« À FORCE DE DESCENDRE DANS LA RUE, L’ART PEUT-IL ENFIN Y MONTER ? » a déclaré Buren

Cette question, d’une abyssale profondeur réflexive,  est de Daniel Buren, le  précurseur de l’art sociétalo-questionnatoire et gniarko-performatif rayé verticalement , et sert de  titre à l’un de ses best-sellers , pour lequel il s’étant fendu de la foudroyante préface suivante :

« Quelques réflexions sur cette activité très spéciale qui consiste à poser dans l’espace urbain, ouvert à tous et plus généralement à l’extérieur (bien que des espaces répondant aux mêmes critères puissent également être intérieurs) des objets généralement dénommés « sculptures ».

 Ces objets sont-ils d’un type défini, reconnaissables parmi les autres objets de la ville ? Quelles significations ces objets ont-ils ? Si le même objet se trouve au Musée, sa signification est-elle identique ? Qui les permet dans la ville ? Où se trouvent-ils placés ? Qui choisit le lieu ?

Ce sont là quelques questions, et des dizaines d’autres, qui m’intéressent au premier chef depuis une trentaine d’années dans le domaine des travaux exclusivement urbains et s’effectuant en dehors des lieux spécialisés que je vais tenter d’aborder, succinctement, ici. »

Voici la liste officielle des   sujets de questionnements  sur l’artinspirés des interrogations buréniennes

  • les conditions d’apparition de la peinture dans l’espace social,
  • la valeur des choses
  • l’évaluation esthétique – et donc sociale et psychologique –
  • des expériences éprouvées
  • d’infiltration de l’art contemporain dans des lieux ou des contextes
  • les notions de traversée, de contamination, d’interaction ou d’illusion, 
  • la représentation et de sa mise en scène.
  • l’espace urbain ou de celui d’un centre d’art,
  • les mutations des structures de pouvoir
  • la perception du lieu,
  • les relations entre les individus, les rapports de force, de rapprochement et d’interaction des uns avec les autres.
  • la perception commune de l’espace
  • les espaces de narration issus du théâtre et de l’exposition artistique
  • explorant les matériaux de notre monde contemporain,
  • les questions sociopolitiques, comme la mondialisation, la culture médiatique, la consommation ou la propriété. les systèmes qui organisent notre lecture du monde.
  • l’aspect tangible et aléatoire de notre position dans le monde,
  • notre condition en tant qu’être physique, social et psychologique.
  • la mécanique du vivant, le corps,  les mutations dues aux technologies du vivant.
  • le vivant et le construit, le réel et le virtuel, le pérenne et le temporaire…
  •  la conception du projet urbain.
  • les mégas récits du progrès liés au modernisme
  • notre existence contemporaine individuelle.
  • les objets issus de notre quotidien.  
  • l’espace d’exposition,
  • le temps et l’espace,
  • des questions sociales et culturelles.
  • la position de l’artiste dans l’interface de l’individuel et du collectif.
  • les notions de territoire et de déplacement.
  • matières et images industrielles
  • le goût et l’autorité.
  • notre degré de conditionnement par l’espace urbain
  • « nature » et « culture »
  • la perception de l’espace dans lequel nous nous trouvons

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *