52  « INSPIRÉS DES BORDS DES ROUTES » FACE À  L’ENTRE-SOI DÉGÉNÉRATIF DES PERSONNELS DE LA CULTURE D’ÉTAT

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Découvrez ici 52 de ces plasticiens indépendants, gardiens du sens et de l’humain, « inspirés des bords des routes » selon l’écrivain poète et voyageur Jacques Lacarrière : https://www.museumnicole.fr/myproject/inspires-de-bords-de-route/


Ce ne sont pas ces « inspirés »  qui sont éloignées de la culture, c’est bien la culture institutionnelle qui est éloignée de leur vie, de leur réel, de leur culture.

Pour le socio-anthropologue Fabrice Raffin, maître de conférence à l’Université Jules Verne de Picardie, la vision de la culture que portent l’État et les collectivités entretient cet entre-soi. Et cette consanguinité dégénérative .

Depuis des décennies, les professionnels de la culture s’attachent à attirer les personnes considérées comme « éloignées de la culture ». Si la plupart des expositions, concerts et spectacles font le plein, force est de constater que la diversité sociologique des publics laisse à désirer. De statistiques en statistiques, les études montrent que l’offre culturelle séduit un public d’habitué.e.s. À quelques exceptions près, ce sont sociologiquement les mêmes qui multiplient leurs sorties culturelles.


𝗣𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗹𝗮 𝗱𝗲́𝗺𝗼𝗰𝗿𝗮𝘁𝗶𝗲 𝗰𝘂𝗹𝘁𝘂𝗿𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗮-𝘁-𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗲́𝗰𝗵𝗼𝘂𝗲́ ?

Tout d’abord, les frontières les plus solides ne sont pas exactement là où on pensait qu’elles se trouvaient. Par exemple, on a pensé qu’il y avait une frontière de distance par rapport aux lieux culturels ; d’où la décentralisation. Ensuite, on a pensé aux frontières économiques ; c’est pourquoi on a travaillé sur les prix. Puis on a pensé à la frontière que pouvaient représenter les bâtiments ; alors on a amélioré l’hospitalité des lieux existants. Et puis on investit toujours plus dans la communication et la médiation culturelle.
Mais on n’a pas abordé avec suffisamment de lucidité la question de la frontière symbolique que constituent les œuvres elles-mêmes par leur esthétique, et la catégorie sociale dont elles émergent.

𝗟𝗮 𝗰𝘂𝗹𝘁𝘂𝗿𝗲 𝗿𝗲𝘀𝘁𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗲́𝗹𝗲́𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗰𝗲𝗻𝘁𝗿𝗮𝗹 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗮 𝗿𝗲𝗽𝗿𝗼𝗱𝘂𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗶𝗻𝗲́𝗴𝗮𝗹𝗶𝘁𝗲́𝘀 𝘀𝗼𝗰𝗶𝗮𝗹𝗲𝘀

La culture constitue toujours un pilier de la reproduction des inégalités sociales en transmettant, via la socialisation familiale et scolaire, un « capital culturel » (savoirs, manières, langage) inégalement réparti. Ce mécanisme favorise les classes aisées, dont les pratiques (visites de musées, concerts) contrastent avec celles des classes populaires, creusant le fossé social. L’institution scolaire exige souvent des codes culturels (le capital) sans les enseigner, pénalisant les enfants issus des classes populaires et perpétuant les hiérarchies.

La transmission culturelle reste un enjeu majeur, les politiques culturelles peinant parfois à inclure réellement les attentes des classes populaires. Ainsi, bien qu’elle puisse être un levier d’émancipation, la culture agit souvent, par ces mécanismes, comme un déterminisme social, transformant des différences culturelles en inégalités sociales.

Fabrice Raffin

Jacques Lacarrière :

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