Sans jamais parler de leur inanité consubstantielle..

Voici un communiqué de Mr Eric Mangion, directeur de FRAC occitanie, et qui est dans le top cinquante des grands acteurs historiques de l’art contemporain d’Etat…communiqué significatif de l’angoisse existentielle actuelle des personnels de FRAC, qui sentent bien que leur bateau prend l’eau.
Alors bien sûr, Mr Mangion ne va pas cracher dans la soupe ni trahir sa cause. Aussi attaque-t-il en biais . Il minimise…
Il faut, dit-il, « savoir accepter l’obsolescence de certaines œuvres lorsque les artistes ont disparu ou quand certaines sont trop complexes ou trop coûteuses à exposer ou à restaurer. »… « Une collection de Frac n’est pas un sarcophage figé dans son éternité mais une entité vivante qui ne cesse d’évoluer. » Ben voyons Ginette ! Sauf que ces œuvres sont inaliénables, non fourgables à quiconque et que personne n’en voudrait à aucun prix ;
Alors Mr Mangion , pour ne pas aller dans le dur , évoque les problèmes de restauration, de stockage, de numérisation , de catalogage, etc.…mais suggère hardiment tout de même « Qu’à l’aune de la crise budgétaire que nous traversons, ce paradoxe entre art vivant et patri- moine mériterait une nouvelle et grande concertation entre l’État et les régions. »…Je le vous disais bien qu’il y avait de l’angoisse à bord
Le communique de Mr Mangion :
« EN 1982, LES MISSIONS DES FRAC SONT DÉFINIES: «Collectionner, diffuser, sensibi liser». C’était et c’est toujours une belle idée, sauf qu’à l’époque les fondateurs des Frac (État et régions) ont oublié le mot «conserver». Avec près de 57 000 œuvres acquises depuis, et au rythme de plus de 600 expositions par an sur tout el ter ritoire (lycées, collèges, universités, musées, centres d’art, lieux patrimoniaux associations, foyers sociaux ou ruraux, établissements de santé…), la conserva- tion est devenue une part majeure de l’activité. Cette mobilité engendrant de fait une usure mécanique des œuvres, les équipes passent désormais une grande partie de leur temps à entretenir les collections afin de mieux les partager.
SAVOIR ACCEPTER L’OBSOLESCENCE DE CERTAINES ŒUVRES
Quand elles ne sont pas exposées, les œuvres sont minutieusement stockées. Le Frac Occitanie Montpellier, par exemple, dispose de deux réserves: la première (380 m’), au cœur de la ville, conserve les œuvres les plus modestes; la seconde (514 ma), en dehors de Montpellier, abrite les plus volumineuses.
Et pour tenter d’assurer une nouvelle visibilité à certaines pièces qui ne disposent plus d’infor- mations techniques, le Frac initie en 2026 un chantier avec l’École supérieure d’art d’Avignon (ESAA) à partir d’un corpus de 1 œuvres. Mené par des étudiantes encadrées par les équipes du Frac et de l’ESAA, le projet consiste à renseigner leur installation. Toujours en 2026, le Frac planifie un plan pluriannuel de restaura- tion d’œuvres qui n’ont plus la capacité d’être exposées car trop endommagées. Ce chantier est accompagné par les artistes quand ils sont encore vivants ou par des professionnels qui ont toutes les compétences pour intervenir.
Une collection, c’est aussi toute une documentation qui permet de donner des informations autres que techniques aux structures partenaires qui sou- haitent emprunter des œuvres. En 2023, le Frac ainitié le programme «Recher- chez, écrivez!» qui réunit des étudiants des universités de l’Occitanie. Il s’agit de mener des entretiens avec des artistes de la collection en les interrogeant sur leurs intentions, le contexte de création de leurs œuvres, la place qu’elles occupent dans leur travail, mais aussi leurs modes de production. Ces entretiens sont ensuite publiés dans la base de données (Gcoll2) au cœur de cet outil numérique essentiel qu’est Videomuseum.
Ceci étant, il faut aussi savoir accepter l’obsolescence de certaines œuvres lorsque les artistes ont disparu ou quand certaines sont trop complexes ou trop coûteuses à exposer ou à restaurer. Une collection de Frac n’est pas un sarcophage figé dans son éternité mais une entité vivante qui ne cesse d’évoluer. À l’aune de la crise budgétaire que nous traversons, ce paradoxe entre art vivant et patri- moine mériterait une nouvelle et grande concertation entre l’État et les régions. »