
Il y a des villes comme ça, touchées par la grâce ou favorisées par la nature. C’est le cas de Loudun, dans le nord du département de Vienne , qui a vu y naître des personnages historiques comme l’écivain-poète Scévole de Sainte Mathe, Théophraste Renaudaud, inventeur du journal papier, Urbain Grandier , le prêtre-sorcier des « possédés de Loudun » , Marie Besnard, l’empoisonneuse, le garnd couturier Nicolas Ghesquière et René Monory le génial garagiste, qui fut ministre de l’économie et créateur du Futuroscope…
Aujourd’hui elle peut se glorifier de posséder sa Collégiale Sainte- Croix, haut-liet d’art et de spititualité, où se succède, depuis une quinzaine d’années, des expositions de grande qualité, et qui, en ce moment, héberge pour la troisième fois l’exposition d’art brut et singulier « Hors-Cadre » où figurent les œuvres 16 artistes emblématiques de cette « tendance », réunis par Sylvie Perrot Clémot et Sophie Noël.
La collégiale de Loudun apparait comme une phare ou un ilot miraculeusement préservé émergeant sur la platitude culturelle d’un département arasé (comme beaucoup d’autres) par 50 ans d’action déconstructive et progressiste de la DRAC locale.
Un département, qui ne se souvient même plus, semble-t-il, de artistes qui y ont vécu, comme les peintres Aristides Caillaud, Jean Clerté, Pierre Chabrol, comme les écrivains Jean-Claude Valin, Jean Demelier, Daniel Raynaud … qui oublie aussi que le magazine d’art Artension, est né dans la salle capitulaire de l’Abbaye de La Réau en 1981.
Voici ce que j’avais écrit pour la préface de la première exposition « Hors-Cadre » à Loudun
LE PROFANE ET LE SACRÉ
Ils ont assurément ce qu’on appelle « la Grâce », ces artistes présentés en ce lieu de spiritualité qu’est la Collégiale Sainte -Croix. Ils ont en effet cette distinction naturelle des gens habités intérieurement par une mystérieuse lumière ; par cette vérité qu’ils ont entrepris de dire librement, hors de tout cadre, de tout encadrement, de toute convention, de toute contrainte extérieure, de toute posture sociétale, de tout modèle appris, et pour l’expression de laquelle ils ont inventé un langage plastique propre et une mise en forme en parfaite cohérence avec le fond, parce que née de celui-ci.
On les dit singuliers, hors-normes, outsiders : étranges en quelque sorte….comme si la Grâce céleste, la vérité originelle, la pureté native, l’évidence immédiate avaient aujourd’hui caractère d’étrangeté, voire d’irrecevabilité. Comme si cette merveilleuse liberté avait quelque chose d’inconvenant pour l’esthétiquement correct, pour le « bon goût » lourdement référencé et codifié de l’art « savant » et de ses experts patentés.
C’est cette même insolente liberté, qui les empêche d’être reconnus par la pesante mécanique institutionnelle dédiée à la haute culture et à l’art comme signe d’appartenance de classe, qui leur interdit aussi de figurer, pour la plupart, dans les collections publiques.
Car oui, ces artistes n’appartiennent à personne, car ils sont ancrés dans une nécessité commune non catégorisable, afin que leurs œuvres soient accessibles à chacun et partageables entre tous .
Leur immense vertu est d’être un lien entre l’individuel et l’universel, entre la terre et le ciel, entre le profane et le sacré.
Toutes les images hors cadre 2026 ici :
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Le dossier de de presse
https://www.ville-loudun.fr/images/documents/2026/culture/dpresseHC3.pdf