
Appliqué à l’art, le qualificatif « contemporain » veut dire aussi et nécessairement « international ». C’est l’art où spéculation inrtellectuelle (de gauche) et spéculation financière (de droite ) forniquent allègrement
Fin de l’art contemporain et international déshumanisé ?
Retour au local, au circuit court à l’ancrage dans l’humain ?
Un article de Aude de Kerros dans la revue Conflits
L’art global vacille, le local triomphe. Le modèle Art Karlsruhe
Alors que les grandes foires internationales voient leurs ventes ralentir, un autre marché de l’art s’affirme : celui des foires régionales, portées par des collectionneurs de proximité et un rapport plus direct à l’œuvre. À travers l’exemple d’Art Karlsruhe, cet article analyse l’émergence d’un modèle fondé sur l’accessibilité, la diversité esthétique et l’ancrage local, qui pourrait redessiner l’équilibre entre art globalisé et création enracinée.
Nous assistons à un renversement des tendances : le très haut marché faiblit, l’art non financier prospère. Cela s’observe en fréquentant les deux sortes de foires d’art actuelles : D’une part les foires labélisées « internationales » (2/3 de galeries venant de tous les pays et 1/3 de galeries du pays d’accueil), pratiquant des prix très élevés, d’essence financière connaissent depuis deux ans une baisse des ventes de 12%. D’autre part, les foires labélisées « régionales » (2/3 de galeries régionales et nationales, 1/3 de galeries venant d’autres pays), aux prix divers, et abordables, dont les œuvres répondent à l’attente d’un public d’amateurs, fondés sur l’affinité personnelle et des critères de valeur compréhensibles qui connaissent une explosion des ventes, comme celles qui ont lieu par Internet.
La foire régionale d’Art Karlsruhe est un exemple instructif de la prospérité et de la créativité en ce domaine. Elle nait en 2003 avec le millénaire et la révolution numérique provoquée par l’open source donnée aux images et à l’avènement des réseaux sociaux. Elle est enracinée au carrefour de l’Europe de l’Ouest, dans le Bade Wurtemberg, industrieux et créatif dans le domaine de la technologie. Ewald Karl Schrade, galeriste passionné en est le créateur. Son but : mettre en valeur la diversité, des courants existants de l’art ayant gardé une dimension esthétique, sans exclure le courant conceptualisant pour autant ….