
Même typologie socio-psy des producteurs, acteurs et consommateurs de grotesqueries culturelles gonflées à l’idéologie progresssite, casseuse de codes, woko-responsable…et perfusée à l’argent public.
VOICI L’ENTRETIEN TRÈS ROBORATF ENTRE JEAN-PIERRE PELAEZ ET GILBERT COLLARD https://www.youtube.com/watch?v=l_zTqjJq4Ek
VOICI LE TEXTE DE JEAN-PIERRE PELAEZ
Cette semaine, Le Monde et Télérama viennent de (re)découvrir Les Femmes savantes, mais mises en scène par une metteuse en scène italienne à la mode. Alors que d’un autre côté, Jean-Marc Dumontet, nouveau directeur du théâtre du Gymnase, redécouvre Le Bourgeois Gentilhomme. Et à la Comédie de Saint-Étienne (Centre Dramatique) ce sont les mêmes Femmes savantesde Molière mais par Benoît Lambert…
Le théâtre en France, étatisé, cloisonné, pléthorique, n’a jamais autant produit de spectacles pour dire et faire la même chose. Chercher dans cet océan de conformité et de pareil au même autre chose que des ritournelles, entre comédies qualifiées de déjantées et aux jantes bien déroulées et gravités toujours plus sérieuses, relève de la performance et si l’on y ajoute une frilosité du propos qui réduit ladite création à cela seulement qui peut être dit, il ne reste pas grand-chose. Et l’on passe sans transition de multiples femmes libérées mais islamo-compatibles à des niaiseries et autres cucuteries les plus culturelles.
Un monde culturel sans audace
Dans ce monde triste et sclérosé — mais tel est devenu notre pays — le rabâchage de Molière, ou accidentellement de quelques classiques mille fois revus, constitue ce qui occupe des esprits qui n’en ont guère. Et l’on se demande à quoi servent toutes ces scènes dites nationales, à la terminologie de technocrates culturels, et qui semblent faites uniquement pour alimenter ce rabâchage. Faire créer une pièce hors de tous ces sentiers battus et ces mises en scène à la noix de Grenoble, est une gageure, et encore plus si l’on s’écarte d’un propos bien-pensant comme une soirée parisienne.
Et des Femmes Savantes remises en scène pour la cent millionième fois, et encore plus savantes que le metteur en scène se trissotinant à qui mieux mieux ou des Bourgeois ou des Tartuffe qu’on raille sans voir qu’on a les mêmes, énormes, en coulisses. Mais ça rabâche et ça continue et c’est encore pire à l’opéra, où l’on reprend toutes les saisons les mêmes rengaines, et où on a envie de chanter en écho ou a capella « La boulangère a des écus » et le chef d’orchestre un tambour et une trompette.
L’invention, l’imagination, l’audace, la verve et le talent semblent avoir définitivement déserté nos théâtres. La ritournelle conformiste bat son plein : comme chez la fourmi de la fable, il n’y a pas le moindre petit morceau de vermisseau et il est inutile d’aller crier famine, aucun directeur de théâtre aseptisé ne vous répondra. Qu’il soit public, ou privé, réaliste ou poète. Notre théâtre actuel est une sinistre bureaucratie, une caricature digne des anciens comices agricoles.
À quel degré de censure, ou d’apathie sclérosante, comme le disait mon ami le regretté Claude Piéplu, en sommes-nous arrivés, avec cette culture tellement culturelle qu’elle en devient complètement cul, pourrait-on dire, au risque d’être décrété persona non grata, ou même d’être illico ravalé au rang des fascistes ou des fachos.
Éternels Jack Lang et nouveaux cultureux
Ici, ce n’est plus l’éternel mari, c’est l’éternel fasciste. Le fasciste, celui qui parle aujourd’hui comme Molière parlait hier, celui qui couvrait de ridicule les Tartuffe et les Trissotin d’aujourd’hui. Le fasciste, c’est le Cyrano de notre temps, celui qui créa Chantecler avant qu’on finisse par se tordre le cou.
Vous voulez un peu de culture conformiste, rabâchée, remâchée, subventionnée ou pas, et bien sûr de gauche, ça va de soi, allez au théâtre. Entre le bobo qui a trouvé son must mis en scène, le woke qui n’en finit pas de se réveiller, vous avez le choix.
Pauvre Molière, qui croyait pourfendre les Tartuffe, les Trissotin, pauvre Rostand qui disait non merci, non merci, non merci ! On leur ressert les mêmes conformités à la sauce culturelle, celles des éternels Jack Lang et des nouveaux cultureux dansant la java du diable.
Leur imagination est sans borne, excepté produire une création libre et digne de ce nom. Ils ont inventé les scènes nationales, les scènes conventionnées, les scènes croisées, les scènes d’intérêt régional, les scènes sans intérêt, ou qui ne le sont pas encore mais le seront bientôt, les scènes européennes ou surmultipliées aux Molières.
Mais lorsqu’on leur propose une œuvre telle que la fit Molière en son temps, on peut toujours attendre pour avoir une réponse. La pièce s’est perdue dans un éclat de rire.