CAVERNE DU PONT NEUF : ZÉRO ARGENT PUBLIC ? MON ŒIL !

Surdimensionnement le l’insignifiance artistique, enflure de la vacuité, immersivité  décervelante, etc. ce sont des pratiques courantes au royaume ubuesque de l’art « contemporain » ,  

Avec l’opération  dite  « Caverne du Pont Neuf »,  en hommage à Christo et à Jeanne Claude, on ne quitte pas ce registre de l’écrasement du sens en art. et de l’abrutissement du bon peuple.

On sait qu’il s’agit d’une  giga-crétinerie de plus, dont le grotesque spectaculaire n’a d’autre but que financier et/ou communicationnel .

Alors, pour faire passer l’énorme  obscénité,  on affirme qu’elle ne coûte rien au contribuable…

Tout le monde y croit…Sauf le Journal des Arts, qui lève le lièvre et balance la réalité (c’est pas très sympa de sa part de dénoncer le système dont il dépend)

Voici l’article paru dans le Journal des Arts le 31 mai 26

JR revendique le modèle de Christo avec zéro argent public, mais la réalité est plus complexe.

Pour JR (né en 1983), c’était un rêve. Celui de rendre hommage au couple d’artistes Christo (1935-2020) et Jeanne-Claude (1935-2009) en s’emparant du même Pont-Neuf, quarante ans après leur célèbre empaquetage de 1985. L’artiste a poussé l’hommage jusqu’à la reprise du modèle économique où le projet avait été financé par la seule vente des œuvres de Christo. Sans un centime extérieur. La réalité aujourd’hui est plus nuancée.

Ainsi, les artistes n’ont pas la même cote. Les dessins préparatoires de Christo s’échangeaient entre 50 000 et 300 000 €, avec un record à 2 millions de dollars chez Sotheby’s. Les lithographies de JR se vendent entre 1 500 et 4 000 €, ses œuvres uniques entre 20 000 et 50 000 €, avec un record en vente publique à 110 000 $. Si les revenus de projets antérieurs de JR servent de matelas financier et seront complétés par l’exposition « Les Esquisses de la Caverne » chez Perrotin, le produit total de la vente d’œuvres ne couvrirait qu’une partie du projet. D’où la présence de mécènes que Christo, lui, avait toujours refusés.

Julien Neutres, énarque amoureux des arts et initiateur du projet le reconnaît : « Le mécénat représente la partie la plus importante du budget. » Ce proche de JR est aussi à l’origine de la création du fonds de dotation de l’Amicale des Ponts de Paris qui rassemble les financements du projet. Bien sûr, au sens stricto sensu, l’argent public est absent. Pourtant, la forme juridique « fonds de dotation » offre aux donateurs 60 % de déduction d’impôt sur les sociétés et 66 % d’impôt sur le revenu. L’argent public n’est pas dépensé en direct, mais bien présent en creux.

Aucun chiffre concernant le financement n’a été dévoilé. Mais si l’on se prête au jeu des comparaisons, l’emballement du Pont-Neuf en 1985 avait coûté 2,5 millions de dollars, soit entre 6 à 7 millions d’euros aujourd’hui. Celui de l’Arc de triomphe est monté à 14 millions d’euros en 2021. Le coût total de l’œuvre de JR pourrait se situer autour de 10 millions d’euros.

Dans cette ronde du mécénat où est l’intérêt des quatre financeurs ? Parmi eux, Snap présente à l’intérieur de la Caverne du Pont-Neuf, son expérience de réalité augmentée via ses lunettes Spectacles. Un mécénat qui prend la forme d’une vitrine technologique pour se lancer sur le marché européen. Bloomberg Connects, une application culturelle qui propose des guides numériques pour les musées et événements internationaux, disposera d’ambassadeurs physiques en uniforme présents sur place 24h/24 pendant vingt-deux jours. Bref, une opération de déploiement massif auprès d’un public international. Paris Aéroport prolonge l’installation jusqu’au terminal 2E de Roissy. Le rôle de Salesforce est décrit comme n’ayant aucune contrepartie technologique. Le numéro 1 mondial des logiciels de gestion de la relation client serait-il le seul vrai mécène du projet ? « La Samaritaine nous a proposé l’espace juste à la sortie du pont pour faire la Caverne Souvenirs : ce n’est pas du mécénat, mais un contrat commercial », explique Marc Azoulay, directeur de studio de l’atelier JR. On peut s’interroger sur les retombées économiques de ce contrat pour La Samaritaine, qui n’a pas le succès escompté par son propriétaire. Ses pertes auraient atteint 80 millions d’euros en 2024 pour un volume d’affaires estimé à 260 millions d’euros. Le Grand magasin cherche sans doute, par ce partenariat, à générer du trafic et de la conversion commerciale.

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