
À l’issue d’une commission de sélection organisée par l’Institut français, Yto Barrada , réinventeuse de la « sculpture sociale » , a été désignée par M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et Mme Rachida Dati, ministre de la Culture, pour représenter la France à la 61e Exposition Internationale d’art – La Biennale di Venezia en 2026.
Le choix de cette commission, présidée par Mme Claire Le Restif, directrice du Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac, a été retenu par M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et Mme Rachida Dati, ministre de la Culture. L’artiste a choisi de confier le commissariat de son exposition à Myriam Ben Salah, directrice et commissaire en chef de la Renaissance Society à Chicago.

Le jury a choisi Yto Barrada « pour sa pratique multidisciplinaire qui fédère diverses communautés artistiques et sociales en quête d’une nouvelle utopie. Chercheuse iconoclaste, artiste totale et sans frontières, Yto Barrada réinvente la « sculpture sociale » à la lumière des pédagogies alternatives et transforme les canons du modernisme en un jardin pluriel. De Paris à Tanger, en passant par New-York, elle dessine une cartographie singulière qui recueille de nouvelles voix – invisibles, fragiles, historiques ou oubliées – à transmettre leurs récits. Autant de raisons qui ont mené le jury à inviter Yto Barrada à déployer ses mondes dans l’espace du Pavillon français et à les partager avec les publics de la Biennale de Venise. »
Voici le texte du com. de presse :
Biennale de Venise : Yto Barrada, enfant de Saturne
Choisie pour représenter la France à la Biennale de Venise, l’artiste Yto Barrada place son pavillon sous le signe de la mélancolie.
Dans l’atelier qu’elle occupe depuis quelques mois, dans un immeuble du vieux Paris, Yto Barrada a amassé tant d’objets, de tissus, de livres et de meubles qu’on la croirait installée là depuis toujours. C’est une ruche qui fourmille. On l’y trouve plongée dans les préparatifs de « Comme Saturne », son exposition à Venise, dont le commissariat est assuré par Myriam Ben Salah.
Depuis quelques années, cette Franco-Marocaine, dont le travail a été exposé dans des musées du monde entier, vit à New York : « Cette ville est mon espace de travail, à distance des deux institutions que j’ai créées à Tanger : la Cinémathèque, ouverte il y a vingt ans, et The Mothership, ma maison familiale transformée en résidence pour artistes et entourée d’un jardin de plantes tinctoriales, laboratoire de recherche sur la couleur et lieu de production.
Dans ses premiers cahiers de notes sur le projet vénitien, Barrada s’est intéressée à la technique du « dévoré » : « C’est une pratique d’ennoblissement du velours dans des zones déterminées, le grand chic au XVIIIe siècle, revenu à la mode dans les années 1920 et 1980 », explique-t-elle. Faut-il aussi voir là l’image d’une stratégie politique ? Chez Barrada, la redécouverte de savoir-faire ancestraux ne va jamais sans les mots et l’expression de son regard sur le monde. À la dévoration du tissu elle a associé un propos de l’avocat et député Pierre-Victurnien Vergniaud en 1793 : « Comme Saturne, la Révolution mange ses enfants. » Un commentaire auquel la situation internationale fait tragiquement écho. …Ben voyons Ginette !
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