquérir pour l’Art très contemporain! Ce sera les cimetières, d’abord le plus grand de France, à Pantin en Seine-Saint-Denis.

Jusqu’au 15 novembre s’y déroule « Demeure », expo-parcours gratuite d’environ un kilomètre avec une vingtaine d’artistes dont…Andy Warhol! Une webcam diffuse 24h/24 les images de sa tombe en Pennsylvanie, y compris les boîtes de soupe Campbell déposées en hommage: passionnant non ?

A l’entrée, Laurent Grasso nous accueille avec des feux follets sur les murs. Qu’on se rassure, cette lumière, artificielle et nullement paranormale, « interroge simplement au néon notre rapport au sacré».

Gaëlle Choisne, autre lauréate du prix Marcel-Duchamp, a rassemblé «une sélection d’œuvres qui allaient mourir, ici. Cest leur dernière exposition». L’art de recycler les pertes?

Charbel-Joseph H. Boutros reprend l’idée que « les expositions, comme toutes choses, meurent également», quelle trouvaille! D’où une œuvre inclusive: sur une première stèle sera gravé le prénom du premier visiteur de Fexposition; sur la seconde, le nom du dernier visiteur. «Il y a quelque chose dans l’utilisation de la pierre qui est éternel.» Ah bon?

Le plasticien Thibault Lucas s’empresse de démentir avec son arche intitulée Cimetière des débris de pierres tombales en fin de concession, concassés et encages par des grilles. « J’ai fait la plus grosse sculpture

, justement pour questionner notre ego » Soyons justes, il y chez beaucoup de jeunes artistes une banlisation des formes qui ne nuit nullement à banalisation de l’art funéraire, devenu depuis des lustres… de plus en plus moche.

Parmi tous types de médiums et support: notons les draps peints de Valentine Prissette (car les linceuls n’ont pas de poches mais des plages de couleur).

Plus loin, un oeil de verre motorisé, incrusté dans une pierre, regarde passer le pékin. Des chauves-souris sculptées, en bois, sont suspendues aux arbres car, dans beaucoup de curtures, cet anima « psycnopompe» accompagne les âmes des morts.

Malgré plusieurs lauréats du prix Mar-cel-Duchamp présents, aucun hommage au père fondateur de l’art dominant, qui fit graver sur sa tombe « d’ailleurs c’est toujours les autres qui meurent». Ingratitude ? Inintérêt pour la mémoire des artistes endormis ici: citons le cinéaste J.-P. Melville, Fred dessinateur de BD, Émile Bernard, compagnon pictural de Gauguin, et surtout Constantin Guys, « le peintre de la vie moderne » selon Baudelaire Manque aussi un salut à un défunt de marque Jacques Audiberti, auteur du roman Les tombeaux ferment mal!

Les œuvres envahissent aussi les commer-cants ou coin, comme cette infusion de plantes utilisée en Turquie en contexte funéraire et disponible en brasserie, avec 27 verres à thé crees par une artiste, gravés de sentences:

« inspirez lorsquune conversation commence Expirez quand il y a du silence »

Des médiateurs culturels etant presents,… va-t-on vers un

encadrement du deuil ?

Ne pourra-t-on enterrer tranquille sans subir le prêchi- -prêcha de projets qui lorgnent beaucoup vers l’animisme ou les croyances New Age?

 Sur le site du cimetière, il est bien précisé qu’il n’y a pas de défibrillateur sur place: cardiaques, allez mounir alleurs.

Le cimetiere ne vous sauvera pas la vie, il préfere être «branchouille »: l’Art contemporain est partout

Christine Sourgins

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *